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Le Groupe de chasse "Ile de France"
(1941-1945)
Le 20 octobre 1941, le général de
Gaulle, qui avait le projet de former un groupe de chasse français
en Angleterre, signe le décret portant création du premier groupe
qui sera intégré au sein de la Royal Air Force (RAF) sous le nom
de Squadron 340. Ses effectifs
regroupent des pilotes et des mécaniciens des Forces aériennes françaises
libres (FAFL) et des Forces navales françaises libres (FNFL). En
novembre 1941, ce groupe de chasse "air-marine" voit
le jour sur le terrain de Turnhouse, au sein du 13th Group du Fighter
Command.
Suivant la décision du général Valin
d'attribuer aux unités navigantes des FAFL des noms de provinces
françaises, le Free French
Squadron 340 ou Groupe de chasse n°2, portera le nom d'"Ile
de France". Composé de deux flights (ou escadrilles), respectivement baptisés Paris et Versailles,
il est alors sous les ordres d'un officier britannique, le Squadron Leader Loft. S'il est relativement
aisé de regrouper des pilotes français, il n'en est pas de même
pour les mécaniciens, dont la moitié est également britannique.
Les autres proviennent de l'Armée de l'air et surtout de l'Aéronavale,
qui fournit un fort contingent de Tahitiens.
Parmi les tous premiers pilotes
français affectés à l'"Ile de France", on relève
les noms du capitaine Dupérier,
du lieutenant de vaisseau de
Scitivaux, du lieutenant Mouchotte,
déjà engagés au sein du Squadron
615, ainsi que du sous-lieutenant Schloesing
du Squadron 132. Les pilotes sont équipés de Spitfire Mk II, répartis
en deux flights de 12
appareils.

Le Groupe « Ile de France » en formation de vol
Le 31 janvier 1942, le capitaine de corvette de Scitivaux est nommé
à la tête du groupe. Le capitaine Dupérier met au point la formation
dite "croix de Lorraine" qui est présentée au général
de Gaulle, lors de sa visite à Turnhouse le 12 février. Alternant
l'entraînement au combat avec des périodes d'alerte, le squadron
340 est équipé de Spitfire Mk V, dotés de deux canons de 20
mm et de quatre mitrailleuses de 7,7 mm. Le 31 mars, le groupe est
transféré sur la base de Redhill, au sud de Londres, au sein du 11th Group
mais il rejoint une semaine plus tard le terrain de Westhampnett,
base satellite de la station de Tangmere. Il est affecté
au Wing de Tangmere commandé par le Wing commander
M.L. Robinson.
Le 10 avril 1942, la première mission
de guerre est chèrement payée : le Wing Commander Robinson et le lieutenant
Choron sont tués,
et Scitivaux, abattu, est fait prisonnier. Le capitaine Dupérier
lui succède. Le 8 mai, trois FW 190 sont abattus, ouvrant le brillant
palmarès du groupe. Promotions et citations viennent récompenser
l'ardeur au combat du Squadron
340.
A partir de juillet 1942, le squadron opère depuis le terrain d'Hornchurch. Le 19 août 1942, le
groupe participe à la couverture de l'opération de débarquement
à Dieppe ("Jubilee").
Au cours de cette journée coûteuse en vies humaines, le squadron
abat quatre ennemis, mais perd un pilote et deux appareils. Le 22 septembre 1942, le groupe est transféré sur la base de Biggin Hill
et reçoit ses Spitfire Mk IX.
Le 30 novembre, le commandant Dupérier
qui a largement terminé son tour d'opérations est remplacé par le
capitaine Schloesing. Celui-ci sera abattu le 13 février 1943. Gravement
brûlé, il parviendra néanmoins à rejoindre l'Angleterre.
En décembre 1942, les marins quittent
le Squadron 340 "Ile
de France", qui devient alors une unité exclusivement "air".
Le capitaine Reilhac,
qui a succédé à Schloesing, est à son tour porté disparu
en opérations le 14 mars 1943. Il est remplacé
par le capitaine - immédiatement promu commandant - Jean
Fournier qui emmène,
quelques jours plus tard, le squadron
à Turnhouse, pour une période de repos. Le groupe abandonne ses
Spitfire Mk IX aux pilotes du GC Alsace
qui le remplace, et se déploie à Drem, où il assure la couverture
du secteur Glasgow-Edimbourg.

Les spitfire du 340e Squadron « Ile de France »
Le 10 novembre 1943, les Squadron
340 "Ile de France" et 341 "Alsace" sont regroupés sur le terrain de Perramporth
pour former le 145th Wing,
dont le commandement est confié au commandant Dupérier. Les missions
de guerre se succèdent dans le cadre du plan de général de préparation
au débarquement, qui a pour but d'affaiblir le potentiel de combat
de l'ennemi par le harcèlement et la destruction de ses voies de
communication, de ses défenses fixes et de ses installations portuaires.
En février 1944, le squadron est à nouveau équipé de Spitfire Mk IX, et en mars, le 145th
Wing est intégré
dans les Allied Expeditionnary
Air Forces, au sein
du 84th Group
de la 2nd Tactical
Air Force. Déployé à Merston, le groupe "Ile de France" effectue
sans relâche des missions d'escorte, d'attaque des sites de lancement
de V1 et des voies de communication.
Le débarquement est imminent, les "bandes d'invasion" blanches et noires sont peintes
sur les ailes et le fuselage des Spitfire. Dès l'aube du 6 juin
1944, le groupe participe à la couverture du débarquement sur les
plages normandes. Le 13, des Spitfire du squadron se posent enfin sur le sol français,
à Sainte-Croix. Le 19 août, le groupe s'installe à Sommervieu, près
de Bayeux. Les alliés ayant acquis la maîtrise du ciel, les missions
du Squadron 340 s'orientent vers l'appui des
troupes alliées en Belgique et en Hollande.
Le 2 novembre 1944, le groupe est
placé sous le commandement d'Olivier
Massart ; relevé, il est rapatrié à Biggin Hill, puis à Drem.
En février 1945, et rééquipé de Spitfire Mk XVI, il rejoint le front
en compagnie des squadrons 329 et 345 à Schinjdel, en Hollande.
Il reçoit pour mission d'interdire tout trafic ennemi entre la Meuse
et le Rhin. Le 13 mars 1945, Olivier Massart est abattu en combat
aérien. Le 17 avril, le squadron,
sous les ordres du commandant Pierre
Aubertin, gagne sa nouvelle base : Drope, en Allemagne.
Le 3 mai, il effectue sa dernière mission de guerre.

Alerte
En quatre années, le Squadron
340 a effectué 7100 sorties, détruisant ou endommageant 75 avions
ennemis et larguant 400 tonnes de bombes.
L'"Ile de France", qui
a perdu 38 pilotes, reçoit la Médaille Militaire, et est honoré
de la Croix de la Libération
(décret du 28 mai 1945). Il est cité quatre fois à l'ordre de l'armée
aérienne et une fois à l'ordre des FAFL. De ses rangs sont issus
19 Compagnons de la Libération.
Pour en savoir plus :
Liste des Compagnons
de la Libération ayant appartenu au Groupe de chasse "Ile
de France"
Bibliographie
Dernière mise à jour : le 9 avril 2005
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