Retour à l'accueil
Galerie Photo
Liens
Le Livre d'Or
Plan du site
Crédits
Contactez-nous
Moteur de recherches


La corvette Aconit (1941-1947)

La corvette Aconit fait partie des neuf corvettes mises à la disposition des Forces navales françaises libres par l'amirauté britannique. Construite à Troon (Ecosse) par les chantiers Ailsa Shipbuilding, elle est placée, avec une soixantaine d’hommes, sous le commandement du lieutenant de vaisseau Jean Levasseur en  juillet 1941.

Par ses caractéristiques, comme sa puissance de 2 800 chevaux et une vitesse de 16 nœuds, elle s'apparente au type baleinier. L'Aconit appareille pour la première fois le 22 juillet 1941 et est affectée, à la fin de son entraînement, au groupe d'escorte de La Clyde (septembre-octobre 1941) puis aux Newfoundland Forces (forces de Terre-Neuve). Elle participe pendant deux ans et demi d'une façon très active à la bataille de l'Atlantique. Elle est engagée dans la protection des convois qui, du Canada, transportent armement et ravitaillement vers les îles britanniques. A ce titre, elle escorte des convois entre la Grande Bretagne et l'Islande (3 septembre-10 octobre 1941), puis entre Terre-Neuve et l'Islande (19 octobre-18 décembre 1941).


La Rose-Lys et l'Aconit en patrouille

Elle effectue sa première attaque contre un sous marin allemand le 2 novembre 1941 puis prend part, en décembre de cette même année à l'opération de ralliement de Saint-Pierre-et-Miquelon à la France libre (10-27 décembre 1941). Elle reprend ensuite les escortes entre Terre-Neuve et l'Islande, puis le Royaume-Uni, tâche permanente, interrompue seulement par un nouveau séjour à Saint-Pierre-et-Miquelon (20-22 juin 1942) et un carénage à Glasgow (14 juillet-3 septembre 1942).

Quelques jours plus tard, le 12 septembre l'Aconit participe, jusqu'au 21, à l'escorte de deux bâtiments de commerce jusqu'au large du Cap Finistère, puis de trois pétroliers venus de Gibraltar jusqu'en Angleterre. L'Aconit, désormais rattachée au groupe d'escorte B3 des Clyde Escort Forces (elle le restera jusqu'au 2 mai 1944), reprend, après un exercice d'entraînement général, son rôle de protecteur des convois.

C'est au cours des mois suivants qu’elle connaît son plus haut fait d'armes : la destruction en moins de 12 heures de deux sous-marins allemands. Le 11 mars 1943, à 1H35, la corvette qui participe à l'escorte d'un convoi de dix bâtiments éperonne et coule le sous-marin allemand U444 puis, le même jour vers 13H00, venue à la rescousse du destroyer britannique Harvester, attaque à la grenade et au canon le U432 qui coule à son tour. Elle recueille une trentaine de rescapés anglais de l’Harvester et 20 prisonniers allemands de l'U432 dont l'officier en second et 4 prisonniers de l'U444.


L'équipage de l'Aconit

En raison de l’avarie de son étrave due à l’éperonnage, l'Aconit est en réparation à Glasgow du 18 mars au 10 avril 1943. Le 21 avril, à Greenock, le général de Gaulle lui remet la Croix de la Libération ainsi qu’au commandant Levasseur. Ensuite, elle entre en grande réparation à la Nouvelle-Orléans (1er septembre-10 octobre 1943). En quittant son commandement, Jean Levasseur s’adresse au personnel de l’Aconit en signant l’ordre du jour suivant : « Je vous quitte après avoir été votre commandant pendant vingt six mois. Au cours de cette longue période, l’Aconit a représenté sans jamais mollir la Marine française au bon combat. Grâce à votre magnifique entrain, le pavillon tricolore a flotté victorieusement dans la Bataille de l’Atlantique. Les corvettes françaises ont toujours été un exemple de devoir et d’abnégation. Elles ont fait l’admiration de tous par leur valeur militaire. Parmi elles, l’Aconit a brillé de la douce lueur de la Gloire. A tous, je dis au revoir en souhaitant que la redoutable étrave de l’Aconit apparaisse le plus tôt possible en vue des côtes de France. »

Le lieutenant de vaisseau Le Millier prend alors le commandement de la corvette qui reprend sa participation à la bataille de l'Atlantique ; le 31 décembre 1943, elle livre trois attaques à un sous-marin allemand puis passe les premiers mois de 1944 en missions diverses (Casablanca, Gibraltar). Affectée à la force U en prévision du débarquement en Normandie, la corvette se trouve le 2 juin au mouillage de Torbay où est préparé le convoi U3 ; elle appareille le 5 en direction de la côte française et a, les jours suivants, divers engagements avec l'aviation allemande.


Schéma de l'Aconit

Au cours des opérations de Normandie, et jusqu'au 31 juillet 1944, elle est rattachée au 108e groupe d'escorte, qui comprend en outre l'Aventure, l'Escarmouche et la Renoncule. A partir du 1er août 1944, l'Aconit mouille dans le port de Milford Haven mais participe encore à diverses opérations d'escorte de convois. Le 11 avril 1945, elle effectue son dernier grenadage.

Le 18 avril, la corvette entre en nettoyage de chaudières à Milford Haven, et y reste jusqu'au 8 mai. Au cours du mois de mai, l'Aconit va poursuivre ses escortes de convoi, et au 5 juin 1945 - date officielle de la fin des opérations navales dans les eaux européennes - elle aura escorté 116 convois, 2 750 bâtiments, effectué 728 jours de mer et parcouru 14 7101 milles. Après avoir accompli une mission d'escorte de LCT entre Cherbourg et Bordeaux au cours de l'été 1945, l'Aconit a été affectée à l'Ecole navale ; à ce titre, la corvette accomplit des sorties d'entraînement au profit des élèves de l'Ecole des EOR et de l'Ecole navale, service interrompu par un grand carénage du 15 novembre 1945 au 15 février 1946.

La corvette a été l'objet de plusieurs décorations, visant surtout à récompenser les actions de mars 1943, la croix de la Libération, la croix de guerre 1939-1945 et la médaille de la Résistance. Elle a par ailleurs fait l'objet d'un communiqué de l'amirauté britannique. La corvette Aconit a été restituée à la marine britannique le 30 avril 1947. Aujourd'hui, au sein de la marine nationale, la frégate Aconit est l'héritière des traditions de sa glorieuse aînée et a droit, à ce titre, au port de la fourragère aux couleurs de l'ordre de la Libération.

■ Compagnon de la Libération - décret du 19 avril 1943
■ Croix de Guerre 1939-45 (2 palmes)
■ Médaille de la Résistance

Pour en savoir plus :

Liste des Compagnons de la Libération ayant servi sur la corvette Aconit

Bibliographie 

 

Dernière mise à jour : le 1er juillet 2010
Contacter le webmaster

Les Unités Compagnons de la Libération