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François de Menthon

Alias : Tertius

François de Menthon est né le 8 janvier 1900 à Montmirey-la-Ville dans le Jura dans une famille d'ancienne noblesse.

En 1917, au moment où, bachelier, il entame ses études de droit, il entre dans l'action catholique de la Jeunesse française (ACJF) à Dijon.

Après avoir poursuivi ses études à Paris, il décide de s'investir comme militant démocrate-chrétien en Haute-Savoie.

De 1927 à 1930 il préside l'ACJF et contribue à la création de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).

Agrégé de droit, François de Menthon rejoint son poste de professeur d'économie politique à la faculté de droit de Nancy.


François de Menthon

Passionné par le droit du travail il fonde en 1938 avec Pierre-Henri Teitgen la revue Droit social. Au moment de la déclaration de guerre, malgré ses six enfants, il se fait mobiliser comme capitaine. Lors de la campagne de France, il est grièvement blessé le 18 juin 1940 et fait prisonnier. Hospitalisé pendant trois mois à Saint-Dié, il s'évade et se retrouve auprès des siens à Menthon en Haute Savoie en septembre 1940.

Enseignant à la faculté de droit de Lyon, il fonde parallèlement le mouvement "Liberté" qui diffuse clandestinement, grâce d'abord à des membres de son entourage, un journal du même nom farouchement anti-allemand. Rapidement des noyaux régionaux se développent dans le milieu démocrate-chrétien avec Pierre-Henri Teitgen, René Courtin, René Capitant ou Paul Coste-Floret.

En novembre 1941, à Grenoble, François de Menthon et Henri Frenay décident de créer un nouveau mouvement, "Combat", qui doit naître de la fusion de leurs deux mouvements, "Liberté" et le "Mouvement de Libération nationale". En quittant l'entrevue avec Henri Frenay, François de Menthon est arrêté sur la route d'Annecy, emprisonné aux Baumettes à Marseille puis conduit à Vichy pour y être interrogé. Il a la chance d'être questionné par un fonctionnaire peu motivé par la répression exercé contre la Résistance et est vite relâché.

Membre du comité directeur de "Combat", François de Menthon, sous le pseudonyme de Tertius, est nommé membre du Comité national des Experts qui devient le Comité général d'études (CGE) créé par Jean Moulin en avril 1942. Le but du CGE, véritable conseil d'Etat clandestin, est alors d'étudier les mesures à prendre à la Libération et de proposer des plans et projets de réformes. Il dépend de la Délégation générale qui représente en France le Comité national français (CNF), puis le Comité français de la Libération nationale (CFLN).

François de Menthon se consacre dès lors essentiellement aux problèmes politiques et juridiques qui ne manqueront pas de se poser au terme de la guerre. Le comité comprend également le syndicaliste socialiste Robert Lacoste, le professeur de droit Paul Bastid, Alexandre Parodi, maître des requêtes au conseil d'Etat, ainsi que P-H Teitgen et René Courtin.

Ne cachant pas ses opinions, il est révoqué par Vichy de son poste d'enseignant en août 1942 et entre dans la clandestinité.

Au printemps 1943, le CGE est transféré à Paris ; François de Menthon s'évade de France le 25 juillet 1943 par une opération aérienne dans la région de Lyon pour gagner Londres puis Alger.

Le général de Gaulle le nomme commissaire à la Justice au sein du CFLN et il reçoit notamment la mission d'organiser les pouvoir publics à la libération.

En septembre 1944, il devient Garde des sceaux et remet en état l'institution judiciaire au moment difficile de l'épuration. Très attaqué par les partisans d'une épuration massive, il démissionne le 8 mai 1945. Entre-temps, il a préparé l'ordonnance de février 1945 sur la délinquance des mineurs.

Membre dirigeant du Mouvement républicain populaire (MRP), délégué français comme procureur au procès de Nuremberg, il y prononce le réquisitoire introductif avant de démissionner le 20 janvier 1946 pour se consacrer à la politique française. François de Menthon est nommé Ministre de l'Economie nationale de juin à novembre 1946 dans le cabinet Bidault.

Il est ensuite élu député MRP de Haute-Savoie jusqu'en 1958 et en préside le groupe parlementaire à l'assemblée de 1948 à 1952. Il se consacre particulièrement à la construction européenne et fait partie du comité qui donne naissance au Conseil de l'Europe.

Quittant la politique en 1958, il retourne au village de Menthon-Saint-Bernard dont il est le Maire de 1945 à 1977 et retrouve sa chaire de droit à Nancy où il dirige jusqu'en 1968 le Centre européen universitaire.

François de Menthon est décédé le 2 juin 1984 à Annecy. Il a été inhumé dans le cimetière de Menthon Saint-Bernard en Haute-Savoie.


• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 16 octobre 1945 (à compter du 1er septembre 1943)
• Croix de Guerre 39/45

Principales publications :

La Loi sur l'indignité nationale, Imp. Moderne, Beyrouth 1944
Le Procès de Nuremberg : l'accusation française, Office français d'Edition, Paris 1946
Le Procès de Nuremberg, son importance juridique et politique, Editions du Mail, Paris 1946
Vers la quatrième République, Hachette, Paris 1946
L'Expansion économique au service du progrès social, Imp. F. de Beroud, Paris 1951

Dernière mise à jour : le 3 mars 2008
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