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Pierre Château-Jobert
Pierre Château-Jobert
est né le 3 février 1912 à Morlaix (Finistère).
Pupille de la Nation, son père est décédé
au champ d'honneur en 1915 ; sa mère était commerçante.
Il suit des études à
Morlaix puis au collège Stanislas à Paris et
à l'Institut polytechnique de l'Ouest.
Après son service militaire
en 1934-1935, il entre, comme sous-lieutenant de réserve,
à l'Ecole d'application d'artillerie de Fontainebleau.
Il est affecté au 154e RA à Tournoux,
puis détaché à l'Ecole d'observateurs
en avion de Dinard.
Blessé le 13 juin 1940
au cours du repli de l'Ecole, il est soigné à
l'hôpital de Vannes d'où il s'évade pour
embarquer, le 21 juin, à Saint-Jean-de-Luz sur un bateau
de polonais à destination de l'Angleterre. |

Pierre Château-Jobert |
Il s'engage dans les Forces françaises libres le 1er juillet à Liverpool sous le nom de Conan.
Affecté comme lieutenant à la 13e Demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE), il participe à la campagne d'Erythrée. Là, détaché à l'Etat-major de la Brigade française d'Orient, il est chargé du service de ravitaillement en munitions au cours des opérations autour de Keren du 12 au 28 mars 1941.
Pierre Château-Jobert, alias
Conan, prend part ensuite, avec le 1er
Régiment d'artillerie FFL, aux campagnes de Syrie et
de Libye où il est blessé le 11 février 1942.
Promu capitaine en septembre 1942,
il demande à servir dans les parachutistes.
En Angleterre, il prend le 7 novembre
1943 le commandement du 3e Bataillon d'infanterie de l'Air
(3e BIA) récemment formé en Afrique du Nord
et qui, fin juillet 1944, devient le 3e Régiment
de chasseurs parachutistes (3e RCP).
Le 3e RCP opère en
petites unités dans divers endroits de la France encore occupée
: en Bretagne, dans le centre et en région lyonnaise pour
des opérations de commandos et de guérilla au bénéfice
des maquis (80 embuscades, 46 sabotages et 45 coups de main) ; pour
ces opérations, qui contribuent largement au succès
des armées alliées d'invasion, le 3e RCP
reçoit une citation à l'Ordre de l'Armée.
Le
capitaine Conan se distingue au cours de ces opérations.
Notamment à la suite d'un parachutage en Saône-et-Loire,
à la mi-août 1944, comme chef de la mission Harrods,
avec pour objectif d'attaquer les RN 6 et 74. Il prend contact avec
la résistance locale par l'intermédiaire d'André
Jarrot (alias Goujon.) A la Chapelle-sur-Laives où, sous
le feu de l'ennemi, il recherche et ramène un de ses officiers
mortellement blessé au milieu des Allemands.
En décembre 1944, il est promu
chef de bataillon et remet le commandement du 3e RCP au
lieutenant-colonel de Bollardière.
Pierre Château-Jobert crée
le 1er avril 1945 le Centre Ecole de Parachutisme militaire à
Lannion. Chef de bataillon à la fin de la guerre, il crée
en mars 1946 le Centre Ecole de Parachutisme militaire (CEPM) de
Pau-Idron.
A la tête de la Demi-brigade
coloniale de commandos parachutistes (DBCCP) en Indochine, il dirige
de nombreuses opérations aéroportées au Cambodge,
en Cochinchine et en Annam de décembre 1947 à juillet
1948.
En 1949 et 1950, il exerce les fonctions
de commandant en second de la 1ère DBCCP de Vannes-Meucon
et est promu lieutenant-colonel. De retour en Indochine, il commande
de nouveau la DBCCP et les Troupes aéroportées Sud
et est parachuté en opération au Tonkin et dans le
Sud-Vietnam (1950-1952). Il reprend en 1952 et 1953 le commandement
de la 1ère DBCCP de Vannes et est désigné comme
auditeur à l'Institut des hautes études d'Administration
musulmane.
Il sert ensuite à l'Etat-major
des Forces terrestres, maritimes et aériennes d'Afrique du
Nord à Alger (1953-1955) avant de commander avec le grade
de colonel, à Constantine, le 2e RCP qui est parachuté
à Port-Saïd et Port-Fouad lors de l'expédition
franco-britannique à Suez, le 5 novembre 1956.
En 1957, Pierre Château-Jobert
commande à Bayonne la Brigade de Parachutistes coloniaux
(BPC) qui devient, en décembre 1958, la Brigade parachutiste
d'Outre-Mer. En mai 1958, il soutient le mouvement en faveur du
maintien de l'Algérie française.
Auditeur de la 12e Session
de l'Institut des hautes études de Défense nationale et au
Centre des hautes études militaires (1959-1960), il est, en mars
1961, affecté au Niger pour le commandement des troupes du
Niger Ouest.
Le 22 avril 1961, à l'occasion
du putsch déclenché à Alger, il affirme son
appui au maintien de l'Algérie française ; il est
condamné à plusieurs mois d'arrêts de forteresse.
En octobre, il est affecté à l'Etat-major du Préfet
maritime de Cherbourg. En janvier 1962, il part clandestinement
en Algérie pour y prendre le commandement de l'OAS de l'Est-Algérien.
Il vit depuis l'indépendance de l'Algérie sept années
de clandestinité en France et à l'étranger
et est condamné à mort par contumace en 1965 par la
Cour de Sûreté de l'Etat.
Profitant du décret d'amnistie
de 1968, il rentre en France.
Pierre Château-Jobert est décédé le 29 décembre 2005 à Caumont-l'Eventé dans le Calvados. Il est inhumé à Morlaix.
Commandeur de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 28 mai
1945
Croix de Guerre 39/45 (11 citations)
Croix de Guerre des TOE
Médaille de la Résistance
Médaille de l'Aéronautique
Médaille des Services Volontaires dans la France libre
Médaille d'Or de l'Education Physique
Distinguished Service Order (GB)
Publications:
Doctrine d'Action Contre-révolutionnaire, Diffusion de la pensée française, 1972
Manifeste Politique et Social, Diffusion de la pensée française, 1973
La Confrontation Révolution-contre-révolution, Diffusion de la pensée française, 1976
Feux et Lumières sur ma trace. Faits de guerre et de paix, Presses de la Cité, Paris 1978
La voix du Pays Réel, Nouvelles éditions latines, Paris 1981
Dernière mise à jour : le 19 septembre 2009
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