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Joseph Tardieu
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Joseph Tardieu

Résistance AOF

Joseph Tardieu est né le 18 février 1889 à Thueyts en Ardèche.

Très jeune, il se destine au métier des armes. Ainsi, en août 1905, il entre à l'Ecole militaire préparatoire de Saint-Hippolyte du Fort, qu'il quitte en 1907 pour s'engager dans l'armée.

De 1910 à 1914, il fait campagne en Cochinchine puis est rappelé en France à la déclaration de guerre avec l'Allemagne.

Sous-officier, il se distingue particulièrement aux batailles de Charleroi et de la Marne où, grièvement blessé au fortin de Beauséjour, le 25 février 1915, il obtient la Croix de Guerre avec une citation à l'ordre de la division.

Il termine la guerre avec le grade d'adjudant-chef.

Après la Grande Guerre, il sert successivement dans l'Infanterie Coloniale puis au cabinet militaire du gouvernement général à Dakar.

Il est admis à faire valoir ses droits à la retraite en 1922 et se retire en Guinée Française comme commerçant puis comme planteur à Sougueta dans le cercle de Kindia.

C'est là que le trouve, le 2 septembre 1939, la déclaration de guerre avec l'Allemagne.

Inapte à reprendre du service, Joseph Tardieu suit avec peine l'écroulement de la France. L'appel du 18 juin lui redonne confiance et il décide, avec son gendre, de prendre contact avec les dissidents de Sierra-Léone. Rapidement, s'organise un réseau de résistance et de renseignements ; les courriers FFL s'acheminent normalement par l'organisation vers la métropole ; les volontaires qui cherchent à rejoindre la France libre sont hébergés, ravitaillés et guidés jusqu'à la frontière anglaise. Les services de sûreté de Guinée sont sur les dents et arrêtent les porteurs de courriers.

Le 9 avril 1941, une occasion s'offre aux services vichystes : un navigateur du s/s Savoie soupçonné de vouloir rallier les Forces Françaises Libres est discrètement pris en filature ; ce dernier prend contact avec un élément africain du réseau qui le dirige sur Mamou distant de 280 kilomètres où il prend contact avec Gabriel Bénébig, agent du réseau, qui, avec les précautions d'usage, l'envoie à Joseph Tardieu. Ce dernier est souffrant et doit subir prochainement une opération. Il donne des instructions à son chauffeur afin que celui-ci conduise de nuit le navigateur chez son gendre chargé de lui faire passer la frontière ; le passage est réussi mais, le 11 avril au matin, le gendre de Joseph Tardieu est arrêté ; le lendemain Joseph Tardieu est arrêté à son tour. Ils sont internés à la prison de Kindia dans des conditions d'hygiène épouvantables.

Joseph Tardieu, toujours souffrant, réclame les soins que nécessite son état ; ces soins lui sont refusés. Lorsque Dakar réclame son extradition, c'est un mourant que l'on transporte au train qui doit le conduire avec son gendre à Dakar via Kankan et Bamako le 20 mai 1941.

Joseph Tardieu ne dépasse pas la ville de Mamou où son état présente une telle gravité que le Docteur Mary, médecin de l'endroit, exige son transfert immédiat sur Conakry ; c'est dans cette ville que le 1er juin 1941, dans une chambre d'hôpital étroitement surveillée, s'éteint Joseph Tardieu.

Il a été inhumé au cimetière Boulbinet à Conakry en Guinée.


• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 14 novembre 1944
• Médaille Militaire
• Croix de Guerre 14/18 avec palme
• Croix de Guerre 39/45
• Médaille Coloniale
• Médaille commémorative de la Grande Guerre

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