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Raymond Tournier
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Raymond Tournier

Groupe de Bombardement « Lorraine »
Free French Flight 2

Fils d'un officier de l'armée de l'air, Raymond Tournier est né le 12 février 1916 à Bermont dans le Territoire de Belfort.

Militaire de carrière lui aussi, sergent-chef navigateur du groupe de bombardement stationné à Alep en Syrie, il suit les cours du peloton d'EOR au moment de la déclaration de guerre ; il effectue la seule mission de guerre de son groupe, le 16 juin 1940, sur l'Ile de Rhodes mais bientôt l'armistice le contraint à arrêter le combat.

Toujours en stage EOR, il refuse la défaite et commence des préparatifs en vue de rallier les Forces françaises libres.

Pour avoir tenté de rejoindre la France libre à bord d'un avion Glenn Martin, il est emprisonné à la forteresse d'Alep, accusé d'"attentat à la sûreté de l'Etat" et condamné à mort par la Commission d'armistice allemande de Beyrouth et le tribunal de Riom.

Fin novembre 1940, après un mois d'emprisonnement, il s'évade grâce à un camarade qui lui fournit des lames de scie camouflées dans la couverture d'un livre et il rejoint les FFL en Palestine après s'être rendu à pied jusqu'à Mtouleh.

En Palestine, sous l'uniforme de la Royal Air Force, il est immédiatement engagé dans le combat au French Fighter Flight n°2 sous les ordres du capitaine Jacquier avec pour mission essentielle la protection du canal de Suez et du port d'Haïfa. Il est ensuite affecté à la 2e escadrille du 39 Squadron sous le commandement du lieutenant-colonel de Marmier, ce qui l'amène à participer aux opérations de Libye où il intègre l'équipage du lieutenant Ezanno.

Enfin, il est incorporé à sa création en septembre 1941 au Groupe de Bombardement "Lorraine" avec lequel il prend part à la campagne libyenne jusqu'à l'automne 1942. En Libye il reçoit une citation à l'ordre de l'Armée aérienne pour sa précision dans le bombardement des colonnes allemandes.

Le 20 décembre 1941, au cours d'une mission de bombardement du port de Benghazi, ses coéquipiers et lui-même abattent un Messerschmitt 109 F. En janvier 1942, il prend également part à la prise d'Halfaya.

Raymond Tournier passe ensuite, à Gambut (Libye), avec quelques volontaires, l'examen d'aspirant. Reçu second, il est nommé aspirant en octobre 1942. Il rejoint alors le "Lorraine" qui est rapatrié en Grande-Bretagne pour effectuer des missions sur le front de l'Ouest.

En avril 1943, il est promu sous-lieutenant et s'illustre en octobre en effectuant comme officier observateur des missions de bombardement de jour en vol rasant dans des conditions particulièrement dangereuses.

En janvier 1944, il quitte le groupe "Lorraine" après avoir accompli 130 missions de guerre. Promu lieutenant, il réalise comme élève-pilote à l'école de Sywell son premier vol le 5 juin 1944. Il reçoit son brevet de pilote le 9 avril 1945 et se prépare à rejoindre le groupe "Lorraine" en mai quand toutes les opérations sont interrompues par la capitulation allemande.

Il termine la guerre avec le grade de lieutenant.

Ensuite, il est muté à la base aérienne de Cognac en Charente où il reçoit ses galons de capitaine puis, après deux ans passés à Gabès en Tunisie, il part combattre en Indochine où, fin 1954, il totalise 107 missions de guerre et plus de 356 heures de vol. Il sert ensuite en Algérie puis au Maroc

Nommé commandant, il fait valoir ses droits à la retraite et, en 1963, devient agent d'assurances à Cognac.

Raymond Tournier est décédé le 15 septembre 1998 à Cognac en Charente. Il est inhumé à Jarnac (Charente).

• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945
• Médaille Militaire
• Croix de Guerre 39/45 (3 citations)
• Croix de Guerre des TOE (2 citations)
• Croix de la Valeur Militaire (2 citations)
• Médaille de la Résistance
• Médaille des Evadés
• Médaille Coloniale avec agrafes "Libye", "Indochine"

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