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Pierre Rateau
Alias : "Henri Poily",
"Pape", "Arthur", "Eminence",
"Rossi"
Pierre Rateau est né
le 14 mai 1913 à Aubigny-sur-Nère, dans le Cher, de
parents entrepreneurs en quincaillerie.
Il suit des études secondaires
aux Lycées Fénelon et Condorcet à Paris
avant d'effectuer son service militaire pendant deux ans au
Maroc, dans l'Artillerie.
Rendu à la vie civile,
il entre dans l'entreprise familiale.
Mobilisé en 1939 comme
maréchal des logis, il est affecté à
un parc d'artillerie dans les Vosges. |
Pierre Rateau |
Désireux d'agir, il passe, à sa demande, le brevet de chef de section et est nommé, en avril 1940, au 60e Régiment d'Artillerie. Il combat avec bravoure au Donon dans les Vosges jusqu'à l'armistice et reçoit la Croix de Guerre. Fait prisonnier, il est interné à Strasbourg ; transféré en Prusse-Orientale, au stalag I B, il refuse de travailler et se considère "en sursis d'évasion".
Fin mars 1941, Pierre Rateau se fait
envoyer dans un Kommando de travail à Lyck, à 30 kilomètres
de la frontière russe, et parvient à s'évader,
avec deux camarades, la nuit même de son arrivée, par
-30°.
Arrêtés à la frontière
russe les trois hommes sont séparés. Pierre Rateau
est successivement interné à Minsk, Smolensk, Grodno
et enfin Mitchourine où il retrouve 180 Français emmenés
par Pierre Billotte, avec lesquels il est
libéré et rejoint l'Angleterre, via Arkhangelsk et
le Spitzberg, le 9 septembre 1941.
Après un passage au camp de
Camberley où il s'engage dans les Forces Françaises
Libres sous le nom de Henri Poily, il est affecté au Bureau
Central de Renseignements et d'Action (BCRA), les services spéciaux
de la France Libre et reçoit un entraînement dans les
camps de l'Intelligence Service.
Parrallèlement à son
instruction, il s'occupe des questions "Jeunesse" avec
Maurice Schumann et André Philip.
En avril 1943, le sous-lieutenant
Rateau est parachuté en France près de Roanne dans
la Loire sous le nom de code d'"Arthur" en qualité
de chargé de mission du service des atterrissages et parachutages pour les régions R3 et R4 (Toulouse et Montpellier).
Il doit remplacer Hervé Montjarret, arrêté.
Blessé au cours du parachutage, ne trouvant pas l'équipe
de réception, il doit se débrouiller par ses propres
moyens.
A Lyon, il prend contact avec les
organisations locales et la Délégation générale
; il rencontre notamment Max (Jean Moulin),
Bruno Larat, nouveau responsable du Centre des Opérations
de Parachutages et d'Atterrissages (COPA), Paul
Rivière et Alain de Beaufort,
chef des opérations aériennes de la région
de Clermont-Ferrand et Limoges. Ensuite, il installe son P.C. à
Toulouse où il organise le service des parachutages devenu la SAP (Section des Atterrissages et des Parachutages). Il réceptionne
ainsi les premières opérations aériennes du
sud-ouest de la France. Après l'arrestation de Bruno Larat
et d'Alain de Beaufort, il reprend la région de Limoges.
Grâce à son travail incessant
de recherche des terrains d'atterrissage, de grandes figures de
la Résistance comme Pierre Brossolette
et Pierre Viénot ou des personnalités
politiques comme Jules Moch et Henri Queuille purent être
acheminées vers l'Angleterre.
Activement recherché par la
Gestapo, il échappe de justesse à plusieurs arrestations.
Il organise également une chaîne d'évasion par
l'Espagne qui permet le passage de la frontière à
de nombreux agents du BCRA.
En février 1944, il repart
lui-même par l'Espagne. Arrêté, après
un internement au camp de Miranda, il parvient à rejoindre
Gibraltar puis Londres en avril 1944. Rapidement affecté
à l'Etat-Major du général Koenig,
il est chargé des liaisons aériennes avec les officiers
d'opérations et les chefs de réseaux.
En août 1944, promu au grade
de sous-lieutenant, il exécute une seconde mission en France
(mission Shinoil) et est parachuté sur la poche de Saint-Nazaire
pour y regrouper les maquis de la Vendée.
Nommé ensuite Chef du 4e Bureau,
il est décoré de la Croix
de la Libération par le général de
Gaulle le 18 juin 1945 et affecté à la Direction
Générale des Etudes et Recherches (DGER) avant d'être
démobilisé à l'été 1945.
Il reprend ensuite l'entreprise familiale.
Pierre Rateau est décédé
le 27 juin 1956 à Aubigny-sur-Nère où il a été
inhumé.
Chevalier de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 6 avril
1945
Médaille Militaire
Croix de Guerre 39/45 (3 citations)
Médaille de la Résistance
Médaille des Evadés
King's Medal for Courage (GB)
Chevalier de l'Ordre de Léopold (Belgique)
Croix de Guerre Belge (avec palme)
Dernière mise à jour : le 12 juin
2007
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