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Louis Gentil
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Louis Gentil

BCRA
Réseau Gallia
Réseau Darius

Alias : "Desca" - "Dutrait"

Fils d'officier, Louis Gentil est né le 21 mai 1896 à Saint-Etienne, dans une famille d'origine dauphinoise.

Après des études secondaires au lycée Montaigne à Paris puis Lyon et enfin au lycée Champollion à Grenoble où il prépare le concours de l'Ecole Polytechnique, il interrompt ses études pour s'engager en 1915 dans l'Artillerie. Il termine la guerre comme lieutenant avec quatre citations.

Entré à Polytechnique en 1919, il devient ensuite professeur de balistique à l'Ecole d'artillerie de Fontainebleau.

Il est premier au brevet technique de l'Ecole supérieure technique de l'artillerie en 1928.

Chef d'escadron en 1933, il commande, en 1936, l'Artillerie de montagne à Grenoble puis il est affecté à la direction de l'artillerie au Ministère de la Guerre.

En octobre 1938, il est envoyé en mission technique en Tchécoslovaquie et en revient persuadé de l'imminence de la guerre.

L'année suivante, le lieutenant-colonel Gentil forme puis commande le 68e Régiment d'Artillerie à Toul. Son unité reçoit le baptême du feu en Alsace à l'hiver 1940. En mai, à regret, il est de nouveau muté au Ministère de la Guerre où l'Armistice le surprend. Dès lors, une seule pensée s'impose à lui : "tenir pour ressusciter".

Affecté à Chamalières au sein de l'armée d'armistice il est chargé de l'organisation du bureau du nouveau service du matériel. Doté de grandes connaissances techniques et d'un sens aigu de l'organisation, il profite de ses fonctions pour préparer son service à participer le moment venu aux combats de la libération.

En octobre 1942, il est nommé à Clermont-Ferrand comme adjoint à la direction de l'artillerie, chargé du parc de matériel des Gavranches. Il commence véritablement ses activités clandestines et "met à l'abri" dans la région de Clermont-Ferrand un grand nombre d'armes individuelles dans des dépôts secrets et sabote le matériel lourd qui se trouve à sa disposition.

Au printemps 1943, il se fait mettre en congé d'armistice. Après avoir vainement tenté de rejoindre Londres ou l'Afrique du nord où il espérait obtenir un commandement opérationnel, il entre en relation avec la Confrérie Notre-Dame (CND) à laquelle il fournit des informations et avec le réseau de renseignements des Forces françaises libres "Gallia" que dirige Henri Gorce-Franklin.

A partir de juillet 1943, il occupe, sous le nom de "Dutrait", les fonctions de premier adjoint de Gorce-Franklin au sein de "Gallia" qui est alors une des plus importantes organisations clandestines de renseignements. En septembre 1943, le colonel Gentil effectue une mission de liaison à Londres, avant de reprendre sa place au sein de Gallia.

En avril 1944, il devient sous le nom de "Desca" le chef du nouveau réseau "Darius-Nord", qui, pour la région de Paris, remplace désormais "Gallia".

Il est alors appelé à Londres mais il est arrêté, quelques jours avant son départ, à Paris, le 24 mai 1944, avec son beau-frère, le professeur Paul Vieille. Son silence absolu sauve tous ses camarades et notamment ceux du réseau "Darius-Nord". Il est emprisonné à Fresnes puis déporté en Allemagne avec son beau-frère par le dernier convoi parti de Paris le 15 août 1944.

Après avoir passé quelques semaines en transit au camp de Buchenwald, il est transféré au camp de Dora où il fait preuve d'un très haut moral. Arrêté le 3 novembre 1944 pour avoir saboté des bombes volantes V1, il est interné à la prison de Nordhausen. Malade, il est reconduit en mars 1945 à l'infirmerie (Revier) de Dora où il succombe le 8 avril 1945, une semaine après avoir été promu au grade de général de brigade.

• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 7 juillet 1945
• Croix de Guerre 14/18 (4 citations)
• Croix de Guerre 39/45
• Médaille de la Résistance
• Commandeur de l'Ordre de Léopold (Belgique)


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