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Romain Gary
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Roman Kacew est né le
8 mai 1914 dans la communauté juive de Wilno (Vilnius) en Lituanie, alors sous domination russe. Son père était négociant en fourrure et sa mère modiste.
En 1915, alors que son père est mobilisé dans l'armée russe,
il est déporté avec sa mère vers le centre de la Russie en tant que juif des pays baltes que les Russes soupçonnent de faire de l'espionnage au profit des Allemands.
En 1921, à l'âge de sept ans, il retourne à Wilno, devenu territoire polonais depuis la guerre
russo-polonaise de 1920 où il vit jusqu'en 1927.
Ses parents se séparent et, avec sa mère, il gagne Varsovie où il fréquente l'école polonaise et prend des cours particuliers de français pendant deux ans.
En 1929, Roman et sa mère émigrent en France et s'établissent à Nice. Roman poursuit ses études secondaires au lycée avant d'entamer des études de droit à la faculté d'Aix-en-Provence puis à Paris où il obtient une licence. |

Romain Gary |
Naturalisé français en 1935, il est appelé au service militaire pour servir dans l'aviation. Incorporé à Salon-de-Provence en novembre 1938, il est élève observateur à l'Ecole de l'Air d'Avord. Parmi trois cents élèves, il est le seul, en raison de ses origines étrangères, à ne pas être nommé officier.
En juin 1940, il se trouve à Bordeaux-Mérignac et décide de rallier les Forces françaises libres. Il s'évade de France par avion, atterrit à Alger, séjourne à Meknès et Casablanca le temps de trouver un cargo britannique qui l'emmène à Gibraltar ; deux semaines plus tard, il débarque à Glasgow.
Dès son arrivée, il demande à servir dans une unité combattante sous le nom de Romain Gary.
Affecté au Moyen-Orient, il
sert en Libye, à Koufra notamment en février 1941,
puis en Abyssinie et en Syrie. Il contracte le typhus et, presque
mourant, il reste six mois à l'hôpital.
Rétabli, il rejoint l'escadrille
de surveillance côtière en Palestine et se distingue
dans l'attaque d'un sous-marin italien au large des côtes
palestiniennes.
Rattaché au Groupe de bombardement
Lorraine, il est ramené
en Grande-Bretagne en février 1943 pour servir sur le théâtre
d'opérations de l'Ouest. Le groupe est rééquipé
et réentraîné dans les centres d'entraînement
de la RAF A partir d'octobre 1943, l'action de bombardement
du Lorraine est principalement dirigée contre les sites de
V1; les Bostons qui équipent désormais le Lorraine
volent rassemblés par groupe de six, en rase-mottes, accompagnés
par des Spitfire de protection et c'est dans ces conditions
que le lieutenant Gary se distingue particulièrement le 25
janvier 1944 quand, leader d'une formation de six appareils, il
est blessé par un éclat d'obus en même temps
que son coéquipier pilote Arnaud Langer
lui-même gravement touché aux yeux. Malgré sa
blessure, il guide son coéquipier et l'ensemble de sa formation
avec suffisamment de maîtrise pour réussir un bombardement
très précis et pour ramener l'escadrille à
la base.
Il a effectué sur le front
de l'Ouest plus de 25 missions offensives totalisant plus de 65
heures de vol de guerre.
Après sa démobilisation,
en 1945, il entre dans la carrière diplomatique en même
temps qu'il publie son premier roman : Education européenne.
Secrétaire d'ambassade, il exerce ses fonctions en Bulgarie
et en Suisse.
En 1952, il est secrétaire
à la Délégation française auprès
des Nations-Unies à New-York, puis à Londres en 1955.
En 1956, il est nommé Consul
général de France à Los Angeles et reçoit
le Prix Goncourt pour Les Racines du ciel.
En 1967, après quelques années
de mise en disponibilité passées à écrire
et à réaliser deux films, il occupe le poste de chargé
de mission au Ministère de l'Information pendant dix-huit
mois.
En 1975, sous le pseudonyme d'Emile
Ajar, il publie La Vie devant soi, également récompensé
par le Prix Goncourt, et dont on ne connaîtra réellement
le nom de l'auteur qu'après le suicide de Romain Gary qui
met fin à ses jours le 2 décembre 1980. Ses obsèques
ont été célébrées à l'Eglise
Saint-Louis des Invalides à Paris. Selon sa volonté,
ses cendres ont été dispersées au large de
Menton.
Commandeur de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 20 novembre
1944
Croix de Guerre 39/45 (2 citations)
Médaille de la Résistance
Médaille des Blessés
Principales publications:
• Education européenne, Calmann-Lévy, Paris 1945
• Tulipe, Calmann-Lévy, Paris 1946
• Le Grand vestiaire, Gallimard, Paris 1948
• Les Couleurs du jour, Gallimard, Paris 1952
• Les Racines du ciel, Gallimard, Paris 1956
• L'Homme à la colombe, Gallimard, Paris 1958 (sous le pseudonyme de Fosco Sinibaldi)
• La Promesse de l'aube, Gallimard, Paris 1960
• Lady L., Gallimard, Paris 1963
• Frère Océan t.I : Pour Sganarelle, Gallimard, Paris 1965
• Frère Océan t.II : La Danse de Gengis Cohn, Gallimard, Paris 1967
• Frère Océan t.III : La Tête Coupable, Gallimard, Paris 1968
• La Comédie américaine, t.I : Les Mangeurs d'Etoiles, Gallimard, Paris 1966
• La Comédie américaine, t.II : Adieu Gary Cooper, Gallimard, Paris 1969
• Chien blanc, Gallimard, Paris 1970
• Les Trésors de la Mer rouge, Gallimard, Paris 1971
• Europa, Gallimard, Paris 1972
• Les Enchanteurs, Gallimard, Paris 1973
• Gros-Câlin, Mercure de France, Paris 1974 (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)
• La Nuit sera calme, Gallimard, Paris 1974
• Les Têtes de Stéphanie, Gallimard, Paris 1974
• Au-delà de cette limite, votre billet n'est plus valable, Gallimard, Paris 1975
• Pseudo, Gallimard, Paris 1976 (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)
• Clair de femme, Gallimard, Paris 1977
• Charge d'âme, Gallimard, Paris 1977
• La Vie devant soi, Rombaldi, Paris 1979 (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)
• La Bonne moitié, Gallimard, Paris 1979
• Les Clowns lyriques, Gallimard, Paris 1979
• L'Angoisse du roi Salomon, Rombaldi, Paris 1980 (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)
• Les Cerfs-volants, Gallimard, Paris 1980
• Vie et mort d'Emile Ajar, Gallimard, Paris 1981
Sources :
- Archives de l'Ordre de la Libération
- Romain Gary, le caméleon, Myriam
Anissimov, Editions Denoël 2004
Dernière mise à jour : le 16 octobre 2009
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