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Jean Mufraggi
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Jean Mufraggi

Bataillon de Marche n°2

Jean Mufraggi est né le 12 novembre 1914 à Azzana, en Corse. Son père est adjudant-chef de gendarmerie.

Après des études militaires à l'école Saint Hippolyte du Fort et à Autun, il s'engage au 23e Régiment d'infanterie coloniale (23e RIC), le 17 janvier 1933. Il sert au Maroc en 1935, puis séjourne en AEF en mars 1939.

Sergent-chef, il est chef de section à la 2e Compagnie du BTO au poste militaire de Berberati à la frontière de l'Oubangui et du Cameroun en 1940.

Ayant pris connaissance de l'appel du général de Gaulle par voie de presse, il contribue activement, en août 1940, au ralliement de l'ouest de la colonie à la France libre : il fait partie du groupe mobile Bouar-Berberati chargé d'appuyer l'action du capitaine de Roux auprès du commandement militaire de l'Oubangui, partisan de la capitulation.

Dès la formation du Bataillon de Marche n°2 de l'AEF, sa connaissance du pays et ses qualités d'instructeur en font la cheville ouvrière de la 5ème Compagnie et il prend part à toutes les campagnes du Moyen Orient en 1941 et 1942.

Blessé par balle en Syrie le 15 juin 1941 et de nouveau le lendemain au cours de son évacuation, il suit le cours des aspirants de Damas.

Promu aspirant en octobre 1941, il rejoint le BM 2 et se distingue en Libye. Chef de section, adjoint au commandant de la 5e Compagnie, il est spécialisé dans les patrouilles de nuit et rapporte de précieux renseignements de l'intérieur des lignes ennemies.

A Bir-Hakeim, du 27 mai au 11 juin, sa section fait la liaison à droite avec le 2ème bataillon de Légion. Sa brillante conduite lui vaut une citation à l'ordre du corps d'armée : il repousse toutes les attaques sans céder de terrain, détruit un char de la division italienne Ariette et plusieurs blindés. Il est, pour cette nouvelle action, cité à l'ordre de la division.

Appelé plusieurs fois au commandement de sa compagnie, il contribue à la réorganisation de l'unité en Afrique et donne une impulsion énergique à l'instruction et à l'entraînement ; il maintient la cohésion et l'allant malgré des conditions de vie et de commandement souvent difficiles.

Au mois de janvier 1945 le BM 2 est en France sur le front de l'Atlantique.

Aux avants postes devant Trignac et Musson (Charente-Maritime), en février et mars 1945, le lieutenant Mufraggi effectue plusieurs patrouilles de reconnaissance de nuit dangereuses, permettant de préciser les détails de l'organisation ennemie. Pendant les combats de libération de Royan il conduit l'attaque, le 15 avril 1945, à une allure record malgré la violente réaction des défenseurs allemands. Après avoir enlevé à l'abordage le centre de résistance de Boube, il donne ensuite l'assaut aux moulins de Didonne. Sa résolution et son audace permettent aux chefs de bataillon de jeter l'unité dans Didonne avant même que l'ennemi ne soit ressaisi.

Jean Mufraggi prend alors le commandement de la compagnie, son chef étant grièvement blessé. Il mène donc l'attaque du point fortifié d'Enlias, à la sortie ouest de Didonne, sur la route de Royan et fait avancer l'unité le long de la route minée malgré la violence du feu adverse. La progression sur 300 mètres dure 4 heures mais le lieutenant Mufraggi perce enfin. Dans les faubourgs de Royan, il s'empare d'un dernier blockhaus, permettant ainsi au bataillon d'arriver le premier aux abords de la ville.

Il combat encore, du 30 avril au 7 mai 1945, sur le front de la Rochelle, à la tête de sa compagnie harcelant l'ennemi et faisant des prisonniers.

Jean Mufraggi est affecté en 1946 au 8e RTS qui succède au BM 2 avant de combattre ensuite en Indochine, de 1948 à 1950.

Il quitte l'armée en 1955 avec le grade de capitaine. Jean Mufraggi est décédé le 19 novembre 2009 à Bordeaux. Il est inhumé à Louchats en Gironde.


• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945
• Croix de Guerre 1939-1945
• Médaille de la Résistance
• Médaille Coloniale avec agrafes "Libye" , "Bir-Hakeim"
• Silver Star (USA)

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