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Jean Cavaillès
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Alias : Crillon - Chennevières
- Hervé - Daniel - Marty - Carrière
Fils d'officier, Jean Cavaillès
est né le 15 mai 1903 à Saint-Maixent dans les
Deux-Sèvres.
Elève brillant, après
des études primaires et secondaires à Mont-de-Marsan
et à Bordeaux, il prépare à Paris le
concours d'entrée à l'Ecole normale supérieure
où il est reçu premier en 1923.
Agrégé
de philosophie en 1927, licencié de mathématiques.
Il fait son service militaire
en 1927 comme EOR à Saint-Cyr et est affecté
en juin 1928 comme sous-lieutenant au 14e Régiment
de Tirailleurs sénégalais.
De 1929 à 1935, il est
répétiteur rue d'Ulm et prépare sa thèse.
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Jean Cavaillès |
Boursier d'études à la Fondation Rockefeller il effectue en 1930, pour sa thèse, un séjour de presque un an en Allemagne suivi, quelques années plus tard, de plusieurs autres voyages qui lui permettent d'observer et de comprendre l'horreur du régime nazi.
Professeur au lycée d'Amiens en 1936, docteur ès lettres en 1938, Jean Cavaillès enseigne ensuite en qualité de maître de conférences de Philosophie générale et Logique à la Faculté des Lettres de Strasbourg.
Mobilisé en 1939 comme lieutenant
d'Infanterie au 43e Régiment d'Infanterie coloniale, il commande
une section devant Forbach. Officier du chiffre puis rattaché
à l'Etat-major de la 4e Division coloniale, le lieutenant
Cavaillès est cité pour sa hardiesse à deux
reprises et, fait prisonnier le 11 juin 1940, s'évade de
Belgique fin juillet pour rejoindre Clermont-Ferrand où la
Faculté de Strasbourg est repliée.
A Clermont-Ferrand, il reprend ses
cours de maître de conférences et, fin décembre
1940, rencontre Emmanuel d'Astier de la Vigerie,
avec lequel il fonde un petit groupe de résistance, "la
Dernière Colonne". Il réalise des papillons qu'il
colle à Clermont-Ferrand et rédige des tracts. Pour
atteindre une plus large audience, il apparaît nécessaire
de créer un véritable journal ; ce sera Libération
à la rédaction duquel Jean Cavaillès
participe activement. Le premier numéro paraît en juillet
1941.
Nommé professeur à la
Sorbonne pour la rentrée de 1941, Jean Cavaillès quitte
Clermont-Ferrand pour la capitale. A Paris, il adhère rapidement
à "Libération-Nord" et fait bientôt
partie du Comité directeur du mouvement dans lequel il joue
un rôle essentiel.
Favorable à l'action militaire,
il crée, en avril 1942, à l'instigation de Christian
Pineau, chargé par le Bureau central de Renseignements
et d'Action (BCRA) de Londres de constituer un réseau de
renseignements en Zone Nord, le réseau "Cohors".
Pineau contraint de passer en Zone Sud, Cavaillès développe
le réseau et fonde des groupes en Belgique et dans le Nord
de la France.
Arrêté près de
Narbonne avec Christian Pineau par la police française en
septembre 1942, après l'échec d'une tentative d'embarquement
pour Londres, il est interné à Montpellier puis au
camp de Saint-Paul d'Eyjeaux d'où il s'évade fin décembre
1942.
Naturellement révoqué
par Vichy, recherché par la police, il entre dans la clandestinité,
recherche les moyens nécessaires pour agrandir son réseau
et part pour Londres en février 1943. Il rencontre à
plusieurs reprises le général de
Gaulle.
Chargé de mission, il est de
retour en France le 15 avril par une opération Lysander près de Rouen et confie à son adjoint et ancien élève de la rue d'Ulm, Jean Gosset, la direction de l'Action immédiate (AI). A l'été 1943, constatant d'importantes divergences avec ses camarades du mouvement, il démissionne du Comité
directeur de "Libération" pour pouvoir se consacrer
tout entier à l'Action immédiate.
Trahi par un de ses agents de liaison,
il est arrêté le 28 août 1943 à Paris
ainsi que sa sur et son beau-frère. Torturé par la Gestapo de la rue des Saussaies,
il est incarcéré à Fresnes jusqu'à la fin 1943 puis interné à Compiègne en janvier 1944 en attente d'être déporté.
Finalement transféré à Arras, il est condamné à mort par un tribunal militaire allemand et immédiatement fusillé à la Citadelle d'Arras le 17 février 1944.
Enterré à Arras sous
une croix de bois portant la mention "inconnu n°5",
son corps a été exhumé en 1946 pour être
inhumé dans la Crypte de la Sorbonne, à Paris.
Chevalier de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 20 novembre
1944
Croix de Guerre 39/45
Médaille de la Résistance
Officier de l'Ordre de la Couronne de Belgique (avec palme)
Médaille de la Résistance (Belgique)
Principales publications :
Méthode axiomatique et formalisme : essai sur le problème du fondement des mathématiques, Hermann, Paris 1938
Remarques sur la formation de la théorie abstraite des ensembles. Etude historique et critique, Hermann, Paris 1938
Sur la logique et la théorie de la science, Presses universitaires de France, 1947
Transfini et continu, Hermann, Paris 1947
Philosophie et Mathématiques, Hermann, Paris 1962
Dernière mise à jour : le 3 mars 2008
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