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Henri Rol-Tanguy
Alias : Louis - Théo
- Morel - Prat - Gay - Imbert - Nordal - Rol
Henri Tanguy est né le
12 juin 1908 à Morlaix dans le Finistère d'un
père officier marinier et d'une mère blanchisseuse.
Il fait ses études primaires
à Toulon, Brest et Cherbourg.
Ouvrier métallurgiste
dans la région parisienne dès l'âge de
14 ans, en 1922, il fait son service militaire en 1929 au
8e Régiment de Zouaves à Oran.
Militant communiste, il devient,
en octobre 1936, secrétaire du Syndicat des Travailleurs
de la Métallurgie CGT de la région parisienne.
Il sert en Espagne de février
à octobre 1937 dans les rangs des Brigades internationales
de l'Armée républicaine espagnole.
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Henri Rol-Tanguy
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Il est officier et occupe le poste de Commissaire Politique dans la 14e Brigade ("La Marseillaise"). En février 1938, il retourne en Espagne où il fait l'apprentissage du feu. Le 18 juin 1938, il est blessé
d'une balle dans la poitrine sur le front de l'Ebre.
De retour en France en novembre 1938,
il est mobilisé en septembre 1939 et affecté comme
soldat de 1ère classe au 57e Régiment d'Infanterie
coloniale (57e RIC) en Lorraine. En mai 1940, il est affecté
comme armurier au 28e Régiment d'Infanterie coloniale
mixte sénégalais ; promu lieutenant, il prend part
aux combats de la 28e Division du 5 au 24 juin 1940
et est cité à l'ordre du Régiment.
Démobilisé en août
1940, il refuse la défaite et par antifascisme et patriotisme,
il rejoint immédiatement les rangs de la Résistance
parisienne avec son épouse Cécile et ses camarades
du syndicat des Métaux. Il prend la tête des comités
populaires de la région parisienne qui doivent remplacer
clandestinement les syndicats désormais contrôlés
par le gouvernement de Vichy.
Dès le début du mois
d'octobre 1940 à la suite d'une vague d'arrestations et alors
qu'il est recherché par la police de Vichy, Henri Tanguy,
avec son épouse, entre dans la clandestinité prenant
alors différents pseudonymes.
Dans les mois qui suivent, il participe
également à la mise sur pied de l'Organisation spéciale
(OS), mouvement communiste chargé de l'action directe et
du sabotage, et exerce des responsabilités au sein du PCF
parisien.
Dès juillet 1941 il met en
place, peu à peu, avec Raymond Losserand et Gaston Carré
une direction militaire de la résistance dans la région
parisienne, créant de petits groupes armés.
Début 1942, Henri Tanguy est
nommé chef des Francs-Tireurs et Partisans (FTP) de la région
parisienne. Peu de temps après, en mai 1942, Raymond Losserand
et Gaston Carré sont arrêtés - et quelques mois
plus tard fusillés - alors que Henri Tanguy échappe
de peu à l'arrestation à son domicile.
C'est pourquoi, pour des raisons de
sécurité, il est nommé en septembre 1942, par
le comité national FTP, chef des FTP de la région
"Poitou-Anjou" puis de la région Atlantique.
En mai 1943, à la suite d'une
nouvelle vague d'arrestations à Paris,
il est de nouveau nommé chef des FTP de la région
parisienne avec pour mission de réorganiser le mouvement.
Il rédige également avec sa femme un journal clandestin,
le Franc-Tireur Parisien.
En septembre 1943 il est nommé
représentant des FTP au Comité d'Action contre la
Déportation (CAD) que dirige Yves Farge
et qui a pour but d'empêcher le départ en Allemagne
des requis du Service du Travail obligatoire (STO), notamment par la fabrication
de faux-papiers.
Il participe au titre des FTP, dans
le dernier trimestre de l'année 1943, à la mise en
place de l'Etat-major des Forces françaises de l'Intérieur
(FFI) de la région parisienne (Région P1) qui comprend
onze départements. Il prend donc part à la création
des FFI et est nommé en janvier 1944, chef du 3e
Bureau (Opérations), sous-chef d'Etat-major.
Le 1er juin 1944, il devient chef
régional des FFI pour les quatre départements de la
région Ile-de-France (Seine, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise,
Oise) en remplacement de Périco (Pierre
Pène), arrêté. Il est en même temps
promu lieutenant-colonel et prend à cette occasion le nom
de Rol, en hommage à un officier des Brigades internationales,
Théo Rol, tué en 1938.
Il se consacre alors entièrement
à la préparation de la libération de la capitale
en liaison étroite avec le Comité d'Action militaire (COMAC) du Conseil national de la Résistance (CNR), le Délégué
militaire national Jacques Chaban-Delmas
et les membres du Comité parisien de la Libération (CPL).
L'avance des alliées en Normandie
donne bientôt le signal de l'insurrection. Le 8 août, les FTP et le COMAC se mettent à la disposition de Rol. Du 10 au 15 août,
des grèves éclatent dans les administrations parisiennes
(cheminots, gendarmes, policiers) et le 15 août, le colonel Rol lance un appel aux forces de l'ordre pour qu'elles se rangent aux côtés des FFI.
Le 18 août au matin commencent
la grève générale et les premières occupations
d'usines. Le même jour, le colonel Rol envoie une première mission chargée d'établir une liaison avec les Américains (commandant de Varreux) et parallèlement, dans la soirée, décrète la mobilisation générale des Parisiens ; une affiche est apposée sur les murs, donnant aux Parisiens l'ordre de rejoindre les FFI. Dès
le lendemain, la préfecture de police est occupée par des policiers insurgés auxquels Rol rend visite pour les soutenir.
Le 20 août, l'Etat-major FFI
est installé dans son poste de commandement souterrain de
la place Denfert-Rochereau, sous le Lion de Belfort. Le même
jour, l'Hôtel de Ville est pris et les escarmouches
entre forces françaises et allemandes se multiplient en banlieue
et dans plusieurs arrondissements, qui sont conquis par les insurgés. Le 21 août en début de soirée, le colonel Rol fait afficher l'ordre de dresser les barricades et renouvelle son appel le lendemain. 600 barricades couvrent rapidement la capitale. Rol fait même appel au secrétaire du syndicat des terrassiers.
Le colonel Rol réalise dans
les journées du 20 au 24 août, avec 100 000 hommes
placés sous ses ordres, une manoeuvre générale
libérant les neuf dixièmes de la capitale, aboutissant
à l'isolement puis à l'investissement de l'ennemi
dans quelques points d'appui qui sont réduits le 25 août
en étroite collaboration avec la 2e DB du général Leclerc
; le colonel Rol assiste à la préfecture de police à la signature de l'acte de reddition
sans condition des forces allemandes du général Von
Choltitz et contresigne lui-même un des exemplaires.
Il est ensuite affecté à
la 1ère Armée française du général
de Lattre de Tassigny et rejoint après
le passage du Rhin, le 151 Régiment d'Infanterie au
sein de la 2e Division d'Infanterie marocaine (2e DIM). Dès
lors, il participe, à partir du 1er avril 1945, comme
adjoint au commandant, à tous les combats du Régiment,
du Rhin au Danube. Le 13 avril, il tombe, au cours d'une reconnaissance
pour laquelle il s'était porté volontaire, sur un
détachement ennemi ; il se jette résolument sur lui,
aidé seulement par un lieutenant et un sous-officier, le
met en fuite et fait trois prisonniers. Le sous-officier ayant été
tué au cours de l'action, il ramène son corps, parcourant
plusieurs kilomètres en pleine Forêt Noire, pour rejoindre
le PC, sous la menace des infiltrations allemandes.
Après la capitulation de l'Allemagne,
le 18 juin 1945, il est décoré de la Croix
de la Libération par le général de
Gaulle, Place de la Concorde à Paris avant d'être
nommé, en juin 1945, adjoint au commandant de l'Infanterie
Divisionnaire de la 2e DIM.
En décembre 1945, il est intégré
dans l'Armée d'active avec le grade de chef de bataillon
et bientôt nommé chef de corps du 27e Régiment
d'Infanterie, puis de la 7e Demi-Brigade à Dijon.
En avril 1947, il est affecté
au cabinet militaire du Ministre de la Défense nationale.
De 1948 à 1951, il est chef
du 3e Bureau à l'Etat-major de la subdivision du
Mans.
Il part à la retraite en 1962.
Membre du Comité central du
PCF (1962-1987), Henri Rol-Tanguy est également Président
de l'Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance
(ANACR) et Président de l'Amicale des Anciens Volontaires
Français en Espagne Républicaine.
Henri Rol-Tanguy est décédé
le 8 septembre 2002 à Paris. Il est inhumé au cimetière
de Monteaux dans le Loir-et-Cher.
Grand Croix de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 18 janvier
1946
Croix de Guerre 39/45 (3 citations)
Médaille de la Résistance
Croix du Combattant Volontaire
Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
Medal of Freedom (USA)
Médaille de l'Amitié des Peuples (URSS)
Publications :
La libération de
Paris (ouvrage collectif, 1964)
Rol-Tanguy et Debu-Bridel vous parlent de la libération de Paris (1966)
Le parti communiste français dans la Résistance
(1967)
La Vérité sur la libération de Paris
(1971)
La libération de Paris. Les 100 documents (1994)
Dernière mise à jour : le 25 octobre 2007
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