|
Alexandre Parodi
|
Alexandre Parodi est né
le 1er juin 1901 à Paris (17e). Son père, philosophe,
était membre de l'Institut.
Issu d'une famille républicaine et patriote, il suit la filière du
Conseil d'Etat où il est auditeur en 1926.
De 1929 à 1938, il est secrétaire général
adjoint au Conseil national économique.
Maître des Requêtes
au Conseil d'Etat en 1938, Alexandre Parodi est également
conseiller technique au cabinet du ministre du Travail ; l'année
suivante il devient Directeur général du Travail
et de la Main-d'oeuvre.
Lieutenant de réserve d'infanterie, il n'est pas mobilisé en septembre 1939 en raison de ses fonctions civiles.
Dès octobre 1940, soupçonné
de "mal penser" (il est en effet farouchement opposé
au gouvernement Pétain) il est révoqué
par Vichy et retourne au Conseil d'Etat désormais installé
dans le Puy de Dôme. |

Alexandre Parodi |
A partir de 1942, il se rend fréquemment en Haute Savoie et y retrouve François de Menthon, Paul Bastid et Robert Lacoste avec lesquels il fonde, sous l'égide de Jean Moulin, le Comité des experts -qui deviendra, fin 1943, le Comité général d'Etudes (CGE). Alexandre Parodi, qui prend le nom de Quartus, étudie les réformes judiciaires à prévoir après la libération.
Parallèlement, son frère, René Parodi, engagé également dans la Résistance au sein du mouvement "Libération-nord" et Compagnon de la Libération lui aussi, sera arrêté par la Gestapo et retrouvé pendu dans sa cellule en avril 1942.
Dès l'été 1943,
à la suite d'une opération de la Gestapo à
Paris où sont saisis des documents de la Délégation
générale, Alexandre Parodi est contraint de passer
dans la clandestinité. En septembre 1943, il est nommé
responsable de la Commission clandestine de la Presse et de l'Information. A ce titre il réfléchit sur le problème de l'épuration et du régime de la presse après la libération. Il prend part également à la création du comité financier de la Résistance (COFI).
En mars 1944, il remplace Jacques
Bingen au poste de Délégué général
du Comité français de la Libération nationale
(CFLN). Il devient ainsi le chef de l'administration clandestine,
chargé de mettre en place les futurs cadres de la libération
(commissaires de la République, préfets, etc.). Il
coordonne l'action des organisations de résistance et prépare
les mesures qui permettront de faciliter le retour à la légalité
républicaine.
En août 1944 Alexandre Parodi,
alias "Cérat", est élevé au rang de ministre
des territoires libérés et prend ses fonctions à Paris
au moment où débute l'insurrection dans la capitale.
Le 17 août, il obtient du Conseil national de la Résistance
(CNR) de suspendre le déclenchement de l'insurrection tout
en sachant qu'il serait impossible de s'y opposer de facto. Le 19,
pour préserver l'unité de la résistance, il
admet avec le CNR et le Comité parisien de la Libération
(CPL), sans attendre les instructions du général Koenig,
commandant des FFI, la proclamation de l'insurrection. Il met alors
toutes les forces de la résistance parisienne sous les ordres
du colonel Rol-Tanguy
Le 20,
avec deux de ses adjoints, Roland Pré et Emile Laffon, il est arrêté par les Allemands au moment de l'entrée
en vigueur de la trêve proposée par le Consul général
de Suède Nordling. Loin de cacher son identité, Alexandre
Parodi prend alors le risque de faire état de sa qualité
de ministre et insiste pour rencontrer le général
allemand von Choltitz, commandant militaire du Gross Paris, qui le relâche avec ses adjoints après une brève entrevue.
Le 21 août la trêve est
rompue et le 22, Alexandre Parodi préside à l'Hôtel
Matignon une réunion des secrétaires généraux
provisoires au cours de laquelle il met en place au sommet la nouvelle
administration (Préfet de la Seine, Préfet de Police,
secrétaires généraux de ministère
).
Le 25 août il accueille à Paris le général
de Gaulle qui, dès
le 27 août, le nomme Compagnon de la Libération.
De septembre 1944 à novembre
1945, il est ministre du Travail et de la Sécurité
sociale.
Nommé conseiller d'Etat en
décembre 1945, Alexandre Parodi entame, dès 1946,
une carrière diplomatique.
Délégué permanent
de la France au Conseil de Sécurité des Nations-unies,
il devient, en 1949, secrétaire général du
Ministère des Affaires étrangères.
En 1955 il est le représentant
permanent de la France à l'OTAN.
De 1957 à 1960, il est ambassadeur
au Maroc avant d'être nommé vice-président du
Conseil d'Etat, succédant à René
Cassin.
Président de l'Institut français
des Sciences administratives, membre depuis 1970 de l'Académie
des Sciences morales et politiques et du Conseil
de l'Ordre de la Libération, il prend sa retraite en
1971. Il est président honoraire du Conseil d'Etat.
Alexandre Parodi est décédé
le 15 mars 1979 à Paris. Il a été inhumé
au cimetière parisien du Père Lachaise.
Grand Croix de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 27 août
1944
Grand Croix de l'Ordre National du Mérite
Publications :
La libération de Paris, Comité du Tourisme, Paris 1945
Notice sur la vie et les travaux d’Yves Chataigneau, 1991-1969, Institut de France, Paris 1972
Dernière mise à jour : le 20 novembre 2009
Contacter le webmaster
|