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Noël Palaud
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Noël Palaud

BCRA
DGER

Alias: "Artilleur"

Noël Palaud est né le 24 décembre 1909 à Coulounieix Chamiers en Dordogne.

Militaire de carrière, il est adjudant et chef de section à la 5e Compagnie du 5e Régiment d'infanterie pendant la campagne de France au cours de laquelle il se distingue à plusieurs reprises. Ainsi, le 24 mai 1940, dans l'Aisne, il abat de sa main un avion au fusil-mitrailleur quelques jours après avoir ramené avec sa section 14 prisonniers allemands.

Toujours dans l'Aisne, le 8 juin 1940, il détruit à lui tout seul quatre chars allemands avec un canon de 25 mm et en immobilise un cinquième à l'aide d'une grenade. Blessé par balle à deux reprises, l'adjudant Palaud perd connaissance sur le champ de bataille. Lorsqu'il revient à lui, il se trouve prisonnier avec les survivants de sa section.

Dirigé sur l'Allemagne, il est conduit au camp de Sulbach-Rosenberg en Tchécoslovaquie d'où il parvient à s'évader à sa troisième tentative. Rentré en France après avoir parcouru près de 2 000 kilomètres en pays ennemi, il est affecté au 26e Régiment d'infanterie, le 7 juillet 1941.

Désirant absolument poursuivre le combat, il tente de rejoindre les Forces françaises libres, en décembre 1942, en passant la frontière des Pyrénées. Arrêté en Espagne, il y subit une détention de trois mois à Pampelune. Il s’évade et, via Madrid, Séville puis Lisbonne, arrive finalement à Londres en avril 1943. Engagé dans les FFL et affecté au Bureau central de renseignements et d’Action (BCRA), il se porte volontaire pour une mission spéciale en territoire occupé et suit les stages d’instruction des agents britanniques.

Instructeur de sabotage, et désigné comme adjoint d'André Rondenay, chef du plan "Tortue", visant à neutraliser les "Panzer Divisionnen" le jour "J", il est déposé avec lui par une opération Lysander  dans la région de Tours le 12 septembre 1943. Dès lors, il se dépense sans compter pour organiser l'infrastructure du dispositif, parcourant sans cesse toute la zone nord pour recruter et entraîner des équipes spécialisées.

En janvier 1944, André Rondenay remplace André Boulloche, Délégué militaire de la Région de Paris, qui vient d'être arrêté. Noël Palaud se voit dès lors chargé, en plus de ses fonctions normales, de l'organisation paramilitaire des groupes de résistance de cette région. Il prend part à de nombreux sabotages demandés par le haut commandement interallié et notamment, à l'attaque dans l'Orne d'un dépôt au cours de laquelle 12 Allemands sont tués.

Le 21 mars 1944, le commandant Palaud est arrêté par la Gestapo à Paris ; interné à Fresnes, il est torturé mais ne parle pas. Transféré à Compiègne le 9 juin 1944, il est déporté le 18 juin en Allemagne, au camp de Dachau. Transféré rapidement au kommando d’Allach, il participe à la résistance et parvient à sauver d'une mort certaine de nombreux déportés.

Libéré par l'avancée des troupes alliées en avril 1945, Noël Palaud reprend après la guerre sa carrière militaire.

Il participe à la guerre d'Indochine avant d'être affecté au Centre de sélection n°1 au Fort de Vincennes comme commandant en second. Promu au grade de colonel en janvier 1964, il prend sa retraite en octobre de la même année.

Noël Palaud est décédé le 5 août 1985 à l'hôpital de Bordeaux. Il a été inhumé en Dordogne, à Peyzac-le-Moustier.


• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 19 octobre 1945
• Médaille Militaire
• Croix de Guerre 39/45 (8 citations)
• Croix de Guerre des TOE (3 citations)
• Médaille de la Résistance avec rosette
• King's Medal for Courage (GB)

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