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Eugène Chavant
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Fils de cordonnier, Eugène
Chavant est né le 12 février 1894, à
Colombe (Isère).
Il fait de courtes études
à l'école du village avant de devenir mécanicien
en usine tout en suivant les cours par correspondance de l'Ecole
du Génie Civil qui lui permettent de devenir agent
de maîtrise.
En 1914, il est mobilisé
au 11ème Dragons, puis est affecté à
sa demande au 20ème Bataillon de Chasseurs où
il est nommé sergent et chef de section.
Gazé près de Soissons
en 1918, il refuse de quitter le front. Son attitude lui vaut
de recevoir la Médaille Militaire et la Croix de Guerre
avec quatre citations.
Après la guerre, il reprend
son métier de mécanicien. Militant SFIO, il se présente aux élections municipales de Saint-Martin-d'Hères près de Grenoble et il est élu conseiller municipal en 1929.
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Eugène Chavant
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Réélu en 1935, il devient premier adjoint au maire Alexis Jourdan. Après la démission de ce dernier en février 1938, il est élu maire de la commune. Il quitte alors l'usine et devient propriétaire d'un café à Grenoble.
En février 1941, il est démis de ses fonctions de maire par le gouvernement de Vichy. Il participe à une première réunion clandestine en présence du docteur Léon Martin (ancien maire de Grenoble) et de Aimé Pupin. Il prend part à la diffusion du Journal clandestin du parti socialiste Le Populaire et entre, au printemps 1942, dans le mouvement de résistance Franc-Tireur.
Responsable local de "Franc-Tireur" avec Aimé Pupin,
Jean Perrot et le Dr Martin, Chavant est l'un des organisateurs
du maquis du Vercors.
A la suite des premières lois
sur le Service du Travail Obligatoire (STO), il participe à
l'accueil, en décembre 1942, des premiers réfractaires
qui sont installés à la ferme d'Ambel dans le Vercors.
En septembre 1943, après l'arrestation
d'Aimé Pupin, premier chef civil du Vercors, Eugène
Chavant est choisi par ses camarades pour le remplacer alors que
le commandant Le Ray est le chef militaire du Vercors.
Sous le pseudonyme de "Clément",
il continue d'accueillir les réfractaires au STO, s'occupe
de la sécurité et veille au ravitaillement et au transport.
En mai 1944, après une première tentative infructueuse,
"Clément", via la Corse, se rend à Alger
pour s'enquérir des chances de mise en application du plan
"Montagnards" mis au point dès 1941 par Pierre
Dalloz et Jean Prévost qui prévoit d'utiliser le plateau
du Vercors comme point de parachutage massif de troupes et matériels
aéroportés afin de couper la retraite des Allemands
en cas de débarquement en Provence. Ce plan ayant obtenu
en 1943 l'accord de Jean Moulin et du général Delestraint, chef de l'Armée secrète (AS).
Chavant rencontre le général de
Gaulle et les responsables de la France combattante et obtient
des promesses d'aide au Vercors par parachutages.
De retour en France par une opération
aérienne, il participe activement à la mobilisation du Vercors ; il assure, lors des combats des 15 et 16 juin qui
se déroulent à Saint-Nizier, le ravitaillement en
vivres et en munitions des survivants. Le 14 juillet, sous les bombardements,
il réussit l'évacuation des femmes et des enfants
de Vassieux-en-Vercors.
Le 21 juillet, lorsque deux divisions
allemandes se lancent à l'assaut du Vercors, et que 400 parachutistes
SS envahissent le plateau de Vassieux-en-Vercors et les hameaux
environnants, Chavant envoie à Londres le télégramme
suivant : "Si aucune aide, population et nous jugerons Alger des criminels et des lâches. Je répète : des criminels et lâches. "
Malheureusement deux jours plus tard,
les Allemands réussissaient à déboucher sur
le plateau et à percer les défenses des maquisards.
Membre du comité départemental de Libération de l'Isère, Eugène Chavant est nommé maire de Saint-Martin-d'Hères en septembre 1944.
Le 5 novembre 1944, lors de sa première
visite à Grenoble libéré, le général
de Gaulle remet la Croix de
la Libération à Eugène Chavant.
Après la guerre, il démissionne de son mandat de maire et se consacre
à l'Amicale des Pionniers et des Combattants Volontaires
du Vercors dont il est le président.
Eugène Chavant est décédé
le 28 janvier 1969 à Grenoble. Il est inhumé dans la nécropole de Saint-Nizier du Moucherotte, Mémorial du Vercors (Isère).
Commandeur de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 20 novembre
1944
Commandeur de l'Ordre National du Mérite
Médaille Militaire
Croix de guerre 1914-1918 (4 citations)
Croix de guerre 1939-1945
Médaille de la Résistance
Dernière mise à jour : le 11 juin 2007
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