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Constantin Feldzer
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Constantin Feldzer

Régiment de Chasse Normandie-Niémen

Constantin Feldzer est né le 12 octobre 1909 à Kiev, en Russie, d'un père avoué.

Il suit des études à Paris au lycée Michelet puis à l'Ecole Bréguet. Il reçoit la nationalité française en mai 1928.

Breveté pilote à l'école Blériot à Buc, il effectue son service militaire dans l'aviation en 1929 et devient pilote militaire.

Sergent pilote à la 1ère Escadre de chasse à Villacoublay en 1936, il est volontaire pour convoyer des avions de chasse modernes en Espagne pour venir en aide aux Républicains espagnols.

En septembre 1939, l'adjudant Feldzer est pilote au Groupe de chasse 3/10 à Saint-Inglevert, et participe à la campagne de France où il montre des dons exceptionnels.

Ainsi, le 14 mai 1940, il dégage un de ses camarades en danger et, attaqué lui-même par un Messerschmitt 109, il l'abat à bout portant.

Persuadé que la guerre va se poursuivre en Afrique du Nord, il abandonne son groupe à Clermont-Ferrand le 17 juin 1940, emmenant 3 pilotes de réserve et 6 pilotes polonais du Groupe jusqu'à Alger. Le 11 novembre 1940, avec plusieurs camarades démobilisés, Constantin Feldzer décide de s'évader et de gagner Gibraltar à bord du bateau Le Saint Pierre, affrété par Christian Martell.

Embarqués de nuit, ils mettent le cap sur Marseille pour se diriger ensuite sur Gibraltar. Pris par la tempête, ils dérivent vers les Baléares. Après un calme relatif, le bateau étant remis en état, ils reprennent la direction première mais, de nouveau, un vent violent les pousse dans le sens opposé et ils reviennent vers les îles pour, finalement, s'échouer sur la côte d'Ibiza. Arrêtés par les miliciens espagnols, ils sont internés puis extradés en France un mois plus tard.

Constantin Feldzer s'évade à nouveau à Céret le 20 décembre 1940 et, sous le nom de Raymond Demarre, s'embarque à Port-Vendres. De nouveau arrêté à Alger, il est placé en résidence surveillée puis condamné par le Tribunal maritime à un an de prison et détenu à Bizerte, à Tunis et au bagne de Teboursouk. Transféré à l'hôpital du camp après une grève de la faim de sept jours, il est finalement libéré le 25 mai 1942.

Réintégré dans un groupe de chasse, il est encore condamné à deux mois de prison pour avoir apporté son soutien au débarquement anglo-américain en Afrique du Nord. Il entre le 1er janvier 1943 au Groupe de chasse 2/7 sur Spitfire et participe à la campagne de Tunisie où il effectue 40 missions de guerre. Le 11 juin 1943, en mission de couverture sur l'île de Pantellaria, il abat un JU-88.

Affecté au Groupe de chasse 3 "Normandie", en opération en URSS, Feldzer participe comme chef de patrouille aux opérations victorieuses de 1944 sur Vitebsk, Orcha, Minsk, la Bérézina et le Niémen, effectuant 30 missions offensives dont 10 missions de protection.

Il est abattu le 1er août 1944 au dessus d'Eidtkunein en Prusse Orientale, au cours d'un engagement entre 5 Yak du Normandie et 12 F.W.190. Il saute en parachute et est fait prisonnier. Blessé et brûlé, il reste aveugle pendant 8 jours. Porté disparu, il est en fait incarcéré successivement aux camps de prisonniers de guerre soviétiques de Lodz, Nuremberg, puis d'Aschaffenburg.

Il s'évade le 6 mars 1945 avec deux officiers soviétiques et traverse le 25 mars le front germano-américain près de Darmasdt. Le 30 juin 1945, il se porte volontaire pour combattre contre le Japon.

Ses sentiments anti-vichyssois ayant stoppé son avancement, il ne termine la guerre qu'avec le grade d'aspirant.

Il poursuit sa carrière dans l'armée de l'air comme conservateur adjoint au Musée de l'Air en 1945.

Placé en congé du personnel navigant, il devient constructeur de maison pour l'Abbé Pierre en 1955 puis est chargé des innovations et des relations franco-soviétiques aux Charbonnages de France.

Dans les années soixante-dix, Constantin Feldzer est chargé des relations franco-soviétiques à la Banque de Suez et correspondant de la revue Aviation International à Moscou.

Constantin Feldzer est décédé le 29 décembre 1988 à Paris. Il a été inhumé au cimetière du Père Lachaise.

• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945
• Croix de Guerre 39/45 (5 citations)
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Médaille des Blessés
• Médaille des Evadés
• Médaille de l'Aéronautique
• Ordre de la Guerre pour la patrie (1er degré) (URSS)
• Ordre de la Guerre pour la patrie (2e degré) (URSS)
• Médaille de la Victoire (URSS)
• Ordre du Mérite Aérien (Brésil

Publication :

On y va ! Un pilote du « Normandie » raconte, Axis, Boulogne 1987

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