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Jean Pompei
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Jean Pompei

EM
Free French Flight 2
1ère Escadrille de Chasse (EFC1)

Jean Pompei est né le 11 février 1909 à Huê (Annam, région centrale du Viêt-nam) où son père est administrateur des services civils.

Il passe son baccalauréat à Lyon puis obtient une licence en droit à Paris avant de suivre les cours de l'école des Sciences politiques de Lyon.

Jean Pompei effectue son service militaire au 2e Régiment d'aviation avant de se lancer dans la carrière préfectorale.

Il est successivement chef du cabinet du préfet de l'Aube (1934), du préfet d'Oran (1935-1937) et du préfet de Dordogne. En juin 1938, il est nommé sous-préfet à Bellac en Haute-Vienne.

Il est un des rares membres de la préfectorale à refuser sa mise en affectation spéciale ; il est donc mobilisé en août 1939 en qualité de sergent pilote de réserve, affecté à l'escadrille d'observation n° 512.

Après une formation de pilote de chasse à Toulouse, il est envoyé sur le front de l'Est dans la région d'Haguenau en octobre 1939. Promu sous-lieutenant, il est cité à l'ordre de l'armée pour avoir réussi à échapper à trois chasseurs allemands au cours d'une mission de reconnaissance et être parvenu à ramener à sa base son appareil criblé de balles.

Persuadé du déclenchement des hostilités au Moyen-Orient, Jean Pompei obtient d'y être affecté. En avril 1940, il parvient à Beyrouth puis à Homs (Syrie) où le surprend l'armistice. Refusant la défaite et après avoir vainement demandé à être démobilisé, il passe clandestinement à pied (après une première tentative ratée en bateau) la frontière de Palestine dans la nuit du 29 au 30 septembre 1940.

Jean Pompei s'engage immédiatement dans la Royal Air Force et rejoint quelques pilotes Français au sein de l'Escadrille française libre de chasse n° 2 (Free French Flight n° 2) sous les ordres du capitaine Jacquier. L'unité, rattachée au 274 Squadron de la RAF, pratique surtout des missions d'attaque au sol et de couverture de la flotte alliée.

En mars 1941, avec ses camarades, il s'engage officiellement dans les Forces aériennes françaises libres qui combattent au Moyen-Orient. Avec les FAFL, au sein de l'Escadrille française de chasse n°1 (EFC 1) sous les ordres de James Denis, il effectue de nombreuses missions de chasse en Libye, notamment en attaquant au sol les engins de transport de l'ennemi.

Le 21 mai 1941, au cours d'un combat aérien dans le ciel de Tobrouk contre huit chasseurs ennemis, le sous-lieutenant Pompei abat un appareil qui menaçait son camarade de patrouille, le lieutenant Denis. Pendant l'opération, il est lui-même grièvement blessé à la cuisse droite et obligé de se poser en catastrophe sur les rochers de la côte. Il est alors porté disparu et considéré comme mort (une messe fut même dite à sa mémoire à Ismaïlia).

Recueilli, soigné et caché par des Senoussis dans un camp bédouin, il rejoint un mois plus tard les lignes alliées après avoir parcouru plusieurs centaines de kilomètres à l'intérieur d'un territoire contrôlé par l'ennemi.

Appelé à Londres pour rejoindre le général de Gaulle, le lieutenant Pompei est nommé directeur du commissaire national à l'Air, le général Valin, le 1er novembre 1941.

Le 14 novembre 1941, le le général de Gaulle lui remet la Croix de la Libération et lui dit qu'il entend par ce geste honorer en même temps ses camarades du Moyen-Orient.

Capitaine en mars 1942, il est nommé, au mois de décembre suivant, secrétaire de la commission Débarquement à Londres puis à Alger.

En septembre 1943 à Alger, il intègre le commissariat national à l'Intérieur avant d'être nommé préfet d'Oran le 1er juin 1944 et de terminer la guerre à ce poste.

Inspecteur général des services administratifs d'Algérie en avril 1947, il choisit, quatre mois plus tard, de se mettre en disponibilité pour rejoindre le Rassemblement du Peuple Français (RPF) du général de Gaulle. Il est membre du conseil exécutif puis directeur du Bureau politique du RPF.

A partir de 1953, il exerce différentes fonctions dans l'industrie, notamment comme Président des Houillères du sud Oranais (1959-1962).

Préfet hors cadre, il est membre du Conseil économique et social à partir de 1962.

Jean Pompei est décédé le 28 juin 1972 à Paris. Ses obsèques se sont déroulées en l'Eglise Saint-Louis des Invalides. Il a été inhumé à Bernon dans l'Aube.

• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 23 juin 1941
• Croix de Guerre 39/45 (4 citations)
• Médaille des Evadés
• Médaille Coloniale avec agrafe "Libye"

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