|
Winston Churchill
|
Sir Winston Churchill est né
le 30 novembre 1874 au château de Blenheim, en Angleterre.
Son père, Lord Randolph,
brillant politicien, est le fils du 7e Duc de Marlborough,
descendant du célèbre Duc de Marlborough à
qui la Reine Anne donna ce château après la victoire
sur les Français à Blenheim, en Bavière,
en 1704.
Sa mère, Jennie Jerome,
à laquelle il est très attaché, est une
roturière américaine, fille d'un journaliste.
Après une enfance passée
au château familial, dans un cadre riche en traditions,
il fait des études difficiles à Harrow School
avant d'entrer au Royal Military College de Sandhurst
en 1894.
Jeune officier de l'armée
victorienne, il recherche l'action.
|

Winston Churchill
|
Il s'embarque pour Cuba dès 1895 comme journaliste pour aller observer de près la guerre entre l'Espagne et les rebelles cubains.
En 1897, Winston Churchill est aux Indes, au 31e régiment d'infanterie du Punjab (du Malakand Field Force) et part se battre contre les tribus rebelles tout en étant correspondant du Daily Telegraph. Il rejoint ensuite la Tirah Expeditionary
Force comme aide-de-camp de Sir Lockhart.
L'année suivante, il participe
à la fameuse charge du 21e Lancier (les Lanciers du Bengale
du Nile Expeditionary Force) de Lord Kitchener à la
bataille de Omdurman, au Soudan. Il participe également à la bataille de Khartoum.
En 1898, il est à nouveau
correspondant de guerre pendant la guerre des Boers en Afrique du
Sud, en tant que lieutenant au South African Light Horse Regiment.
Fait prisonnier, il s'évade et voit sa tête mise à
prix. Il va participer à toute la campagne jusqu'à
la prise de Pretoria, en s'illustrant à maintes reprises.
Mais, comme son père avant
lui, c'est vers la politique qu'il se tourne.
Grâce à sa notoriété,
il est élu député conservateur à Oldham
en 1900, député libéral en 1904 à Oldham
puis, en 1906, à Manchester et devient Sous-Secrétaire
d'Etat aux Colonies jusqu'en 1908.
En septembre 1908, Winston Churchill,
alors député libéral de Dundee (qu'il restera
jusqu'en 1918), épouse Clémentine Hozier, fille d'un
colonel. De ce mariage heureux naîtront quatre enfants : Diana
en 1909, Randolph en 1911, Sarah en 1914 et Mary en 1922.
En 1911, alors ministre de l'intérieur
du gouvernement libéral, il surprend la classe politique
en menant lui-même une action policière contre un groupe
d'anarchiste. Il devient, en octobre 1911, premier lord de l'Amirauté
et prépare avec attention la flotte britannique en la modernisant
pour la guerre qu'il sent proche. Mais l'échec à Anvers
puis celui du débarquement dans les Dardanelles lui sont
reprochés et il est déchargé de son poste en
novembre 1915. Dans un moment de découragement, il déclare
à un collaborateur : "je suis fini
".
Winston Churchill réussit à obtenir le commandement du Royal Scots Fusiliers Regiment (au grade de lieutenant-colonel) en Flandres avant d'être
innocenté pour l'affaire des Dardanelles. Rentré en
grâce, il revient au gouvernement dans le cabinet de Lloyd
George comme ministre des munitions en 1917 puis comme secrétaire
d'état à la guerre (1919-1921) et aux Colonies (1921-1922).
En rupture avec les libéraux en raison de son anticommunisme
absolu, il quitte le gouvernement l'année suivante et commence
l'écriture d'une histoire de la guerre.
Il retrouve le parti conservateur,
est élu député en 1924 dans l'Essex (fonction
qu'il occupera jusqu'en 1945), et participe au cabinet Baldwin comme
chancelier de l'Echiquier (1924-1929). Après la défaite
des conservateurs en 1929, Winston Churchill s'éloigne du
pouvoir et reprend ses activités littéraires.
Dès 1933, il perçoit
les dangers du nazisme mais personne ne l'écoute.
En septembre 1939, il est finalement
rappelé au gouvernement par Chamberlain et occupe à
nouveau le poste de premier lord de l'Amirauté.
Le 10 mai 1940, Winston Churchill
devient finalement Premier ministre, premier lord du Trésor
et ministre de la Défense, et, au moment de la débâcle,
fait triompher l'idée de poursuivre la lutte contre Hitler
plutôt que de traiter avec lui. Il déclare, dans un
de ses premiers discours : "Je n'ai rien d'autre à
offrir que du sang, du travail, de la sueur et des larmes".
L'envoi d'un important corps expéditionnaire britannique
sur le continent ne peut empêcher la défaite militaire,
la poussée allemande est irrésistible et les troupes
alliées doivent rembarquer à Dunkerque. Malgré les diverses propositions que Winston Churchill lui fait pour continuer
la lutte, la France finit par se rendre.
Il apprend cependant que le général de Gaulle, Sous-Secrétaire
d'Etat à la Guerre du cabinet Reynaud, qu'il connaît,
a décidé de rejoindre l'Angleterre. Selon lui, le
général de Gaulle est à ce moment "l'honneur
de la France". Il l'autorise à s'exprimer à
la radio de Londres et il le reconnaît officiellement le 28
juin 1940 comme "chef des Français Libres". Les
deux hommes s'estiment, malgré les heurts qui les opposeront
parfois.
En juillet 1940, Winston Churchill
fait bombarder la flotte française à Mers el Kebir
; il ne peut se résoudre à ce que ces navires français
tombent aux mains des Allemands. Décision difficile à prendre, "la plus douloureuse que je n'ai jamais prise",
dira-t-il.
Puis vient l'épreuve de la
bataille d'Angleterre et la volonté d'Hitler de mettre la
Grande-Bretagne à genoux pour la forcer à traiter.
Le Premier ministre va agir à la fois concrètement,
en mettant en place la défense des côtes, mais aussi
psychologiquement, par de nombreuses allocutions destinées
à la population. Sa présence sur le terrain est très
appréciée : visites des ruines, inspections de troupes,
visites aux civils. Finalement, après plusieurs semaines
de combats intenses et de bombardements meurtriers, l'Angleterre
sort vainqueur de sa première épreuve. Winston Churchill
dira des pilotes de la Royal Air Force : "Jamais
un aussi grand nombre de personnes n'auront dû leur salut
à un si petit nombre."
Le soulagement est encore plus grand
après l'entrée en guerre des Etats-Unis fin 1941 ;
l'Angleterre n'est plus seule. Présent à toutes les
grandes conférences, à toutes les réunions
d'états-majors, il n'a de cesse de participer directement
à la préparation des stratégies alliées.
Il défend aussi à plusieurs reprises les positions
françaises quand la France n'est pas représentée
: à Yalta, par exemple, en février 1945.
Le débarquement du 6 juin 1944
marque la dernière étape vers la victoire totale sur
l'Allemagne ; il faut l'intervention du Roi George VI pour empêcher que Winston Churchill ne s'embarque avec les
troupes.
Mais au-delà de la lutte contre
le nazisme, Churchill pense déjà à l'Europe
d'après guerre et à l'opposition avec Staline et l'Union
Soviétique. Il propose une offensive vers les Balkans pour
prendre les Soviétiques de vitesse en Europe centrale. Celle-ci
est refusée par ses alliés mais il dirige néanmoins
les troupes britanniques en Grèce libérée pour
lutter contre l'insurrection communiste.
La défaite de l'Allemagne en
mai 1945 marque l'apogée de celui qui a toujours cru en la
victoire alliée ; son aura est immense.
Mais la politique reprend brutalement
ses droits et le gouvernement conservateur est battu aux élections
de 1945 ; Churchill, stupéfait, doit quitter le devant de
la scène.
Il continue sa carrière politique,
est élu député conservateur de Woodford (1945-1964)
et prononce plusieurs discours sur la nécessité d'avoir
une Europe forte face aux idées extrêmes. Ayant prévu
la guerre froide, il annonce en mars 1946 : "Un rideau de
fer est descendu sur l'Europe."
Il revient au pouvoir en octobre 1951,
comme Premier ministre et premier lord du Trésor.
En 1952, lors du couronnement de la
Reine Elisabeth II, Winston Churchill se prépare à
servir son sixième monarque depuis la Reine Victoria.
La Reine le fait Sir Winston Churchill
en 1953 en le nommant chevalier de l'Ordre de la Jarretière,
distinction qu'il avait refusée en 1946. La même année, il reçoit le Prix Nobel de littérature.
Se retirant définitivement
en avril 1955, il passe ses dernières années dans
sa propriété de Chartwell.
En hommage aux éminents services
rendus à la France Libre durant la guerre, le général
de Gaulle décore Winston Churchill de la Croix
de la Libération en novembre 1958 à Paris.
Il publie plusieurs ouvrages qui s'ajoutent à ceux, nombreux, déjà écrits depuis
ses premiers combats et s'adonne à l'une des ses passions
favorites : la peinture.
Sir Winston Churchill est décédé
le 24 janvier 1965 à Londres. Des obsèques nationales
ont été célébrées en la Cathédrale
Saint-Paul de Londres, en présence de nombreux monarques
et chefs d'état étrangers. Il est inhumé au
cimetière de Bladon, près du château de Blenheim.
Compagnon de la Libération - décret du 18 juin
1958
Médaille Militaire
Croix de Guerre 1914-18 (avec palme)
Chevalier de l'Ordre de la Jarretière (GB)
Conseiller Privé du Premier Ministre (GB)
Ordre du Mérite (GB)
Compagnon d'Honneur (GB)
India Medal (GB)
Sudan Medal (GB)
Queen's South Africa Medal (GB)
King's South Africa Medal (GB)
Military Medal 1916 (GB)
1939-45 Star (GB)
Africa Star (GB)
Italy Star (GB)
France and Germany Star (GB)
Defense Medal (GB)
Distinguished Service Medal (USA)
Grand-Croix de l'Ordre de Léopold (Belgique)
Croix de Guerre 1914-18 avec palme (Belgique)
Grand-Croix de l'Ordre du Lion des Pays-Bas
Grand-Croix de l'Ordre Grand-Ducal de la Couronne de Chêne
(Luxembourg)
Médaille Militaire (Luxembourg)
Grand-Croix avec chaîne de l'Ordre Royal de Saint Olaf
(Norvège)
Chevalier de l'Ordre de l'Eléphant (Danemark)
Médaille de la Libération (Danemark)
Première Classe de l'Ordre du Mérite Militaire
(Espagne)
Ordre de l'Etoile du Népal
Grand Cordon du Haut Ordre de Sayyid Mohammed bin Ali al
Senussi
Publications :
Sir Winston Churchill a écrit
de très nombreux ouvrages. Parmi ceux traduits en français
:
La
Crise Mondiale, Edition Payot, Paris, 1925.
Les grands contemporains, Gallimard,
Paris, 1939.
La Deuxième Guerre Mondiale,
Collection en 12 volumes, Plon, Paris, 1948-1954.
Marlborough, sa vie son temps,
Robert Laffont, Paris, 1949.
Le déclin de Marlborough,
Robert Laffont, Paris, 1951.
Le Monde nouveau, Plon, Paris,
1957.
Mémoires d'un jeune homme,
Edition spéciale, Paris, 1972.
Dernière mise à jour : le 29 novembre 2005
Contacter le webmaster
|