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Laure Diebold

Alias : Mona - Mado

Laure Diebold, de son nom de jeune fille Laure Mutschler, est née le 10 janvier 1915 à Erstein (Bas-Rhin) dans une famille alsacienne très patriote.

Après des études secondaires, elle devient, avant la guerre, secrétaire sténo-dactylo bilingue français-allemand, à Sainte-Marie-aux-Mines (1934-1935) puis de 1935 à 1939 aux usines Elastic à Saint-Louis.

Pendant la Drôle de Guerre elle est secrétaire d'un industriel à Saint-Dié. Après l'armistice, elle demeure en Alsace et rejoint une organisation de passeurs pour les prisonniers évadés.

Repérée par l'occupant, elle quitte l'Alsace à la veille de Noël 1941 et parvient à Lyon, cachée dans une locomotive.


Laure Diebold

Elle y retrouve son fiancé, Eugène Diebold, prisonnier évadé, qui la fait embaucher comme secrétaire au service des réfugiés d'Alsace-Lorraine.

Jeune mariée, elle entre à partir de mai 1942 au réseau de renseignements "Mithridate", où, en qualité d'agent de liaison et d'évasion, catégorie P1, elle recueille des informations qu'elle code et fait passer sous forme de courrier à Londres.

Laure Diebold est arrêtée une première fois le 18 juillet 1942 par la police judiciaire deux jours avant son mari ; n’ayant rien dit, ils sont relâchés le 24 juillet faute de preuves. Elle se réfugie à Aix-les-Bains, passe dans la clandestinité la plus totale et devient "Mona".

A la mi-août 1942, elle rencontre Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin, par l'intermédiaire de Madame Moret qui travaille comme elle au service des réfugiés d'Alsace-Lorraine. Engagée aux Forces françaises libres, immatriculée au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) sous le nom de "Mado", elle est affectée aux services de Jean Moulin, représentant du général de Gaulle et délégué du Comité national français, en qualité d'agent P.2 avec le grade de lieutenant.

Laure Diebold fait preuve d'une activité extraordinaire, travaillant jour et nuit, à son domicile de la banlieue de Lyon, pour la Délégation générale dont elle est la dactylo. Pendant plusieurs semaines, le secrétariat de la Délégation générale fonctionne uniquement avec Daniel Cordier, Laure Diebold et Hugues Limonti.

En janvier 1943, elle s'installe dans un bureau près de la place des Terreaux, ce qui facilite le travail du secrétariat de la Délégation.

Fin mars 1943, sur décision de Jean Moulin qui souhaite installer ses services dans la Capitale, elle s'installe à Paris avec Cordier et Limonti.

Après l'arrestation de Jean Moulin, en juin 1943, elle demeure à Paris où s'est installée la Délégation générale et continue le même travail aux côtés de Claude Bouchinet-Serreulles et de Georges Bidault. La difficulté de trouver un local la contraint à travailler dans sa chambre, chez son beau-frère, à Fontenay-aux-Roses pendant quelques semaines avant de pouvoir s'installer à Paris, rue Vavin.

Elle qui n'ignore presque rien de l'organisation de la Résistance est à nouveau arrêtée en compagnie de son mari, à Paris, rue de Grenelle, le 24 septembre 1943 et conduite à Fresnes ; elle réussit à convaincre la Gestapo qu'elle n'a fait que servir de boîte aux lettres et échappe ainsi à la torture.

Le 17 janvier 1944, Laure Diebold est dirigée vers Sarrebruck puis internée à Strasbourg du 28 janvier au 13 juin 1944. Déportée ensuite au camp de sûreté de Schirmeck, elle est internée successivement à Mulhouse, Berlin puis au camp de Ravensbrück. Transférée près d'Altenburg, au kommando de Meuselwitz qui dépend de Buchenwald, elle est affectée à partir du 6 octobre 1944, au kommando de Taucha (près de Leipzig) dépendant aussi de Buchenwald.

Gravement malade, promise au four crématoire, elle est sauvée par un médecin tchèque du laboratoire du camp qui escamote sa fiche à deux reprises.

Libérée en avril 1945 par les Américains, très affaiblie, elle arrive à Paris un mois plus tard et, conduite à l'Hôtel Lutetia, elle a le bonheur d'y retrouver son mari, également de retour de déportation.

En dépit d'une santé très altérée par les épreuves subies en déportation, elle recommence aussitôt à travailler, à Paris dans les services de la Direction générale des Etudes et Recherches (DGER) puis, à partir de 1957, à Lyon dans une entreprise où elle est successivement secrétaire puis bibliothécaire.

Laure Diebold meurt subitement le 17 octobre 1965 à Lyon et est inhumée en Alsace, à Sainte-Marie-aux-Mines, dans le Haut-Rhin.

• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 20 novembre 1944

• Croix de Guerre 39/45
• Médaille des Services Volontaires dans la France Libre

 

Dernière mise à jour : le 17 février 2011
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