|
André Boulloche
|
André Boulloche est
né le 7 septembre 1915 à Paris ; fils d'un Ingénieur
des Ponts et Chaussées qui fut ingénieur général
et Directeur des Routes au Ministère des Travaux publics.
Après des études
au Lycée Janson de Sailly, il entre en 1934 à
Polytechnique, en sort en 1936 dans le Corps des Ponts et
Chaussées. Il fait également une licence de
droit.
Mobilisé en 1939 comme lieutenant du Génie dans l'Est, il supporte mal la Drôle de guerre et demande sa mutation pour l'Armée de l'Air.
Il effectue un stage comme observateur en avion à Dinard. Au moment de la débâcle, désireux de continuer la guerre, il parvient avec une dizaine de camarades à rejoindre l'Afrique du Nord en s’embarquant à Port-Vendres le 24 juin 1940. |

André Boulloche |
Débarqué à Oran, il tente sans succès de gagner Londres, regagne la métropole. Nommé, en octobre 1940, ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées à Soissons, il entre rapidement dans la R ésistance.
En décembre 1940, il entre en contact par l'intermédiaire de son frère avec André Postel-Vinay qui lui demande de constituer un réseau de renseignements dans l'Aisne. André Boulloche fait bientôt entrer dans l'organisation son chef direct aux Ponts et Chaussées, Pierre Pène et son collègue Jean Bertin.
De par ses fonctions, André Boulloche peut facilement obtenir des informations sur la localisation
des troupes ennemies et sur les travaux entrepris par l'occupant.
Après l'arrestation de Postel-Vinay,
fin décembre 1941, André Boulloche prend la responsabilité
du réseau pour la région nord. Durant l'année
1942, le réseau s'accroît et de nombreux agents opèrent
dans toute la zone occupée. En dehors du travail de renseignements,
André Boulloche prend des contacts avec les responsables
de l'Armée secrète (AS) et organise l'infrastructure militaire
de la Résistance.
Recherché par la Gestapo, il
passe la frontière espagnole le 25 décembre 1942 suivant
l'itinéraire Oloron-Pampelune. Arrêté, il est
interné à Pampelune puis Agreda et Jerada. Passé
au Portugal, il parvient à gagner l'Angleterre en mai 1943.
Volontaire pour des missions en France, André Boulloche est
déposé dans la région de Tours par opération Lysander
le
13 septembre 1943, en qualité de Délégué
militaire de la Région P (Paris). Avec les responsables de
l'Armée secrète, sous le pseudonyme d'Armand,
il met en place l'organisation paramilitaire de la Résistance.
Il fait entreprendre de nombreux sabotages demandés par le
Commandement interallié.
Arrêté à son domicile par la Gestapo le 12 janvier 1944 avec son adjoint Ernest Gimpel, à la suite d’une dénonciation, il tente de s'échapper ; blessé grièvement par balle, il est soigné à l'Hôpital de la Pitié puis incarcéré à Fresnes.
Le 7 avril 1944, il est transféré au camp de Royallieu (Compiègne) avant d’être déporté (alors qu'il souffre d'une éventration due à la réouverture de ses blessures) le 27 avril 1944 vers Auschwitz puis Buchenwald et Flossenburg. André Boulloche est libéré le 23 avril 1945 par l’armée américaine. Son père, sa mère, son frère, arrêtés en août 1944 et déportés, ne reviendront pas.
En 1946 André Boulloche est
chargé de mission par le Ministère des Travaux publics
aux Etats-Unis. Il adhère la même année à la SFIO.
Directeur du cabinet du Président
du Conseil Paul Ramadier en 1947, il devient son directeur de cabinet
au Ministère de la Défense l'année suivante.
André Boulloche est en 1953
chef de service de l'Infrastructure au Ministère de l'Air
puis en 1955, Directeur des Travaux publics au Maroc.
En 1957 il dirige le cabinet de Maurice Bourgès-Maunoury
alors Président du Conseil avant d'être nommé
en 1958 ministre délégué à la Présidence
du Conseil.
Ministre de l'Education nationale du général de Gaulle en 1958, il démissionne fin 1959.
Maire de Montbéliard en 1965, il est élu
député du Doubs en 1967.
Membre du comité directeur du
Parti socialiste en 1969 et vice-président du Groupe socialiste
à l'Assemblée nationale.
André Boulloche est parlementaire
du Conseil de l'Europe en 1973 et délégué national
du Plan pour le PS en 1976.
Président de l'Amicale des
Anciens chefs de Réseaux, il est également membre
du Conseil de l'Ordre de la Libération
depuis août 1958.
Le 16 mars 1978, André Boulloche
décède à la suite d'un accident d'avion, au
retour d'une mission dans le cadre des élections législatives,
dans le Massif du Marzell. Il a été inhumé
à Montbéliard (Doubs).
Commandeur de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre
1945
Croix de Guerre 39-45
Médaille de la Résistance
Médaille de l'Aéronautique
King's Medal for Courage (GB)
Dernière mise à jour : le 23 avril 2010
Contacter le webmaster
|