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Albert Litas
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Albert Litas

2ème GTM
60ème Goum

Albert Litas est né le 20 décembre 1905 à Aubréville (Meuse).

Entré à l'Ecole normale d'instituteurs de Melun, il en sort en 1924.

Devançant l'appel, il suit pendant six mois les cours de Saint-Cyr et est promu sous-lieutenant ; après un court séjour en Allemagne il rejoint le Maroc avec le 64e Régiment de Tirailleurs.

Blessé par balle pendant la campagne du Rif au Maroc en 1925, il n'accepte de se faire évacuer qu'une fois disparu le danger d'une contre-attaque ennemie.

Séduit par le Maroc, il y retourne après son service militaire en 1928 comme instituteur pendant trois ans à Taroudant.

Diplômé de langue berbère et d'arabe, Albert Litas est nommé à Port-Lyautey en 1932 avant de prendre, un an plus tard, la direction de l'école berbère d'Aïn-Leuh.

Mobilisé en mars 1940 au 141e Goum, il est démobilisé en août et reprend ses activités civiles. Resté huit années à la tête de l'école d'Aïn-Leuh, Albert Litas est nommé, en octobre 1941, directeur de l'école musulmane et de la ferme école de Béni-Mellal où ses talents de pédagogue sont reconnus par tous.

Au lendemain du débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942, alors qu'il est père de quatre enfants, il se porte volontaire pour servir dans les goums et refuse l'affectation spéciale qu'on demande pour lui afin de rester au 60e Goum du 2e Groupe de Tabors Marocains.

Quelques mois plus tard, le capitaine Litas est engagé ans la bataille de Tunisie. Le 22 mars 1943, dans la région du Djebel Abiod, il conduit personnellement une patrouille de 14 goumiers et attaque par surprise un poste ennemi, capturant un lieutenant italien et 13 autres prisonniers.

De même, lors de l'attaque du Kef El Kébir, le 28 mars 1943, il dirige son unité au cœur même de la position ennemie, contribuant largement à la destruction d'un bataillon italien, à la capture de nombreux prisonniers et d'un matériel considérable.

Le 9 avril 1943, sous ses ordres, son unité, le 60e Goum du 2e Groupe de Tabors Marocains, s'empare au Djebel Ousselat, de la côte 659 tenue par deux compagnies ennemies, déterminant la chute de la partie sud du djebel et faisant de nombreux prisonniers. Le 60e Goum est, pour ce coup d'éclat, cité à l'ordre de l'armée.

Le 12 mai 1943, ayant su que des éléments italiens résistaient encore dans le Djebel Zriba, Albert Litas se porte, de sa propre initiative, à leur rencontre avec une sélection de goumiers, sans se soucier des tirs dont ils sont la cible. Il négocie ainsi la reddition d'un bataillon en déroute comprenant un lieutenant colonel, son Etat-major et 250 hommes.

Promu capitaine, il se distingue ensuite en Corse où, quelques mois plus tard, le 1er octobre 1943, lors d'une progression vers une position ennemie, le 60e Goum est surpris par un brusque lever de brouillard, Albert Litas réussit alors à conserver la cohésion de son unité, et à la replier en sécurité sur une position déjà occupée par des éléments amis. Trois jours plus tard, alors que son unité est en deuxième ligne, il n'hésite pas à se porter en avant, dans une zone encore battue par le feu de l'artillerie ennemie, pour ramener les corps de ses hommes morts lors des combats ; il ne rentre, la nuit venue, qu'après les avoir tous retrouvés et rassemblés.

Sur l'Ile d'Elbe, le 18 juin 1944, il reçoit la mission de s'emparer d'une batterie ennemie située vers l'extrémité nord de l'île, dont l'ennemi tient encore solidement le centre. Il s'infiltre sur les arrières des positions ennemies, capturant 47 Allemands sur le solide point d'appui de Monte Puccio, et réussi à continuer sur l'objectif à l'insu de l'ennemi. Il tombe alors à l'improviste sur la batterie et la neutralise. Il s'empare enfin de la position visée, faisant 130 nouveaux prisonniers et capturant un matériel considérable.

Toujours plein de fougue, élément fédérateur de son unité, maintenant intégrée dans les rangs de la 1ère Armée Française du général de Lattre de Tassigny, il entre dans la campagne de Provence. Le 21 août 1944, à l'est d'Aubagne, lors d'un combat âpre et meurtrier Albert Litas est blessé à la face. Il refuse alors d'être évacué et poursuit le combat. Mais, frappé une seconde fois, aux jambes, il succombe à ses blessures, le 25 août 1944.

Albert Litas repose à la nécropole militaire de Boulouris, à Saint Raphaël (Var)


• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 20 novembre 1944
• Croix de Guerre 39/45 (5 citations)
• Croix de Guerre des TOE (1 citation)

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