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Jacques Bingen
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Alias : (noms de code) : Cléante
- Coridon - Necker
pseudonymes : Reclus - Cadillac - Talbot - Rabeau - Baudet
- Chapelier - Barbier
Jacques Bingen est né le 16 mars 1908 à Paris
dans une famille juive d'origine italienne. Son père
était financier.
Elève au lycée
Janson-de-Sailly à Paris, Bachelier avec mention en
1924 et 1925, Jacques Bingen est reçu au Concours de
l'Ecole des Mines de Paris. Ingénieur, il est également
diplômé de l'Ecole des Sciences politiques.
En 1929, il préside la
section française à l'Exposition universelle
de Barcelone.
Il fait son service dans l'Artillerie
comme élève officier de réserve en 1930-1931.
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Jacques Bingen
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Beau-frère d'André Citroën, dont il est l'un des plus proches collaborateurs, il devient après la mort de celui-ci en 1935, Directeur de la Société Anonyme de Gérance et d'Armement (SAGA). Parallèlement, Jacques Bingen
est Secrétaire du Comité central des Armateurs.
Lieutenant de réserve, il
est mobilisé en 1939 et sert en qualité d'officier
de liaison auprès de la 51e Division écossaise.
Faisant l'admiration de tous par sa belle tenue sous le feu, il
est blessé à la cuisse par un éclat d'obus,
le 12 juin 1940, à Saint-Valéry-en-Caux, et échappe
à l'ennemi en gagnant à la nage une barque de pêche
qui le conduit à un dragueur de mines.
Débarqué à Cherbourg, il y passe une journée à l'hôpital
puis trois à celui de Valognes avant d'être évacué
par train sanitaire vers le sud ouest. A La Rochelle, le 20 juin,
il quitte l'hôpital et gagne par bateau Casablanca. De là,
déguisé en pilote polonais, il parvient à Gibraltar
le 2 juillet, caché sur un navire école polonais.
Embarqué en convoi sur le Har-Zion, il atteint finalement
Liverpool le 18 juillet.
Il se présente au général
de Gaulle le 23 juillet
1940. Sa compétence pour les affaires maritimes le conduit
naturellement à être désigné pour diriger
les services de la Marine marchande de la France libre à
Londres, créés officiellement le 12 août 1940.
Jacques Bingen s'emploie d'abord à
élaborer l'application des accords De Gaulle - Churchill
aux navires de commerce français et à leur personnel
particulièrement exposé dans les convois et dont les
pertes sont très lourdes. Il se dépense sans compter
pour mettre sur pied en Angleterre une administration des gens de
mer.
En août 1942, souhaitant "servir
dangereusement", il passe au Bureau central de Renseignements
et d'Action (BCRA), comme adjoint du capitaine Louis Vallon, chef
de la section NM (Non Militaire). Ce service reçoit de France
des masses de documents et d'informations sur tous les sujets et
doit les répartir entre les différents services compétents.
Il maintient également une liaison permanente avec Jean
Moulin et l'ensemble de la Résistance et organise à
Londres des réunions techniques avec les chefs de réseaux
et de mouvements lorsque ceux-ci sont présents en Grande-Bretagne.
Au début de l'année
1943, le capitaine Jacques Bingen prend la tête de la section
NM du BCRA, au moment où la croissance des mouvements de
résistance et leur difficile unification augmente considérablement
le travail du BCRA. C'est lui qui propose la création d'un
"comité de direction" de la Résistance qui
deviendra le Conseil national de la Résistance (CNR). En
février 1943, à Londres, pour la première fois,
il rencontre "de visu" Jean Moulin, de retour de mission.
L'entente entre les deux hommes est complète
Volontaire pour servir dans les territoires
occupés en remplacement de Jean Moulin arrêté,
un avion Lysander le dépose près de Tours dans
la nuit du 15 au 16 août 1943 avec un ordre de mission le
désignant comme Délégué du Comité
français de la Libération nationale (CFLN) en zone sud.
Délégué Général
pour la Résistance de décembre 1943 à avril
1944, travailleur incessant, il constitue ou réorganise certains
organismes, comme :
- le Comité des Actions Immédiates
(coordination des sabotages),
- le Comité des uvres Sociales de la Résistance
(COSOR),
- le Comité d'Action Contre la Déportation (CAD),
- la Commission de la Production Industrielle,
- la Commission du Ravitaillement, etc.
Jacques Bingen crée le Comité
Financier (COFI) et travaille, en concertation étroite avec Georges Bidault, à la préparation du
programme du CNR dont il obtient l'adoption.
Grâce à son action, l'Armée
Secrète (AS), l'Organisation de Résistance de l'Armée
(ORA), les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) ainsi que de nombreux
groupes isolés, sont fusionnés en février 1944
pour former les Forces françaises de l'Intérieur (FFI).
Après l'arrivée fin mars 1944 d'Alexandre Parodi comme Délégué général
du CFLN, il retourne, malgré les menaces qu'il sent peser
sur lui, à son action de Délégué pour
la zone sud.
Victime de la trahison d'un agent
double français de l'Abwehr, il est arrêté,
le 12 mai 1944, à la gare de Clermont-Ferrand où il
attend un train pour Ferrières-Saint-Mary où il doit
retrouver Henry Ingrand, responsable régional
du Mouvement de Libération nationale (MLN).
Il s'évade en assommant un
des gardes chargés de sa surveillance mais, immédiatement
repris, détenteur de secrets les plus importants de la Résistance,
il préfère se donner volontairement la mort en avalant
sa capsule de cyanure pour ne pas risquer de parler. Son corps ne
sera jamais retrouvé.
Chevalier de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 10 janvier
1945 (à compter du 31 mars 1944)
Croix de Guerre 1939-45 (2 citations)
Publication
La Marine marchande française
libre continue la Guerre, Bureau d'Information de la France
Combattante, New-Delhi, s.d.
Dernière mise à jour : le 3 mars 2008
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