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S.M. Mohammed V
Mohammed Ben Youssef est né
le 30 août 1909 à Fez (Maroc).
Il est le troisième
fils du Sultan Moulay Youssef, héritier de la dynastie
arabe des Alaouites qui domine le Maroc depuis 1660.
Choisi par la France, c'est
le 18 novembre 1927 qu'il succède à son père.
Le Maroc est alors un protectorat français depuis le
traité de Fez de 1912 après la grande épopée
de Lyautey qui pacifie et organise le pays et qui est d'ailleurs
inhumé à Rabat en 1934.
Il déclare immédiatement,
dans une allocution à son peuple : "Nous devons
apporter à la France un concours sans réserve,
ne lui marchander aucune de nos ressources et ne reculer devant
aucun sacrifice". |

S.M. Mohammed V |
A l'annonce de l'armistice de 1940, il prend immédiatement position et prononce ces paroles d'espoir et de confiance : "Si la France était un petit pays de cinq ou six villes, si l'histoire du peuple français ne datait que d'une cinquantaine d'années, nous aurions des craintes justifiées pour votre avenir, mais votre pays étant l'immense et riche France que je connais si bien et l'histoire du peuple français étant cette histoire qui force l'admiration, ce serait un crime que de douter des destinées de la France".
Pendant la seconde guerre mondiale, la position de Mohammed V apparaît comme délicate. Il doit à la fois exprimer les désirs du peuple marocain et assurer l'avenir du pays mais aussi garder avec la France le contact qu'il juge nécessaire à l'évolution future du Maroc. N’ayant entre les mains qu’un pouvoir réel très réduit, il est très populaire parmi son peuple. D’autre part, la défaite militaire de 1940 a affaibli l’image de la France et permet au sultan de montrer face au résident général, le général Noguès, une certaine indépendance. Il s’oppose notamment à l’application a l’égard des Juifs marocains de la législation antisémite du gouvernement de Vichy.
La diversité des autorités
françaises rend ainsi la situation complexe, en particulier
à partir du débarquement américain de novembre
1942. Il doit à la fois composer avec le gouvernement de
Vichy et dialoguer avec Darlan à Alger et avec la France
Libre du général de
Gaulle.
Participant aux conférences
d'Anfa et de Casablanca, le président Roosevelt lui promettant
l'indépendance, il prend conscience de l'ouverture au monde
qu'une place dans le camp des vainqueurs pourrait lui offrir.
Mais les années 1943-1944 voient
l'accélération des mouvements nationalistes, en particulier
l'Istiqlal. Des tensions surviennent. En avril 1943, le Sultan
suggère au gouvernement français, comme prélude
à l'indépendance, un protectorat conjoint des Etats-Unis,
de la Grande Bretagne, de la France et, peut être, de l'Espagne,
les Français n'étant plus en mesure d'assurer la protection
du Maroc, ce qui rend, selon lui, caduc le traité de 1912.
Les partis de l'indépendance apparaissent, accompagnés
de manifestations. Elles tournent à l'émeute le 28
janvier 1944. Ahmed Balafredj, chef de l'Istiqlal, est arrêté.
Ce même jour, après l'échec des remèdes
proposés par le général Catroux,
le Comité français de la Libération nationale
refuse de voir mis en cause le traité de protectorat. Mohammed
V renonce alors, momentanément, à toutes velléités
d'indépendance, moyennant la promesse de réformes
hardies.
En juin et juillet 1945 le Sultan
est en France, convié par le général de Gaulle.
Il assiste au défilé des troupes de la France combattante,
le 18 juin. Le lendemain, le général, en tant
que Président du Gouvernement provisoire de la République,
lui décerne la Croix
de la Libération.
Après la guerre, l'opposition
est nette entre l'intérieur du pays fidèle à
la France et les grandes villes (dont Rabat) où l'élite
pense déjà à l'indépendance. Dans son
discours à Tanger le 10 avril 1947, Mohammed V se fait l'écho
des thèses indépendantistes et la France répond
en nommant le général Juin résident général
au Maroc. C'est en s'appuyant sur le pacha de Marrakech (sud du
pays), El Glaoui, que le général Juin va s'efforcer
de faire renverser le souverain. Le 20 août 1953, les blindés
français se placent devant le palais de Mohammed V. Le Sultan
et ses deux fils sont forcés à l'exil et sont embarqués
immédiatement dans un avion à destination de la Corse
puis de Madagascar.
Mais les troubles s'aggravent. A la
suite des accords Pinay-Mohammed V de la Celle-Saint-Cloud en novembre
1955, le sultan du Maroc est rétabli triomphalement. Il obtient
finalement l'indépendance du Maroc en mars 1956 et se fait
proclamer Roi en août 1957. Après le retour au pouvoir
du général de Gaulle en 1958, il est en quelque sorte
réhabilité aux yeux de l'opinion publique française.
En voyage en France cette année là, il parcourt le
pays accompagné par le général de Gaulle et
est régulièrement acclamé par la foule.
Le Roi Mohammed V est décédé
le 26 février 1961 à Rabat où il a été
inhumé. Son fils Hassan II lui succède sur le trône
chérifien.
Le Roi Mohammed V était titulaire de nombreuses décorations.
Parmi celles-ci :
Grand Croix de la Légion
d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 29 juin
1945
Dernière mise à jour : le 16 mai
2008
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