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Paul Rivière
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Paul Rivière

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Alias : Claude - François - Sif bis - Galvani - Marquis - Charles-Henri - Renouard

Paul Rivière est né le 22 novembre 1912 à Montagny dans la Loire où son père était directeur d'Ecole.

Après des études primaires à Montagny puis secondaires à Charlieu, il est reçu au baccalauréat en 1931.

Après une année au séminaire de Saint-Joseph à Francheville, il enseigne les lettres classiques chez les Chartreux à Lyon en 1932-1933, avant d'effectuer son service militaire au 5e Bataillon de Dragons Portés.

Libéré en octobre 1934 avec le grade de maréchal des logis, Paul Rivière devient professeur de lettres à l'externat Saint-Joseph à Lyon.

En 1939 il est mobilisé et envoyé comme instructeur à l'Ecole de Cavalerie de Saumur pour la formation des élèves officiers de réserve. Il est blessé le 20 juin 1940 pendant les combats de Saumur par un éclat d'obus.

Opéré à l'hôpital de Niort, il est évacué le lendemain sur Bordeaux puis sur Toulouse où il séjourne un mois avant de poursuivre sa convalescence dans sa maison de Tarare dans la banlieue lyonnaise.

En octobre 1940, remis de ses blessures, il est démobilisé avec la croix de guerre et reprend son poste de professeur à Saint-Joseph ; il prépare parallèlement l'agrégation de lettres classiques.

Début 1941, cherchant à rejoindre les Forces Françaises Libres, il fait, par l'intermédiaire d'un officier anglais, une tentative de départ pour l'Angleterre par Port-Vendres où un sous-marin doit venir le prendre ; l'opération échoue.

Le R.P. Chaillet le met, quelques temps plus tard, en contact avec Henri Frenay et, fin février 1941, il adhère, sous le pseudonyme de Claude, au Mouvement de libération nationale (MLN) qui prend en novembre 1941, le nom de "Combat".

En juillet 1941, Paul Rivière abandonne l'enseignement pour se consacrer à la Résistance. Responsable régional de "Combat" en Rhône-Alpes pour le recrutement, l'organisation et la propagande (ROP), il décide, en février 1942, de se consacrer à l'action militaire. Avec Raymond Fassin (alias Sif), officier de liaison de Jean Moulin, il recherche des terrains de parachutage et d'atterrissage, des points d'émission radio, etc.

Le 23 juin 1942, à Clermont-Ferrand, il est arrêté par la police de Vichy, au lendemain d'un parachutage pour détention de faux-papiers. Détenu à la prison Saint-Paul, il est jugé le 31 octobre 1942 et condamné à quatre mois de prison et 4 000 francs d'amende ; il est libéré le soir même. Il reprend contact avec Sif, prend les pseudonymes de François et de Sif bis, et entre complètement au service de la résistance action. Il prend une part importante à l'organisation des services de transmission radio en zone sud, trouvant de multiples points d'émission.

Le 29 janvier 1943, en gare de Brive, il manque d'être arrêté en même temps que Jacques Renouvin, chef des groupes francs de Combat.

Sur ordre de Jean Moulin, il part pour l'Angleterre le 16 juin 1943 dans le cadre d'une opération aérienne avec Henri Frenay.

Mais en raison de l'arrestation de Jean Moulin à Caluire le 21 juin 1943, Rivière ne peut accomplir les stages qui lui étaient réservés dans des écoles britanniques (brevet de parachutiste, licence d'atterrissage). Son stage de parachutiste est finalement ramené à deux jours seulement et le 21 juillet 1943, le colonel Passy, chef du BCRA, l'envoie en France pour remplacer Bruno Larat, responsable du Centre d'Opérations d'Atterrissages et de Parachutages (COPA), également arrêté à Caluire.

Paul Rivière est donc parachuté au-dessus de la Saône-et-Loire, près de Cormatin, sous le pseudonyme de Galvani qui deviendra plus tard Marquis. Il prend alors le commandement de la Section des Atterrissages et des Parachutages (SAP) pour la Zone Sud et la région B. Il organise personnellement 13 atterrissages clandestins comprenant l'acheminement d'un nombre considérable d'agents de Londres et d'Alger, la réception de budgets venus d'Angleterre, de matériel, etc. Paul Rivière organise également le départ en avion pour Londres de nombreuses personnalités comme le général de Lattre de Tassigny, André Le Troquer, Henri Queuille ou encore Jacques Chaban-Delmas.

En mai 1944, il est rappelé à Londres et est de nouveau parachuté en Saône-et-Loire, à Cluny, avec Jean Rosenthal et Maurice Bourgès-Maunoury, le 7 juin 1944, après avoir rencontré le général de Gaulle. A Lyon, il répartit aux DMR de R1 et R2 cinquante-cinq millions de francs parachutés quelques jours auparavant.

Après la fin de la guerre, il est maintenu dans le service armé jusqu'en juillet 1947 avec le grade de lieutenant-colonel au Cabinet du Ministre des Armées. En août 1947, il s'engage derrière le général de Gaulle au Rassemblement du Peuple Français (RPF) puis, engagé à nouveau, part pour l'Indochine en janvier 1953.

De retour en France en 1955, il est envoyé en Algérie avant d'être nommé, en août 1956, attaché militaire adjoint près l'ambassade de France à Tokyo. Il rentre du Japon en 1960.

Il est ensuite affecté comme chef de poste de sécurité militaire du Corps d'Armée d'Alger et, le 1er mai 1961, devient directeur de la sécurité militaire pour l'Algérie et le Sahara.

En novembre 1962, il est élu député de la Loire puis est réélu en 1967, 1968 et 1973.

De 1967 à 1978, il est membre du Conseil de l'Europe et maire de Montagny de 1965 à 1983.

Paul Rivière est décédé le 16 décembre 1998 à Lyon. Il a été inhumé à Montagny dans la Loire.


• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 24 mars 1945
• Croix de Guerre 39/45 (6 citations)
• Croix de la Valeur Militaire (3 citations)
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Médaille Coloniale avec agrafe "Extrême-Orient"
• Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
• Médaille des Evadés
• Officier de l'Ordre de l'Empire Britannique
• Military Medal (GB)
• Officier de la Couronne Belge
• Croix de Guerre Belge avec palme
• Croix de Guerre Tchécoslovaque
• Croix de la Vaillance Polonaise

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