|
Pierre de Bénouville
|
Alias : Lahire - Barrès
- Duroc
Pierre de Bénouville est né le 8 août
1914 à Amsterdam aux Pays-Bas. Son père était
agent commercial.
Il fait ses études au
Collège Saint-Paul à Angoulême puis au
Lycée Lakanal à Sceaux et est ensuite Licencié
ès Lettres de la Faculté de Paris.
Journaliste, militant royaliste,
il publie, en 1936, sa première oeuvre littéraire,
Baudelaire le trop chrétien.
En 1939 Pierre de Bénouville
est mobilisé à Orléans et participe activement
à la campagne de France au sein d'un corps-franc, étant
quatre fois cité. Fait prisonnier en juin 1940 avec
les débris du 131e RI, il s'évade et parcourt
850 kilomètres à pied pour rejoindre la Zone
Sud.
A Nice il retrouve ses activités
de journaliste en attendant de trouver un moyen de reprendre
les armes. |

Pierre de Bénouville |
En janvier 1941, il parvient à passer en Afrique du Nord dans le but de rallier les Forces Françaises Libres mais le bateau sur lequel il s'embarque comme passager clandestin est arraisonné à Alger.
Arrêté par la police
de Vichy, Pierre de Bénouville est transféré
à la prison maritime de Toulon où il reste pendant
sept mois. Finalement acquitté par le tribunal Militaire
de Toulon, il est libéré en août 1941 et s'engage
résolument dans la Résistance. Il fonde et organise
le mouvement Radio-Patrie.
Il milite également aux côtés
d'Henri Frenay, dans le mouvement Combat
dont il devient un des dirigeants de la branche militaire.
Au début de 1943, Radio-Patrie
fusionne avec Combat, Libération et Franc-Tireur au sein
des Mouvements Unis de Résistance (MUR) dont Pierre de Bénouville
devient membre du Comité Directeur.
Il remplace Henri Frenay à
la direction militaire des MUR - qui deviennent le Mouvement de
Libération Nationale (MLN) - après le départ
de ce dernier pour Londres et Alger en mai 1943. Pour faire pièce à Jean Moulin et donner davantage de poids à Combat lors de la désignation du nouveau chef de l’Armée secrète, il envoie René Hardy -dont il sait pourtant qu’il a été récemment arrêté par la Gestapo- à la réunion de Caluire qui aboutit à l’arrestation de Jean Moulin et de ses camarades le 21 juin 1943.
Par ailleurs et parallèlement à ses responsabilités au sein des MUR,
Pierre de Bénouville, alias Barrès,
organise depuis 1942, à la suite de contacts pris dès
1941 en Suisse, une délégation permanente de la Résistance
auprès des services secrets alliés ; délégation
dont le fonctionnement permet une plus étroite collaboration
de la Résistance avec les forces alliées. Il est ainsi
amener à contrôler personnellement, outre les services
militaires, les services extérieurs des MUR. Chargé
d'établir des liaisons directes entre la Résistance
et le Gouvernement Provisoire d'Alger, il franchit lui-même,
à 53 reprises, la frontière franco-suisse et souvent
de vive force.
En avril 1944, recherché par
la Gestapo, Barrès passe clandestinement la frontière
espagnole et gagne Alger, où, sous le nom de Duroc, il est
affecté au Commissariat à la Guerre.
Désireux de combattre, Pierre
de Bénouville demande au général de
Gaulle et obtient de servir en mai 1944 sur le front d'Italie.
Comme chef de section d'infanterie du 8e Régiment de Tirailleurs
Marocains, il prend part aux combats de Ceccano, reçoit une
citation et entre dans Rome libéré.
Début juin 1944, il rejoint
Alger sur ordres et est bientôt placé, avec Maurice
Chevance-Bertin, à la tête du Bureau FFI créé
au sein du Commissariat à la Guerre. Il est alors promu au
grade de général de brigade.
Fin juillet, via la Corse et par avion
Lysander, Pierre de Bénouville arrive à Saint-Etienne
pour prendre son commandement clandestin mais il est grièvement
blessé dans un accident de voiture lors de l'accomplissement
d'une mission, se voyant privé de soins pendant plusieurs
semaines. Il parvient néanmoins à adresser à
Londres de nombreux rapports sur l'état et les besoins de
la Résistance.
Après la guerre, en 1946, il
publie, sous le nom de Guillain de Bénouville, un nouvel
ouvrage, le Sacrifice du Matin, qui est alors une des premières
descriptions vécues de la Résistance intérieure.
Membre du Conseil de Direction du
RPF en 1949, député d'Ille-et-Vilaine de 1951 à
1955 puis de 1958 à 1962, le général de Bénouville
est également Maire de La Richardais de 1953 à 1971.
Il est par ailleurs Directeur de la
Rédaction de l'hebdomadaire Jours de France de 1954
à 1967 et Directeur de la Rédaction des quotidiens
l'Oise Libérée (1954-1986) et Vingt-Quatre
Heures (1965-1966).
En 1967, il devient Président
Directeur Général de la société de presse
Jours de France.
Député de Paris, de
1970 à 1993, apparenté au groupe RPR de l'Assemblée
Nationale et Conseiller de Paris (1989-1995), le général
de Bénouville est Administrateur de plusieurs sociétés
dont celle des Avions Marcel Dassault - Breguet Aviation, de la
société française des Nouvelles Galeries Réunies,
des éditions Robert Laffont, de Télé Monte
Carlo (de 1961 à 1976), des Etablissements Gaumont, de la
Société Centrale d'Etudes Marcel Dassault et de la
Société Centrale d'Investissements.
Le général Pierre de
Bénouville est décédé le 4 décembre
2001 à son domicile parisien. Il a été inhumé
au cimetière de Passy à Paris.
Grand Officier de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 6 avril
1945
Croix de Guerre 39/45 (5 citations)
Médaille de la Résistance
Croix de Guerre Belge
Officier de l'Ordre de Léopold
Principales publications
Sous le nom de Guillain de Bénouville :
Saint-Louis ou le Printemps de la France, Didier, Toulouse 1943
Le Sacrifice du Matin, Robert Laffont, Paris 1946
Sous le nom de Pierre de Bénouville
:
Baudelaire le trop chrétien, Grasset Paris 1936
Avant que la nuit ne vienne, entretiens avec Laure Adler, Grasset, Paris 2002
Dernière mise à jour : le 31 janvier
2003
Contacter le webmaster
|