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Jacques Baumel
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Jacques Baumel

Combat
MLN
MUR

Alias : Saint-Just – Berneix - Rossini

Fils de médecin, Jacques Baumel est né le 6 mars 1918 à Marseille.

Après des études au lycée Thiers, il entre à la faculté de médecine de Marseille. C'est alors qu'il est mobilisé, à la déclaration de guerre, en qualité de médecin lieutenant auxiliaire. Il est affecté successivement à Montpellier et Toulon puis, après l'armistice, à un régiment de chasseurs près de Cannes.

Jacques Baumel essaie de rejoindre Londres au cours de l'été 1940 et se fait engager comme médecin intérimaire de bord sur une compagnie maritime ce qui lui permet de gagner Alger. Ne trouvant pas de filière d'évasion, il rentre en France et décide d'y rester et d'agir sur place.

Démobilisé début 1941, il reprend ses études de médecine à l'Hôpital.

Il fait la rencontre de Maurice Chevance (Bertin), et de Henri Frenay, chef du Mouvement de libération nationale (MLN), futur mouvement Combat.

Chargé de la diffusion du journal Vérités pour Marseille, il participe à la réunion constitutive de Combat pour la région R2 (Hautes-Alpes, Alpes de Haute Provence, Alpes-Maritimes, Bouches du Rhône, Gard et Vaucluse). Il est alors chargé de la branche ROP (Recrutement, Organisation, Propagande) pour la région sud-est aux côtés du responsable militaire Henri Aubry, avec Bertin comme chef de région et entre au Comité directeur de "Combat".

Se couvrant de ses fonctions médicales, il multiplie les contacts avec les groupes Combat de Nice, de Toulon, d'Avignon, des Hautes Alpes et Basses Alpes ; il assiste, entre autres, à une réunion générale des responsables de toutes les régions de zone sud, à Yenne en Savoie, convoquée pour coordonner l'action de Combat sur la zone sud.

Au moment de l'occupation totale de la zone sud, Jacques Baumel est désigné comme secrétaire politique de Combat et, comme tel, est chargé des questions civiles et administratives. A ce titre, il voyage constamment pour rencontrer les responsables de Combat, pressentis pour de futurs postes administratifs.

Début 1943, au moment de la constitution des Mouvements unis de Résistance (MUR), fusion de Combat, Libération et Franc-Tireur, il est désigné comme secrétaire général des MUR et est chargé de mettre à exécution les décisions du Comité directeur qui se réunit clandestinement deux fois par semaine.

Il a également la responsabilité de superviser les services généraux du Mouvement, c'est-à-dire, le service trésorier, le service social, le service “ faux-papiers ” et les liaisons, ce qui l'amène à prendre des contacts étroits avec la délégation zone sud du Comité de Londres et notamment avec Max (Jean Moulin) et Pierre Lambert.

En août 1943, les MUR s'installant à Paris, il est désigné comme secrétaire du Comité directeur et chargé plus spécialement des contacts politiques avec les autres mouvements de Résistance et la Délégation générale, ce qui l'amène à multiplier ses rendez-vous avec différentes personnalités du monde politique et résistant.

A l'automne 1943, il est désigné par le délégué du CFLN, Jacques Bingen, au poste de secrétaire du Comité central des Mouvements de Résistance, en remplacement du titulaire récemment arrêté.

Jacques Baumel crée alors un service de coordination et de liaison avec quelques collaborateurs, service chargé des relations entre les Mouvements de Résistance nord et sud et les Commissions spécialisées du Comité central, c'est-à-dire, le CAD (Comité Anti-déportation) avec Yves Farge, la Commission Service de santé avec le professeur Vallery-Radot, la Commission Ravitaillement avec Minet, la Commission Noyautage des administrations publiques (NAP), etc.

En 1944, il est l'élément de liaison entre le MLN (Mouvement de Libération nationale qui a remplacé les MUR), dont il reste le secrétaire du Comité directeur, et la délégation du gouvernement.

Quelques semaines avant le débarquement, Jacques Baumel est chargé d'accompagner l'exécutif zone sud du MLN en vue de mettre en état cette zone en cas de débarquement par le sud. Il parcourt alors les diverses villes de zone sud (Toulouse) avec Pascal Copeau et Marcel Degliame (Fouché), puis, au moment de l'arrestation de Reclus (Jacques Bingen), délégué général, à la mi-mai 1944, il est chargé provisoirement de la délégation zone sud avec Pierre Lambert.

Après la désignation par Londres du nouveau délégué général, Jacques Maillet, Jacques Baumel reste à Lyon jusqu'au débarquement en Provence du mois d'août 1944 pour assurer la liaison entre les mouvements de Résistance et la délégation. Il passe ensuite dans la zone contrôlée par le maquis et accompagne le délégué du gouvernement, Claude Serreulles à Clermont et à Limoges récemment libérées.

Il gagne Paris au début septembre pour prendre le secrétariat du MLN. Nommé au Comité directeur du MLN, il est désigné comme secrétaire général le 13 novembre 1944.

Après la libération, Jacques Baumel entreprend une carrière politique. Membre de l'Assemblée consultative provisoire (1944-1945), il est élu député de la Moselle à la première Assemblée nationale constituante en 1945, puis député de la Creuse à la seconde Assemblée nationale constituante en 1946 ; il y préside le groupe UDSR.

Membre du RPF puis secrétaire général adjoint de l'UNR en 1958, Jacques Baumel exerce ensuite les fonctions de secrétaire général de l'UNR-UDT de 1962 à 1967.

Il est sénateur de la Seine (1959-1967), député des Hauts-de-Seine (1967-1969 et 1973-2002) et nommé vice-président du Conseil général en 1967.

Délégué de la France à l'Assemblée du Conseil de l'Europe (1961-1967) Jacques Baumel représente la France au Parlement européen (1968-1969).

De 1969 à 1972, il est secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, Jacques Chaban-Delmas.

Maire de Rueil-Malmaison pendant plus de trente ans (1971-2004), il préside le Conseil général des Hauts de Seine de 1970 à 1973 puis de 1976 à 1982.

Jacques Baumel est décédé le 17 février 2006 à Rueil-Malmaison. Il est inhumé à Fourneville dans le Calvados.


• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 27 décembre 1945
• Croix de Guerre 1939-45
• Médaille de la Résistance

Publications :

, Editions Vaugirard, 1985
La France et sa Défense
, Editions des Forges,1994 (avec JP Pigasse)
, Albin Michel 1999
• De Gaulle, l'exil intérieur, Albin Michel 2001
• La Liberté guidait nos pas, Plon 2004
La Libération de la France, L'Archipel, 2004 (avec François Delpla)
Un tragique malentendu. De Gaulle et l'Algérie, Plon 2006 (avec François Delpla)

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