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Alain Grout de Beaufort
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Alias : Léger - Jac -
Pair
Alain Grout de Beaufort est
né le 3 mai 1918 à Châtellerault dans la Vienne.
Elevé au château
familial de Kérascouet dans le Morbihan, il est officier
dans l'aviation au déclenchement de la guerre.
Démobilisé après
l'armistice comme aspirant de l'armée de l'Air, il
rentre du Maroc et prend d'abord part à l'activité
clandestine menée par ses frères Jacques et
Guy notamment en balisant les côtes pour diriger les
bombardements de la Royal Air Force.
Agent du réseau de la
Confrérie Notre Dame de Gilbert
Renault (colonel Rémy) et "brûlé"
dans la région, Alain de Beaufort embarque en compagnie
de ce dernier et de sa famille à Pont Aven, sur un
bateau de pêche, les Deux anges, le 17 juin 1942
pour l'Angleterre.
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Alain Grout de Beaufort
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Parvenu en Grande-Bretagne après
deux jours de traversée, il s'engage dans les Forces aériennes
françaises Libres (FAFL) comme observateur, le 3 juillet 1942. Par suite du manque d'appareils, il
ne peut exercer ses activités de pilote et demande son affectation
au Bureau Central de Renseignements et d'Action (BCRA) où
il dirige bientôt l'organisation des services "Action".
Après un entraînement
spécifique, volontaire pour une mission spéciale,
il est parachuté en France, le 14 avril 1943, sous le nom
de "Jac" pour remplir les fonctions de chef du Centre
d'Opérations de Parachutages et d'Atterrissages (COPA) de
la Région R 6 (Puy-de-Dôme, Allier, Cantal, Haute-Loire
et sud du Cher) en remplacement de Paul Schmidt,
responsable R 5 (Limoges) et R 6 envoyé en zone nord.
Alain de Beaufort étend également
son action à la Région R 5 jusqu'en août 1943.
Pendant un an, avec ses adjoints charles Le Bihan et Yves Léger, il prospecte de nombreux terrains d'atterrissage
et de parachutage tout en mettant en place des groupes "Action".
De justesse, il échappe plusieurs fois à la Gestapo.
Chef
de la Section des Atterrissages et des Parachutages
(SAP) qui remplace
le COPA, il remplit également, faute de titulaire, les fonctions
de Délégué militaire régional en R 6.
Largement "brûlé"
en R 6, il gagne Paris en attendant
son départ pour l'Angleterre. Dans la capitale, depuis mars 1944
le service des opérations aériennes est désorganisé
par des arrestations à répétition. Alain de
Beaufort, alias "Pair" accepte de rester sur place pour
réorganiser le service comme chef du Bureau des Opérations
Aériennes (BOA) pour la région P (Paris et région
parisienne). En deux mois de travail acharné, il réussit
à faire homologuer 50 terrains locaux dans les dix départements
que compte la région parisienne, tout en surveillant les
réceptions d'armes et de matériel.
En liaison étroite, avec son
supérieur, le Délégué militaire régional,
André Rondenay (alias Jarry), il participe
également à l'organisation des transports d'explosifs
et au sabotage d'usines comme celle d'Hotchkiss ou celle des roulements
à billes de Renault à Billancourt.
Après le débarquement
de Normandie, le lieutenant-colonel FFI Alain de Beaufort s'installe,
à la demande du commandement français, dans la région
des maquis du Morvan (sous-région P 3) comme officier d'opération
du BOA pour la Nièvre et l'Yonne. Il crée dans ces
départements deux importants réseaux de terrains.
Le 18 juin 1944, son P.C. de Lormes est attaqué par une importante
colonne allemande qu'il parvient à repousser en lui infligeant
une perte d'environ 150 hommes.
De juin à juillet, il réussit
la réception de 150 tonnes de matériel et d'armes
pour les maquis des trois départements de l'Aube, de l'Yonne
et de la Nièvre. Avec Jarry, il échappe à plusieurs
tentatives d'assassinat fomentées par un agent double de
l'Abwehr, Henri Dupré, et notamment le 17 juillet
1944 à Auxerre.
Rappelé à Paris à
la suite de l'arrestation de ses adjoints, il y tombe, avec André Rondenay, le 27 juillet
1944, dans une souricière de la Gestapo dans le 16e arrondissement.
Il tente de s'enfuir mais est blessé par une balle au talon
et repris. Enfermé à la prison de Fresnes, il subit
les interrogatoires et la torture sans dire un mot.
A la veille de la libération
de la capitale, le 15 août 1944, il est acheminé avec
2 000 prisonniers vers la gare de Pantin en vue de sa déportation.
Au dernier moment, un officier de la Gestapo le fait descendre du
train avec plusieurs camarades dont André Rondenay, arrêté
le même jour. Conduits dans le bois de Domont (Val d'Oise)
ils sont immédiatement fusillés.
Alain Grout de Beaufort a été
inhumé au cimetière de Saint-Yves dans la commune
de Bubry dans le Morbihan.
Son frère Bernard, vicaire
à Saint-Rémy de Vannes, meurt en septembre 1942 des
suites de sa détention comme prisonnier de guerre et son
frère Jacques est tué par les Allemands dans les combats
de la libération en août 1944 en Bretagne.
Chevalier de la Légion
d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 20 janvier
1946
Croix de Guerre 39/45 avec palmes
Médaille de la Résistance
Military Cross (GB)
Dernière mise à jour : le 26 mars 2007
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