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René Cassin
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René Cassin est né
le 5 octobre 1887 à Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques.
Son père était négociant en vins.
Il fait de brillantes études
au lycée Masséna à Nice avant d'entrer
à la faculté de droit à Aix-en-Provence.
En 1906 il effectue son service
militaire comme simple soldat puis reprend ses études.
Licencié ès-Lettres, il remporte également
le premier prix au concours général des facultés
de droit.
En 1914, il est Docteur ès
sciences juridiques, économiques et politiques lorsqu'il
est mobilisé, avec le grade de caporal-chef.
A la tête
d'un corps-franc, il est grièvement blessé par
balles de mitrailleuse le 12 octobre 1914 à Saint-Mihiel
et est soigné à Antibes. Il reçoit la
croix de guerre avec palme et la médaille militaire. |
René Cassin |
Réformé, René Cassin est renvoyé à la vie civile ; il enseigne à la Faculté d'Aix-en-Provence et à Marseille puis participe dès 1917 à la création de l'une des toutes premières associations départementales de victimes de guerre.
Agrégé de droit en 1919, René Cassin est, à partir de 1922, président de l'Union fédérale des Mutilés et Veuves de Guerre ; professeur à la faculté de Lille, il rédige et fait voter des lois en faveur de l'emploi des victimes de guerre et se dépense sans compter dans ses différentes activités.
En 1924, et jusqu'en 1938, le professeur
René Cassin devient membre de la délégation
française à la Société des Nations et
lutte dans tous les domaines pour la Paix.
En 1929, il est nommé professeur
de droit à la faculté de Paris et devient vice-président
du Conseil supérieur des Pupilles de la Nation. En 1930,
après un voyage au Moyen-Orient où il rencontre, en
Palestine, de nombreux Juifs allemands, il mène, dès
son retour, une active campagne contre le nazisme. La même
année, il obtient le vote de la loi sur la retraite du combattant.
A la fin des années trente,
il dénonce dans plusieurs discours le danger que représente
le IIIe Reich pour l'Europe et le Monde.
A la déclaration de guerre,
René Cassin est nommé à la direction de la
documentation au Commissariat à l'Information et, au moment
de la débâcle, il pressent la liquidation du régime
républicain. Refusant l'idée de l'armistice, il décide,
dès le 17 juin, de rejoindre l'Angleterre et embarque avec
son épouse, le 24 juin à Saint-Jean-de-Luz, sur un
bateau britannique de transport de troupes, l'Ettrick, à destination de Plymouth.
Le 29 juin, il se présente
à Saint Stephens House et le général de
Gaulle lui confie la mission de rédiger un accord avec
le gouvernement britannique, maintenant le caractère purement
français de l'armée de la France Libre, Charte signée
le 7 août 1940 entre Winston Churchill
et Charles de Gaulle.
Responsable du service juridique de
la France Libre, membre du Conseil de défense de l'Empire
à sa création en octobre 1940, René Cassin
est le rédacteur des statuts de l'Ordre de la Libération
créé par l'ordonnance n° 7 du 17 novembre 1940.
René Cassin, qui multipliera
pendant la guerre les interventions à la radio de Londres
et les articles dans la presse française libre, est nommé
Commissaire à la Justice et à l'Instruction publique
du Comité national français en septembre 1941. Il
entame, fin 1941, une tournée de trois mois au Proche-Orient
et en AEF.
A partir de 1942, il préside
l'Alliance israélite universelle (AIU).
Il prend, à sa création
en août 1943, la présidence du Comité juridique
de la France combattante (qui fait office de Conseil d'Etat) fonction
qu'il conserve au sein du Gouvernement provisoire de la République
française (GPRF) avant de devenir à la libération,
vice-président du Conseil d'Etat (jusqu'en 1961) puis Président
honoraire.
Il siège également à
l'Assemblée consultative d'Alger dès novembre 1943.
Entre 1942 et 1944, René Cassin
est le représentant de la France au Comité des Ministres
Alliés de l'Education et, de 1943 à 1945, représentant
français à la commission d'enquête sur les crimes
de guerre.
A partir de 1946, il préside
pendant seize ans le Conseil d'administration de l'Ecole nationale
d'Administration (ENA), faisant constamment valoir dans ces fonctions
les principes exigeants qui sont les siens dans le service de la
Nation.
En 1946, il fait partie du petit groupe
international, présidé par Eleonor Roosevelt, qui
a la charge de rédiger la Déclaration universelle
des Droits de l'Homme, votée à Paris, le 10 décembre
1948, par l'Assemblée générale des Nations-unies.
En 1958 il préside le comité
consultatif provisoire chargé de préparer la Constitution
de la Ve République et reçoit, à l'Elysée,
le serment du général de Gaulle, Président
de la République en janvier 1959.
En juin 1960, le professeur Cassin
est nommé au Conseil constitutionnel dont il sera membre
jusqu'en février 1971.
Vice-président (1959) puis
Président (1965-1968) de la Cour européenne des Droits
de l'Homme, René Cassin reçoit en octobre 1968 le
Prix Nobel de la Paix.
Membre de l'Institut depuis 1947,
Président de l'Académie des Sciences morales et politiques,
Docteur honoris causa des universités d'Oxford, de Londres,
de Mayence et de Jérusalem, il fonde en 1969, à Strasbourg,
l'Institut international des Droits de l'Homme.
Il est membre, en juin 1972, du Conseil
de l'Ordre de la Libération.
René Cassin est décédé le 20 février
1976 à l'Hôpital de la Salpetrière à
Paris. Ses obsèques ont été célébrées
à la Chancellerie de l'Ordre de la Libération. En
1987, son corps est transféré au Panthéon.
Grand Croix de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 1er
août 1941
Médaille Militaire
Croix de Guerre 14/18 avec palme
Médaille de la Résistance avec rosette
Commandeur des Palmes Académiques
Principales publications :
La Pensée et l’Action, F. Lalou, Boulogne sur Seine, 1972
Les Hommes partis de rien : le réveil de la France abattue, 1940-41, Plon, Paris 1974
Dernière mise à jour : le 22 décembre
2004
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