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Pierre Fourcaud
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Alias : "Lucas",
"Sphère", "Barbès"
Fils de médecin, Pierre Fourcaud est né
le 27 mars 1898 à Petrograd en Russie. Il fait d'excellentes
études au lycée de Nice.
Engagé volontaire pour
la durée de la guerre en avril 1916, il est promu successivement,
au cours de l'année suivante, au grade de caporal,
de sergent et enfin d'adjudant. Affecté au 24e Régiment
d'Infanterie, il est blessé par balle en avril 1918.
Promu sous-lieutenant quatre mois plus tard, il est de nouveau
blessé le 2 septembre, puis une troisième fois,
le 9 septembre 1918.
Démobilisé en
1920, Pierre Fourcaud s'engage au 2e Bureau par lequel,
en vertu de ses connaissances linguistiques étendues
(Russe, Anglais, Allemand, Balte), il est employé dans
les pays baltes et scandinaves. |

Pierre Fourcaud |
Rappelé à l'activité
le 24 août 1939, il est affecté comme capitaine
au 348e RI ; il commande la compagnie cycliste du régiment dans la région de Sarreguemines ; il est cité pour avoir repoussé une reconnaissance allemande le 10 mai 1940 ; blessé par balle le 16 juin 1940, il est
évacué d'urgence vers l'hôpital militaire
de Nancy, puis vers le centre hospitalier de Biarritz où
il décide de rejoindre l'Angleterre et le général de Gaulle dont il
vient d'entendre parler pour la première fois.
Le bras en écharpe, à Sète, il embarque clandestinement sur un bateau rapatriant des troupes tchèque en Angleterre via Gibraltar.
Débarqué à Liverpool le 6 juillet 1940, Pierre Fourcaud se présente, la semaine suivante, à Saint Stephen's House, à Londres, devant le capitaine André Dewavrin qui, appréciant immédiatement les qualités et l'expérience de Pierre Fourcaud dans le domaine du renseignement, l'intègre sans attendre dans ses services.
Il est d'ailleurs un des premiers
agents envoyés en mission en France. Il part le 2 septembre
1940 pour Lisbonne et Madrid et gagne ensuite Marseille puis Vichy.
A Marseille il monte le réseau "Fleurs" qui devient
par la suite le réseau "Brutus".
De retour en Angleterre
en décembre, Pierre Fourcaud fait son rapport au général
de Gaulle qui le renvoie en mission en janvier 1941. Il reprend
alors contact avec les milieux résistants (réseau
"Lucas"). Il recrute son frère Boris mais aussi des personnalités de tendance politique opposée à la sienne comme les socialistes André Boyer et Gaston Defferre. Dans un long rapport, il détaille la
présence en France, en zone libre comme en zone occupée,
de nombreux groupes plus ou moins étoffés de Français
très opposés aux Allemands ; dans le même temps,
il propose une coordination de tous ces groupes sous l'égide
du général de Gaulle, plaidant pour une aide de la
France Libre aux mouvements résistants.
Le 28 août 1941, il est arrêté
à la gare Saint-Charles à Marseille. Son frère (alias Froment) lui succède alors à la tête du réseau. Interrogé,
il est conduit à Vichy le 2 septembre, puis à la prison
de Clermont-Ferrand où il est incarcéré. Déplacé
de prisons en hôpitaux pendant presque un an, Pierre Fourcaud
fausse compagnie à ses gardiens le 10 août 1942.
Du 15 au 23 août, il parcourt
1.245 kilomètres à bicyclette allant de Vichy jusqu'en
Auvergne, d'Auvergne jusqu'à Marseille, de Marseille jusqu'à
Genève et enfin de Genève à Perpignan.
Il embarque clandestinement à Cassis, le 1er septembre 1942, pour Gibraltar, via les Baléares.
Le 31 septembre, une forteresse volante le ramène à
Londres, en compagnie d'Emmanuel d'Astier
et de Henri Frenay.
Affecté à la tête
du 1er Bataillon d'Infanterie de l'Air (1er BIA), il se casse une
jambe au cours d'un exercice d'entraînement avec saut en parachute
près de Daventry, le 6 janvier 1943. Remis sur pied, en août
1943, il est envoyé en Ecosse, à Fort William.
Rappelé à Londres en
novembre 1943, Pierre Fourcaud quitte son unité et se voit
confier la très importante mission consistant à superviser
la coordination des maquis de Savoie. Le 8 février 1944,
il part en avion pour le Jura. Son avion se pose le lendemain à
Bletterans et il entame une tournée des maquis au cours de
laquelle il rencontre l'ensemble des responsables de la résistance
de Savoie dans des conditions et un climat rendus détestables
par le répression vichyste et nazie.
Le 19 mai 1944, le lieutenant-colonel
Pierre Fourcaud est arrêté à Albertville. Le
lendemain, il tente de s'évader et le lieutenant Moog, officier
sous les ordre de Klaus Barbie, lui tire dessus. Blessé grièvement
de deux balles de revolver, les Allemands le font soigner (à
des fins d'interrogatoire). Transféré à la
prison de Chambéry, il s'en évade le 6 août
1944.
Il parvient à regagner Londres
le 28 août 1944 en avion.
De retour en France définitivement
le 17 septembre 1944, il est promu au grade de colonel le 1er juin
1945.
De 1946 à 1956, il exerce des fonctions importantes au sein du Service de documentation extérieure et du contre-espionnage (SDECE).
Fondateur et directeur de l'Amicale des réseaux action de la France combattante, il est également membre de la direction du Comité d'action de la Résistance (CAR).
Pierre Fourcaud est décédé
le 2 mai 1998 à Paris. Ses obsèques se sont déroulées
en l'église Saint-Louis des Invalides à Paris. Il
a été inhumé au Lavandou (83).
Grand Officier de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 25 mai
1943
Croix de Guerre 14/18 (4 citations)
Croix de Guerre 39/45 (5 citations)
Médaille de la Résistance avec rosette
Croix du Combattant 14/18
Croix du Combattant Volontaire 14/18
Médaille Commémorative 14/18
Médaille Interalliée 14/18
Médaille des Evadés
Croix de Saint-Georges (Russie)
Distinguished Service Order (GB)
Officer of the British Empire (GB)
Distinguished Service Cross (USA)
Commandeur Orange et Nassau
Officier de l'Ordre de Léopold (Belgique)
Croix de Guerre avec palme (Belgique)
Dernière mise à jour : le 1er décembre 2009
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