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André Dewavrin-Passy
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André Dewavrin est né
le 9 juin 1911 à Paris (16ème) dans une famille
d'industriels.
Il fait ses études secondaires
au Collège Stanislas puis au lycée Louis-le-Grand.
Polytechnicien, de la promotion 1932/1934, il choisit, à
sa sortie, le Génie. Il est également licencié
en droit.
Lieutenant au 4ème Régiment
du Génie à Grenoble, il est ensuite, en 1938
et 1939, professeur adjoint de fortification à l'Ecole
Spéciale Militaire de Saint-Cyr.
Après la déclaration
de guerre, il commande la 12ème Compagnie d'Electromécaniciens
à l'Etat-major général à Meaux
puis il entre à l'Etat-major du Génie de la
9ème Armée à Verviers.
En avril 1940, il est commandant
du Génie du Corps Expéditionnaire français
en Norvège. |

André Dewavrin |
De retour de Narvik avec la division du général Béthouart il débarque à Brest, le 17 juin 1940, et rembarque aussitôt avec l'ensemble de la Division pour l'Angleterre.
Installé dans un camp britannique,
le capitaine Dewavrin, ayant entendu parler du général de Gaulle, se présente
à Londres, à Saint Stephen's House, à l'Etat-major
des Forces Françaises Libres à la fin du mois de juin.
Il se place sous les ordres du général de Gaulle qui
le charge de la direction du 2e et du 3e Bureau.
André Dewavrin doit alors organiser un service de renseignements,
au départ sans argent ni moyens de communications.
Sous le pseudonyme de "Passy",
avec le titre de chargé de mission de 1ère classe
du Commissariat à l'Intérieur il met sur pied, avec
son adjoint André Manuel, le Service de Renseignements (SR)
des Forces Françaises Libres qui devient le Bureau Central
de Renseignements et d'Action Militaire (BCRAM) puis le BCRA. Grâce
à l'impulsion que le lieutenant-colonel Passy donne à
cet organisme, la France Libre peut porter à son crédit
une masse considérable de renseignements militaires et civils
sur la situation et l'action de l'ennemi en France. Le BCRA comprend
plusieurs sections indépendamment de la section de renseignements
:
- Une section AM (Action Militaire)
chargée de la formation des agents "action", des
liaisons avec eux pendant leurs missions, des opérations
d'atterrissage et de parachutage.
- Une section de Documentation Militaire,
chargée, par l'exploitation des renseignements obtenus par
le SR, de classer toutes les informations recueillies sur l'ennemi
et de préparer des plans d'attaque des objectifs ennemis
par des opérations paramilitaires. Elle préparera
les différents Plans (Vert, Bleu, Violet).
- Une section NM (Non Militaire) chargée
de toutes les questions politiques, classant les renseignements
non militaires et les transmettant au Commissariat à l'Intérieur
du Gouvernement Provisoire.
- Une section de Contre-Espionnage.
Le BCRA, avec à sa tête
le colonel Passy, doit parfois se débattre dans les intrigues
et la rivalité avec les services secrets britanniques et
notamment avec le SOE du colonel Buckmaster.
En février 1943 le colonel
Passy accueille à Londres le général Delestraint,
chef de l'Armée Secrète et Jean
Moulin, de retour de France. Il assiste à l'émouvante
remise de la Croix de la Libération
à ce dernier dans le salon de la maison d'Hamstead des mains
du général de Gaulle. A cette cérémonie
n'assistent, outre le colonel Passy, que le général
Delestraint, Pierre Billotte, André
Philip et André Manuel.
Au même moment, André
Dewavrin sollicite et obtient une mission en territoire occupé
qui durera six semaines. Eu égard à sa qualité
de chef des Services de Renseignements de la France Libre, l'obtention
de cette mission est probablement un fait unique dans les annales
des services secrets. Le départ de la mission "Arquebuse",
pseudonyme de Passy, a lieu le 26 février 1943 après
une tentative ratée quelques jours auparavant. Accompagné,
à sa demande et pour bien montrer que les services français
et britanniques fonctionnent ensemble et dans un même but,
de l'officier britannique Yéo-Thomas, le lieutenant-colonel
Passy est parachuté dans la région de Rouen avec pour
mission de faire connaître sur le plan civil et militaire
les directives du général de Gaulle dans l'ancienne
Zone Nord en collaboration avec le chef de la mission "Brumaire"
(Pierre Brossolette), parachuté un
mois auparavant, et Rex (Jean Moulin).
Ayant retrouvé Brossolette
à Paris, il rencontre avec lui les principaux responsables
des différents réseaux et mouvements de la zone nord
ainsi que des responsables politiques. Malgré les recherches
particulièrement acharnées de la Gestapo à
laquelle il échappe plusieurs fois de justesse, il ne cesse
son activité, apportant une contribution inappréciable
à l'organisation tant civile que militaire de la Résistance.
Après son retour à Londres
toujours en compagnie de Brossolette, le 16 avril 1943, il remet
au général de Gaulle un très long rapport sur
les contacts pris et les résultats obtenus.
Le 27 mai 1943, le général
de Gaulle, à l'Ecole des Cadet de Ribbesford, décore
le colonel Passy de la Croix de la Libération en même
temps que Pierre Brossolette, Maurice Duclos
("Saint-Jacques"), Pierre Fourcaud,
Antoine Bissagnet et René
Pleven.
Le 27 juin 1943, le colonel Passy
se rend à Alger pour prendre la Direction Technique de la
Direction Générale des Services Spéciaux (DGSS),
résultat de la fusion du BCRA avec les Services Spéciaux
du général Giraud.
En février 1944, il quitte
la DGSS et devient chef d'Etat-major du général Koenig,
Commandant des Forces Françaises en Angleterre et des Forces
Françaises de l'Intérieur.
Parachuté le 5 août 1944
dans la région de Guingamp pour assister la résistance
bretonne, le colonel Passy, à la tête de 2 500 FFI
avec des éléments américains, prend part à
la libération de Paimpol qui fera 2 000 prisonniers dans
les rangs allemands.
Il revient aux Services Secrets en
septembre 1944 et est chargé par le général
de Gaulle de diverses missions en Amérique, aux Indes, en
Chine et en Indochine. Il est alors colonel.
Il rentre en France en mai 1945 pour
se voir confier la Direction Générale de la DGER (Direction
Générale des Etudes et Recherches, ex-DGSS) puis celle
du SDECE (Services de Documentation Extérieure et de Contre-Espionnage).
Il démissionne en février
1946 après le départ du pouvoir du général
de Gaulle. Dans ce que l’on a appelé l’affaire « Passy », il se voit accusé de détournement de fonds par le gouvernement et subit plus de 200 jours d’arrêt de forteresse sans obtenir le jugement qu’il demande.
En 1953, il est Ingénieur conseil
à la Banque Worms puis, de 1963 à 1972 il est Directeur
Général pour les opérations européennes
du groupe textile américain D.H.J. et PDG de D.H.J. Industries
Europe de 1965 à 1973.
De 1967 à 1976, il est P.D.G.
des Etablissements Japy.
Conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine,
André Dewavrin est également membre du Conseil de
l'Ordre de la Légion d'Honneur de 1981 à 1991.
Il est décédé
à Paris le 20 décembre 1998. Il a été
inhumé à l'ancien cimetière de Neuilly-sur-Seine
dans les Hauts-de-Seine.
Grand Croix de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 20 mai
1943
Croix de guerre 39/45 ( 4 citations )
Médaille de la Résistance
Distinguished Service Order (GB)
Military Cross (GB)
Croix de Guerre norvégienne
Publications :
Souvenirs t.1. Deuxième Bureau, Londres, Raoul Solar, Monaco 1947
Souvenirs t.2. 10, Duke Street, Londres (Le B.C.R.A.), Raoul Solar, Monaco 1948
Missions Secrètes en France, novembre 1942-juin 1943, souvenirs du B.C.R.A...,Plon, Paris 1951
Dernière mise à jour : le 20 septembre
2009
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