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Charles Serre

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Alias : "Yvette"
- "Barraud"
Charles Serre est né
le 25 septembre 1901 à Paris dans le 6e arrondissement.
Après des études
de droit, titulaire d'un doctorat, il devient notaire à Champagnac-de-Belair en Dordogne.
Mobilisé en 1939 en qualité
de lieutenant de réserve, il est démobilisé
après la débâcle de la campagne de France,
mais se refuse à accepter la défaite.
Très vite, il choisit
la voie de la résistance ; contacté par Henri
Frager et Marcel Cohen, il entre, en décembre 1940,
dans le réseau "Jean-Marie" dans lequel il
est chargé de constituer des équipes d'action
dans le Sud-ouest (renseignements - sabotage - exécution
d'agents ennemis). |
Charles Serre |
Charles Serre met en place des groupes armés dans le nord de la Dordogne et prend part personnellement aux premières opérations de guerre contre l'occupant.
En 1941, il dirige, entre autres, la destruction du matériel allemand du camp de la Braconne et le sabotage des voies ferrées Limoges-Périgueux.
Dès 1942, aidé de son épouse Charlotte, il organise, en
liaison avec l'Organisation de Résistance de l'Armée
(ORA), des opérations quotidiennes : vol et camouflage de
matériel militaire, recherche de terrains de parachutage
avec divers agents britanniques des réseaux du colonel Buckmaster,
chargé de la section F du Special Operations Executive
(SOE), les services secrets britanniques.
Il met en place au même moment
un service de faux papiers et un service d'assistance aux réfractaires
au Service du Travail Obligatoire (STO) et aux persécutés
politiques et raciaux.
En février 1943, Charles Serre
entre en contact avec le mouvement "Combat" et les Mouvements
unis de Résistance (MUR) et devient le chef des maquis et
de l'Armée secrète (AS) du secteur de Dordogne nord.
Il mène des actions de guérilla contre la Milice et
les Allemands et forme les maquis de Payzac, Dournazac et de Champagnac-de-Belair.
En juin 1943, il entre dans le mouvement
"Résistance" par l'intermédiaire de Jacques
Destrée qu'il le désigne comme son successeur. Après
l'arrestation de Destrée, en octobre 1943, il prend, sous
les noms de "Barraud" et "Yvette" les fonctions
de chef national du mouvement "Résistance" et de
rédacteur en chef de la feuille clandestine du même
nom.
Parallèlement, il dirige le
vol du dépôt d'essence de Saint Junien ; grâce
aux incessantes activités des maquis de Dordogne, la région
est proclamée "zone d'insécurité"
par Vichy. A Paris, il participe à la création du
Mouvement de Libération nationale (MLN).
Le 22 janvier 1944, alors qu'il est
activement recherché depuis plus six mois, Charles Serre
est arrêté à Paris,
avec sa femme, dans le 16e arrondissement, par la Gestapo qui a
trouvé trace de son faux nom sur le carnet d'un agent de
liaison du Service National Maquis.
Interné à Fresnes, puis
à Compiègne, il est ensuite envoyé en déportation
le 2 juillet 1944 en Allemagne. Il passe quelque temps à
Dachau puis à Neckargerach où il maintient l'esprit
de résistance parmi ses camarades et organise des équipes
de sabotage dans les mines du Neckar. Soumis à de très
rudes épreuves, il contracte le typhus et une pneumonie alors
qu'il a les pieds gelés par la rigueur de l'hiver de 1944.
Charles Serre est libéré
le 22 mars 1945 et forme un comité clandestin composé
de tous les partis et mouvements ; il est chargé par les
Américains d'administrer les prisonniers et déportés
de la vallée du Neckar à Osterburcken pendant que
les services alliés de l'arrière ne sont pas encore
installés. Il dirige pendant un mois les services de police
pour 2 000 déportés, pourvoit à leur alimentation,
assure la création d'hôpitaux et permet l'arrestation
d'une cinquantaine de criminels de guerre.
Rentré en France le 23 avril
1945, Charles Serre retrouve sa femme rentrée du camp de concentration de Ravensbrück, et reprend son métier de journaliste à
la tête du journal Résistance. Il siège
également à l'Assemblée consultative provisoire et à la Haute Cour
lors des procès Darnand et Laval.
De 1946 à 1952, il est député
MRP d'Oran, Conseiller général du canton de Champagnac-de-Belair
et enfin vice-président du Conseil général
de la Dordogne.
Il participe à la création
de la Fédération nationale des Déportés
et Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP).
Charles Serre est décédé
des suites des mauvais traitements subis en déportation le
2 avril 1953 à Champagnac-de-Belair où il a été
inhumé.
Chevalier de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre
1945
Croix de Guerre 39/45 avec palme
Médaille de la Résistance
Médaille des Services Militaires Volontaires
Dernière mise à jour : le 8 octobre
2008
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