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Emile Coulaudon

Alias : Charlin – Rocher – Colt - Colonel Gaspard

Emile Coulaudon est né le 29 décembre 1907 à Clermont-Ferrand (Puy de Dôme) où son père possède une agence de fabriques en matériel électrique.

Bachelier, il fait son service militaire en 1928-1930 dans une section d’infirmier avant de travailler comme directeur commercial dans l’entreprise familiale.

Mobilisé en 1939, le sergent-chef Coulaudon est fait prisonnier le 22 juin 1940 à Gérardmer et s'évade de Colmar le 8 juillet 1940.

Il reprend son poste de directeur régional de la Société Philips à Clermont-Ferrand et entre dans le mouvement de résistance "Combat" créé par Henri Frenay dont il est, à partir novembre 1942, chef des groupes francs pour la région de Clermont-Ferrand.


Emile Coulaudon

Au même moment, il devient le chef du 1er Corps franc d'Auvergne et chef départemental de Combat pour le Puy de Dôme. Il dirige et réalise alors, avec des équipes spécialisées des actions directes sur l'ennemi : le sabotage des aciéries des Ancizes à deux reprises, du poste émetteur allemand de Royat, de l'oxygène liquide à Massiac, de l'extracteur de Pont-du-Château, l’attaque d’un train de troupes allemandes aux Martres, la destruction de 150 pylônes haute tension en un seul jour et de l'usine de Polminhac, etc.

Il récupère plus de 200 000 litres d'essence, 100 tonnes d'habillement dans les dépôts de Chatelguyon et de Vertaizon, plus de 150 véhicules légers et lourds, plusieurs milliers d'armes (dépôts d'armes de Massiac, Coudes, etc.).

Chef départemental pour le Puy de Dôme des Mouvements unis de résistance (MUR) dès leur création en février 1943, puis chef régional de l’Armée secrète (AS) un an plus tard, Emile Coulaudon est ensuite nommé chef des FFI de la Région R 6 (Allier, Cantal, Haute-Loire et Puy de Dôme).

Après la réunion du Comité Régional de Libération présidée par Henry Ingrand le 29 avril 1944, il obtient l'accord qui l'autorise à ordonner la levée en masse de tous les membres des divers mouvements de Résistance de la Région R 6. Cette levée en masse s'opère à partir du 15 mai 1944 et tous les "sédentaires" valides rejoignent alors les Monts de la Margeride, à la jonction des départements de la Haute-Loire, de la Lozère et du Cantal.

Au mont Mouchet (1465 mètres d'altitude, 40 km de forêts), 2 700 hommes sont en place le 2 juin lorsqu'une formation de 800 allemands attaque, par le sud, quatre jours avant le débarquement de Normandie. Ils sont repoussés sur Paulhac et perdent un certain nombre d'hommes, alors que les maquisards n'ont que trois blessés.

Le 10 juin 1944, deux divisions ennemies attaquent sur plusieurs fronts mais elles sont mises en échec et se replient le même soir sur Saint-Flour et sur Saugues. Le lendemain, elles repartent à l'assaut et ne parviennent pas à enfoncer les quinze compagnies en place, équipées d'armes automatiques. Avec son chef d’état-major, le colonel Garcie, et en accord avec Henry Ingrand, Emile Coulaudon, dit le colonel Gaspard, ordonnent le décrochage à 22 heures, les munitions s'épuisant dans certaines compagnies.

Les compagnies reconstituées et augmentées d'effectifs représentent alors 4 000 hommes qui vont subir, neuf jours plus tard, un nouvel assaut des deux divisions allemandes ayant combattu au mont Mouchet qui reçoivent un renfort du sud (Montpellier/Mende). La bataille est très dure et, une seconde fois, les FFI tiennent bon jusqu'à la nuit. Une nouvelle fois le décrochage est décidé, devant le risque d'un encerclement amorcé par les Allemands. Au matin du 21 juin, ces derniers trouvent le vide devant eux, mais ils exterminent sauvagement une dizaine de blessés graves qui n'avaient pu se retirer à temps.

A partir de ce moment, la guérilla fait rage sur toutes les routes où avaient été préparées, dès 1943, des zones qui avaient déjà fait leurs preuves avec les destructions d'usines, des voies ferrées, de lignes électriques et dans la lutte contre la Milice et la Gestapo.

Les forces allemandes désireuses de remonter vers le nord, où elles auraient pu jouer un rôle important face aux troupes de débarquement alliées, se trouvent harcelées jour et nuit, les voies ferrées coupées, les ponts détruits.

Après la libération de Saint-Flour, Issoire, Clermont-Ferrand, Vichy, Montluçon et Moulins, 22 000 Allemands, refoulés du Massif central et du Sud-ouest sur la Loire, pourchassés par les FFI d'Auvergne, du Limousin et du Sud-ouest, capitulent à Decize dans la Nièvre.

Après la libération de Clermont-Ferrand le 27 août 1944, il devient l’adjoint du colonel puis du général commandant la 13e Région Militaire.

Après la guerre, Emile Coulaudon est, jusqu'en 1947, adjoint au maire de Clermont-Ferrand,  Gabriel Montpied.

En 1946, il reprend parallèlement ses activités professionnelles à la direction régionale de la Succursale Philips de Clermont-Ferrand.

Il est président fondateur de la Fédération des MUR et des Maquis.

Emile Coulaudon est décédé le 1er juin 1977 à Clermont-Ferrand. Il est inhumé à Pontgibaud dans le Puy de Dôme.


• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 19 octobre 1945
• Croix de Guerre 39/45 avec palmes (2 citations)
• Médaille de la Résistance
• Croix de Guerre (Belgique)
• Virtuti Militari (Pologne)
• Croix de Guerre (Espagne)

Dernière mise à jour : le 25 septembre 2008
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