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Félix Tilly
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Félix Tilly

Résistance Algérie
CFA

Félix Tilly est né le 2 août 1904 à Guerlesquin dans le Finistère.

Titulaire du certificat d'études primaires, il s'engage pour deux ans à Brest au titre du 2e Régiment de chasseurs d'Afrique, il sert en Algérie de 1923 à 1925 et termine son engagement avec le grade de maréchal des logis.

Rendu à la vie civile, il devient entrepreneur de travaux publics à Guerlesquin.

Mobilisé fin août 1939 comme maréchal des logis chef, il est affecté au corps expéditionnaire du Levant et envoyé en Syrie deux mois plus tard. Il a la douleur de perdre sa femme et ses deux enfants, tués dans un accident domestique en France.

De retour en métropole en octobre 1940, il est démobilisé deux mois plus tard. Refusant l'armistice, il s'évade de France en passant par l'Espagne où il est emprisonné mais il réussit à gagner clandestinement l'Algérie le 19 avril 1941.

Très rapidement, il se met en rapport avec les mouvements de résistance d'Alger, puis avec le capitaine Pillafort qui le charge spécialement de rassembler et d'organiser un groupe de Bretons.

L'aspirant Tilly se distingue particulièrement le 7 novembre 1942 comme chef de groupe en prenant d'assaut la radio d'Alger. Prévenu du débarquement des Alliés, il réunit son groupe et lui donne ses instructions. Le soir, à 22 heures, tous les hommes sont rassemblés ; ils se présentent à 1 heure du matin au gouvernement général où ils pénètrent par effraction ; faisant 35 prisonniers, ils prennent possession du central téléphonique et de la radio. Cette action permet de diffuser rapidement les ordres et les consignes destinés à faciliter le débarquement et à éviter ainsi une effusion de sang français et allié.

Le 1er décembre suivant, il est promu aspirant et s'engage aux Corps francs d'Afrique. Il est affecté au 1er Bataillon puis entraîne et commande le groupe d'assaut de la 2e Compagnie.

Il entre au milieu de janvier 1943 en Tunisie et opère avec son unité une série de reconnaissances dont l'une, le 10 février, menée en liaison avec un commando britannique, rapporte une douzaine de prisonniers faits à 25 kilomètres à l'intérieur des lignes ennemies. Le 26 février, le 1er Bataillon est pressé par des forces très supérieures en nombre ; la section du sous-lieutenant Tilly, lancée en contre-attaque, se rue sur l'ennemi. Atteint par une balle tirée presque à bout portant, Félix Tilly est grièvement blessé ce qui ne l'empêche pas de continuer à entraîner ses hommes à l'assaut aux cris de "Vive de Gaulle" et en chantant la Marseillaise. Blessé une deuxième fois trois heures plus tard par des éclats d'obus, il n'accepte d'être évacué qu'une fois le position conquise et après avoir dénombré lui-même le butin pris à l'ennemi, soit 70 prisonniers, 4 mortiers, 6 mitrailleuses et toutes les armes légères de la compagnie ennemie.

Une fois rétabli, il reçoit le commandement du 6e Escadron de la garde personnelle du général de Gaulle à Alger. A partir de décembre 1944, il sert au cabinet militaire du Général jusqu'en octobre 1945.

Démobilisé comme lieutenant, il reprend ses activités d'entrepreneur de travaux publics à La Rochelle. Par ailleurs, il anime la plupart des associations locales de résistants. Il ouvre ensuite un commerce (Tabac-Journaux) à Saintes et exerce en même temps l'activité d'expert judiciaire près la Cour d'Appel de Poitiers.

Félix Tilly est décédé, le 11 juillet 1963, des suites d'une longue maladie à Saintes où il est inhumé.

• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 27 décembre 1945
• Médaille Militaire
• Croix de guerre 39/45 (2 citations)
• Médaille des Evadés
• Croix du Combattant Volontaire 39/45
• Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
• Médaille Coloniale avec agrafe « Tunisie »
• Médaille des Blessés
• Médaille des Services Volontaires dans la France Libre
• Médaille Commémorative 39/45
• Officier du Mérite Combattant
• Officier du Nicham Iftikar

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