|
Guy Flavien
|
Fils d'enseignants - son père
est professeur agrégé de Mathématiques
et sa mère professeur à l'Université
- Guy Flavien est né le 12 novembre 1920
à Paris
Il fait ses études secondaires
au Lycée Lakanal puis deux années de Mathématiques
Spéciales au Lycée Louis-le-Grand à Paris,
dans la classe où enseigne son père.
En 1942 il est reçu au
concours de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures. Elève
ingénieur, n'ayant jamais admis la défaite,
il va, avant la fin de 1943, parallèlement à
ses études, commencer à oeuvrer pour la Résistance.
Avec quelques camarades de l'Ecole, la nuit, il rédige
et imprime des tracts qu'il répand autour de lui ;
à partir de mars 1943, il commence à distribuer
des journaux clandestins dont Défense de la France et adhère au mouvement du même nom. |

Guy Flavien
|
A la fin de sa première année d'école, Guy Flavien est requis au titre du Service du Travail Obligatoire (STO). Réfractaire, il parvient grâce à un certificat de complaisance, à rester en France.
Il est alors affecté en août 1943, à l'Office Régional du Travail (ORT) de Paris, au Service de la main-d'uvre, faubourg Saint-Martin.
Immédiatement, il mène
par tous les moyens une lutte acharnée contre le départ
des jeunes astreints au STO et même contre leur réquisition
en France.
Il commence par s'occuper de ses
camarades étudiants de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures
puis de ceux de l'Ecole Libre des Sciences Politiques ou de l'Ecole
Spéciale des Travaux Publics.
Employé comme préposé
au guichet "Renseignements", il obtient de se faire confier
le service éminemment dangereux mais extrêmement efficace
des "cartes de travail" et des "régularisations
d'emploi". Il réussit à créer un véritable
centre de résistance, grâce à des complicités
dans tous les services, et travaille au profit des divers organismes
de résistance auxquels il est lié : Front National,
Ceux de la Résistance, Libération-nord et, bien sûr,
Défense de la France. Il délivre depuis son bureau
de l'ORT des faux certificats et attestations de travail et falsifie
également la cote médicale de nombreux jeunes requis,
les rendant " inapte au travail ".
Il poursuit en parallèle la
diffusion de la presse clandestine, principalement les journaux
Combat, Défense de la France, le Témoignage
Chrétien, Résistance et Front National.
A partir de juin 1943, sous les noms
de Sangnier et Marc Pavillot, Guy Flavien fait également
partie du maquis "Chesnaye" du secteur d'Orléans
Nord-est auquel il adresse des cartes de travail et attestations
en tous genres, permettant d'en régulariser les membres.
De la même façon, il
procure des passeports à ceux qui cherchent à rejoindre
le général de
Gaulle en Afrique du Nord. Faisant en sorte d'avoir connaissance
de tous les décrets concernant le STO avant même leur
publication, il en informe aussitôt la Résistance,
notamment le commandant Massiet, responsable
du mouvement Ceux de la Résistance (CDLR) puis de l'Etat-major
FFI de la Seine, qui peut alors prendre toutes mesures utiles.
Guy Flavien parvient à arracher
ainsi des milliers de français à la déportation
en Allemagne et, par la fourniture de faux-papiers, à leur
permettre de pouvoir survivre en touchant leurs tickets de ravitaillement.
Une pareille activité est extrêmement
risquée et, en mai 1944, son service de l'ORT est directement
visé dans un article du journal collaborationniste Au
Pilori ; il refuse cependant d'abandonner son poste et de rejoindre
le maquis dans le Loiret afin de poursuivre ses activités
à Paris.
Le 5 août 1944, à quelques
jours seulement de la libération de Paris,
à 10h30 du matin, il est arrêté par la Gestapo
à son bureau du faubourg Saint-Martin. Conduit rue des Saussaies,
il est incarcéré à Fresnes.
Le 15 août 1944, il est déporté
en Allemagne. Après six jours et six nuits d'un voyage des
plus pénibles, il parvient avec ses camarades au camp de
Buchenwald où il reçoit le numéro matricule
77.390. Faisant preuve d'un courage magnifique, il ne cesse de remonter
le moral de ses compagnons.
Après un séjour de quelques
semaines au revier du camp, il est envoyé, à
la mi-octobre, à peine convalescent, à la mine de
sel de Leau Plomnitz (Thuringe) qui doit être transformée en usine
souterraine pour la société d'aviation Junkers. Affecté
là à un des kommandos les plus redoutables de Buchenwald,
il y endure un véritable calvaire : dans une insupportable
promiscuité, il est soumis aux travaux forcés et demeure
jour et nuit parfois pendant plusieurs semaines à 500 mètres
de profondeur, dans une mine de sel non ventilée, par une
température voisine de 40°.
A peine nourri, Guy Flavien s'épuise
peu à peu. Miné par la dysenterie et les mauvais traitements,
il meurt au soir du dimanche de Pâques, le 1er avril 1945,
une dizaine de jours seulement avant la libération du camp.
Sa dépouille, jetée
au charnier de Leau par les SS, est exhumée par les Américains
pour être inhumée au cimetière allemand de Leau
Plomnitz.
Guy Flavien appartenait à une famille de résistants. Son frère cadet, évadé de France, avait rejoint Londres en janvier 1943 et sa jeune soeur était agent de liaison pour Défense de la France.
Chevalier de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 20 janvier
1946
Croix de Guerre 39/45 avec palme
Officier du Mérite Social
Dernière mise à jour : le 28 octobre 2004
Contacter le webmaster
|