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Henri Tourtet
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Henri Tourtet

Résistance Martinique
BM Antillais n° 5

Henri Tourtet est né le 21 juillet 1899 à Montélimar dans la Drôme. Son père, officier de carrière, est, comme son fils aîné, tué au front en 1916.

Sans hésiter, Henri, entré très jeune à l'école d'enfants de troupe de Montreuil-sur-Mer, s'engage au 23e Régiment d'Infanterie en mars 1917.

Caporal en janvier 1918, sergent en février, il est blessé par balle, le 18 juillet 1918, à Ancienville dans l'Aisne et reçoit une première citation.

En 1920, il passe un an à l'Ecole d'Infanterie de Saint-Maixent d'où il sort sous-lieutenant. Il est affecté au 6e Régiment d'Infanterie Coloniale et est envoyé en AEF. En 1922, il est muté consécutivement au 14e Régiment de Tirailleurs Sénégalais puis au Régiment de Tirailleurs du Tchad.

En octobre 1923, Henri Tourtet est nommé lieutenant et envoyé au Maroc, au Régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc puis au 8e Régiment de Tirailleurs Coloniaux.

En 1925, il passe au 13e RTS. Il se distingue pendant la campagne du Rif comme chef de section et obtient une nouvelle citation faisant état de son courage et du "plus parfait mépris du danger qu'il n'a cessé de montrer au cours du combat".

Il séjourne ensuite pour les besoins du service dans plusieurs pays d'Afrique (Algérie, Sénégal, Guinée) successivement au sein du 7e RTS puis à nouveau du 13e RTS. En juin 1931, il reçoit ses galons de capitaine.

En 1938, le capitaine Tourtet est rappelé en métropole au 1er Régiment d'Infanterie Coloniale et en 1939, il stationne avec le 57e RIC dans l'Est de la France.

Il participe à la campagne de France, prend part aux opérations de la VIIème Armée du 5 au 24 juin 1940 et, faisant preuve de courage et d'endurance, est cité à l'ordre du Régiment. Le 11 juin, il est blessé par éclats d'obus à Versigny dans l'Oise, refuse d'être évacué, et remplace son chef de bataillon tombé au combat et ramène ses hommes en bon ordre.

Envoyé à Fréjus en août 1940, il refuse la défaite et la Révolution nationale promise par Vichy et s'arrange pour ne pas avoir a prêter serment au maréchal Pétain. Par représailles, il est muté aux Antilles deux mois plus tard en qualité de substitut du juge d'instruction près le Tribunal militaire de Fort de France en Martinique.

En septembre 1941, il est promu chef de bataillon ; en décembre il est envoyé en Guyane et rappelé à Fort de France en janvier 1942 par l'amiral Robert, gouverneur vichyste des Antilles, qui connaît les idées gaullistes du commandant Tourtet et entend bien le surveiller.

Tourtet, sans commandement, reste en Martinique jusqu'aux événements de libération de l'île auxquels il prend une part décisive. Sur l'île, la population majoritairement gaulliste est sous la coupe de la Marine en grande partie fidèle à Vichy. Le 18 juin 1943, un comité martiniquais de libération est créé ; le 27 juin à Balata, à dix kilomètres de Fort de France, une compagnie entière de soldats se mutine, refusant de communiquer avec l'amiral Robert ; elle réclame pour chef le commandant Tourtet qui choisit alors ouvertement la voie de la révolte décidant de sauvegarder d'abord les 15O millions d'or du Fort Desaix dans lequel il se barricade et annonçant par radio le ralliement de l'île à la France libre. Les troupes de l'amiral Robert abandonnent sans se battre. Le "putsch" est réussi sans effusion de sang et son action aux Antilles vaut au commandant Tourtet de recevoir en octobre 1943 la Médaille de la Résistance.

Promu lieutenant-colonel en décembre 1943, il prend la tête du 5e Bataillon de Marche Antillais qu'il a formé et, en avril 1944, part pour la France via l'Afrique du Nord.

En avril 1945, le BMA n°5 est envoyé sur le front de l'Atlantique pour participer aux combats de réduction de la poche de Royan. Le 15 avril, il reçoit l'ordre de prendre en 48 heures les villages de Didonne et Saint-Georges de Didonne. Les deux objectifs tombent en quelques heures. Le lieutenant-colonel Tourtet se livrant alors à une inspection des lieux, s'avance à la sortie de Saint-Georges de Didonne pour observer de plus près les dernières défenses de Royan ; c'est à ce moment là qu'il est abattu avec deux de ses officiers par une mitrailleuse lourde allemande.

Il a été inhumé à la nécropole nationale de Retaud en Charente-Maritime.


• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945
• Croix de Guerre 14/18
• Croix de Guerre 39/40
• Croix de Guerre des TOE
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Croix du Combattant
• Croix du Combattant Volontaire
• Médaille Coloniale
• Médaille Commémorative de la Grande Guerre
• Médaille de la Victoire
• Médaille de la Paix du Maroc
• Médaille Commémorative des Services Volontaires dans la France Libre
• Chevalier de l'Etoile Noire (Bénin)

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