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André Devigny
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Alias : Valentin
André Devigny est né
le 25 mai 1916 à Habère-Lullin en Haute-Savoie
dans une famille d'agriculteurs et de militaires.
Elève pupille de la Nation
à l'Ecole Normale d'Instituteurs de Bonneville, il
entre ensuite à l'Ecole d'Officiers de Saint-Maixent,
dans la promotion Weygand, et en sort, à la veille
de la guerre, avec le grade de sous-lieutenant.
Officier au 5e Régiment
de tirailleurs marocains (5e RTM), il est affecté
en première ligne en Lorraine ; en décembre
1939, il mène à la baïonnette une contre-attaque
de sa section dans des conditions d'infériorité
numérique et parvient à repousser l'attaque
allemande.
Cette action lui vaut de recevoir
la Légion d'Honneur à 23 ans ; il
est alors le plus jeune chevalier de la Légion d'Honneur
de France et le premier de la Guerre. |

André Devigny |
Grièvement blessé le 20 mai 1940 à Ham, il est évacué sur l'hôpital de Bordeaux ; il en sort en octobre et tente de gagner la Grande-Bretagne.
N'y parvenant pas, dès le
mois de décembre 1940, il prend contact avec le consulat
britannique à Genève qui l'envoie au Maroc, où
il rend les plus grands services à un réseau britannique
jusqu'en août 1942.
Revenu en France en octobre 1942
il est mis en congé d'armistice par l'invasion de la zone
sud en novembre 1942. Il entreprend, avec le colonel Groussard,
le commandant Nomy et Pierre et Dominique
Ponchardier la création des réseaux de renseignements
militaires "Gilbert". A un moment où la tâche
du recrutement et de l'organisation est des plus difficiles, il
parvient à créer un service de passages clandestins
entre la France et la Suisse qui sera utilisé par toute la
Résistance Française.
En avril 1943, Devigny supprime à
Nice le chef du contre-espionnage italien. Il organise entre autres
le sabotage de la poudrerie de Toulouse, mais sans savoir qu'un
agent de la Gestapo s'est infiltré dans son réseau.
Il est arrêté à
la gare d'Annemasse le 17 avril 1943. Enfermé au Fort Montluc,
à Lyon, il est torturé du 17 avril au 25 mai, mais
garde un mutisme complet. Il tente une première évasion
au cours d'un transfert mais, blessé à coup de revolver,
est de nouveau capturé et assommé à plusieurs
reprises à la forge de la prison.
Une fois remis, il entreprend l'une
des plus sensationnelles évasions de l'Histoire de l'Occupation.
Il apprend sa condamnation à mort le 20 août 1943 et
découvre à son retour du tribunal militaire qu'il
a un compagnon de cellule, peut être chargé de le surveiller.
Au bout de quelques jours, il décide finalement de s'évader
avec lui.
Le 25 août 1943, André
Devigny parvient à sortir de sa cellule et à gagner
le toit de sa prison grâce à une minutieuse préparation
; il étrangle une sentinelle dans une cour et franchit les
deux murs d'enceinte à l'aide d'une corde à crochet
fabriquée avec du matériel divers. Repris à
Vaulx-en-Velin avec son compagnon, il s'échappe encore en
sautant dans le Rhône, et reste pendant cinq heures dissimulé
dans la vase. Hébergé et soigné pendant une
dizaine de jours par un savoyard à Vaulx-en-Velin, il gagne
ensuite la Suisse puis passe par l'Espagne où il est incarcéré
deux mois.
Ayant rejoint l'Afrique du Nord, rentre
comme volontaire dans la Brigade de choc, subit l'entraînement
des commandos parachutistes et se distingue encore au cours du débarquement
en Provence en août 1944 puis lors de la campagne d'Alsace.
Il termine la guerre avec le grade
de capitaine.
Promu au grade de chef de bataillon
en septembre 1946, André Devigny exerce plusieurs commandements
de bataillons (du 5e RTM et du 7e RTA en
Allemagne) puis de régiments ; il est ensuite chef du Service
central des Sports des Forces armées et Directeur du Bataillon
de Joinville.
Promu lieutenant-colonel en 1957,
il commande successivement trois secteurs en Algérie pendant
sept ans (1955-1962) et est blessé au combat en 1959.
Juge à la Cour de Sûreté
de l'Etat, il est ensuite, à partir de 1965, Directeur du
Service "Action" du SDECE jusqu'en 1971.
Général de brigade en
1971, il se retire dans sa Haute-Savoie natale en octobre de la
même année.
André Devigny est décédé
le 12 février 1999 à Hauteville sur Fier en Haute-Savoie
où il a été inhumé.
Grand Officier de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 27 décembre
1945
Croix de Guerre 39/45 (8 citations)
Croix de la Valeur Militaire (4 citations)
Médaille des Evadés
Commandeur du Mérite Sportif
Military Cross
Croix de Guerre Belge
Officier de la Couronne Belge
Publications :
Un condamné à mort s'est échappé, Gallimard, Paris 1977
Je fus ce condamné, Presses de la Cité, Paris 1978
Dernière mise à jour : le 31 janvier
2007
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