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Le 1er Régiment d'artillerie coloniale
En 1939, lorsque éclate la guerre,
le 1er Régiment d'artillerie coloniale (1er
RAC), est cantonné sur la ligne Maginot. Il est déplacé en mai 1940
puis, dans la déroute générale, il se replie en bon ordre, stoppant
plusieurs fois des offensives localisées ennemies et détruisant
plusieurs blindés. Cependant, à cause tant des bombardements aériens
que des combats incessants, le régiment subit de lourdes pertes
jusqu'à son anéantissement au combat le 20 juin où les derniers
artilleurs se rendent après avoir tiré leurs derniers obus.
Quelques semaines plus tard, en Angleterre,
au camp d'Aldershot, parmi les premiers volontaires ralliés au général
de Gaulle, se constitue
une ébauche de groupe d'artillerie, composé d'une batterie à quatre
canons de 75 mm commandée par le lieutenant Chavanac
et d'une section de deux canons de 75 mm commandée par le lieutenant
Quirot. Ce groupe,
qui forme l'artillerie du corps expéditionnaire destiné à l'opération
de Dakar, embarque le 30 août 1940.
Après l'échec de l'opération, les
artilleurs débarquent au Cameroun, et joignent leur force à celle
des artilleurs coloniaux du capitaine Laurent-Champrosay
qui a rejoint les Forces Françaises Libres depuis la Haute Volta.

Canon du 1er Régiment d'Artillerie Coloniale en batterie
sous filet de camouflage
La section Quirot et la batterie
de Laurent-Champrosay prennent une part active, avec la Brigade
d'Orient, à la campagne d'Erythrée contre les Italiens, notamment
lors de la prise de Keren le 27 mars 1941 puis de Massaoua, le 8
avril.
En mai 1941, les artilleurs se trouvent
réunis au camp de Qastina, en Palestine, où se regroupent les unités
terrestres des Forces Françaises Libres. L'artillerie des FFL, composée
de deux batteries, est engagée en Syrie en juin 1941. La 1ère
Batterie, mieux équipée, se distingue sur la route de Damas où les
artilleurs s'installent, après les opérations.
A Damas, en décembre 1941, le 1er
Régiment d'Artillerie des Forces Françaises Libres (1er
RAFFL) est officiellement créé et placé sous les ordres du chef
d'escadron Laurent-Champrosay. Désormais formé de quatre batteries
de six canons de 75 mm, transformé en unité motorisée moderne, le
Régiment constitue l'artillerie de la 1ère Brigade Française
Libre commandée par le général Koenig
et intégrée à la VIIIe Armée britannique.
C'est dans les sables brûlants du
désert de Libye que le 1er RAFFL écrit les pages les
plus glorieuses de son histoire. En effet, le Régiment participe
à la prise d'Halfaya en janvier 1942 puis se distingue à Bir-Hakeim
en mai et juin 1942, où il constitue la seule artillerie de la place.
Les batteries motorisées, alliant dynamisme et combativité, harcèlent
les colonnes de Rommel avant l'encerclement de la position. Le Régiment,
malgré les bombardements de Stukas, les tirs de contre-batterie
de l'artillerie lourde allemande, les assauts de l'Afrikakorps et
des Italiens, tient bon jusqu'à l'évacuation de la zone, dans la
nuit du 10 au 11 juin 1942. Mais le bilan est lourd : le 1er
RAFFL compte 64 tués à Bir-Hakeim dont sept officiers. De ses 24
canons, il en reste huit.

Pièce du maréchal des logis Simon en position à Bir-Hakeim, 3ème
Batterie du 1er RAC
Après son repli, le Régiment est
réorganisé avec du matériel anglais et compte désormais quatre batteries
de quatre canons de 88 mm et une batterie de 140 mm. Il combat de
nouveau, à l'Himeimat, au sud de la position d'El Alamein, les 23
et 24 octobre 1942.
Affecté pendant six mois à la garde
des aéroports libyens, le 1er RAFFL pèse encore d'un
poids décisif dans les derniers combats de Tunisie, notamment à
Takrouna, en mai 1943, où les cinq batteries du Régiment tirent
plus de 25 000 coups de canon.
Après un été passé en Tripolitaine
avec la 1ère et la 2e DFL (future 2e
DB du général Leclerc),
le 1er RAFFL s'installe près de Tunis et absorbe
le 2e RAC, formé essentiellement d'artilleurs venus
de Djibouti et d'une batterie venue d'Angleterre. Il se réorganise,
toujours sous les ordres du colonel Laurent-Champrosay en trois
groupes de 105 mm commandés par les chefs d'escadron Marsault,
Jonas et Fuchs et
d'un groupe de 155 mm sous les ordres du chef d'escadron Crespin.
Débarquée en Italie en avril 1944,
avec la 1ère DFL, placée sous le commandement
du général Brosset,
l'unité appuie les assauts d'infanterie d'un tir si précis, notamment
au Garigliano, et reste si stoïque sous le feu de l'ennemi, que
son comportement provoque l'admiration du général Clark, commandant
la Ve Armée américaine. Du 20 mai au 19 juin, le régiment enchaîne
les combats Pontecorvo, Tivoli, Montefiascone, Bolsena, Aquapendante
et Radicofani où, au cours d'une reconnaissance, le colonel Laurent-Champrosay,
dont le véhicule saute sur une mine, trouve la mort. Le 1er
RAFFL aura perdu en Italie, outre son chef, cinq commandants de
batteries.
Le 16 août 1944, le Régiment, commandé
par le colonel Bert, débarque en France, à Cavalaire. Il participe
brillamment à la prise de Toulon, puis, à la poursuite de l'ennemi,
remonte les vallées du Rhône et de la Saône.
Chelles, 24 septembre
1945, le général de Gaulle remet
la Croix de la Libération au 1er Régiment d'Artillerie
Coloniale
Le Régiment reprend contact avec les
troupes allemandes en septembre, en Haute-Saône, à Villersexel et
aide à la prise d'Andornay, de Lyoffans, de Clairgoutte et de Ronchamp.
En novembre, dans des conditions
difficiles, le 1er RAFFL prend part à l'offensive sur
Belfort avant de voir ses Africains, supportant difficilement le
climat, renvoyés en Afrique et remplacés par des volontaires métropolitains.
Envoyé réduire les poches de l'Atlantique
sous le commandement du général de
Larminat, le Régiment est rappelé en urgence vers l'est
en raison de l'offensive allemande menée par von Rundstedt dans
les Ardennes, en décembre 1944. Il fait partie des unités qui bloquent
la contre-attaque allemande sur Strasbourg à Obenheim et réduisent
la poche de Colmar.
Parvenu sur le Rhin le 3 février
1945, le Régiment est déplacé et participe aux derniers combats
dans les Alpes avec la 1ère DFL, au massif de l'Authion,
au printemps 1945.
Le 22 mars 1945, le 1er
RAFFL prend le nom de 1er Régiment d'Artillerie coloniale
(1er RAC). Le 24 septembre 1945, à Chelles, en Seine-et-Marne,
le 1er RAC reçoit des mains du général de Gaulle la Croix
de la Libération (décret du 7 août 1945). 34 artilleurs et officiers
du 1er RAC ont également reçu cette distinction exceptionnelle.
Aujourd'hui, le 1er Régiment
d'Artillerie de Marine (1er RAMa), basé à Couvron près
de Laon, perpétue les traditions du 1er RAC.
Compagnon de la Libération - décret du 7 août 1945
Croix de Guerre 39-45 avec 3 palmes
Pour en savoir plus :
Liste des Compagnons
de la Libération ayant appartenu au 1er Régiment
d'artillerie coloniale
Bibliographie
Dernière mise à jour : le 1er juillet 2010
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