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Yves Léger
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Yves Léger

BCRA
COPA
Maquis du Mont Mouchet

Alias : « Evêque », « Patrice », Yves Laporte.

Yves Léger est né le 8 janvier 1919, à Pornichet (Loire-Atlantique) dans une famille de cinq enfants. Son père est médecin et maire de Choisy-le-Roi.

Après des études élémentaires à Paris, il passe deux ans à Quimper, avant de poursuivre ses études secondaires à Paris à l’école Massillon et au lycée Charlemagne.

Diplômé de sciences politiques (section diplomatique) et titulaire d’une licence en droit de la faculté de Paris, Yves Léger suit également les cours de l’Ecole orientale (Japonais). Il parle couramment l’Anglais, l’Allemand, l’Arabe. A la fois sportif et amateur de voyages, il fait, en 1938, un tour d’Europe à bicyclette.

Engagé volontairement à la déclaration de guerre comme EOR dans les Chars à Rambouillet, il est ensuite volontaire pour servir dans l’aviation. Après un stage à l’école de l’air à Versailles. Yves Léger est envoyé en stage d’observateur à Rabat (Maroc). Promu aspirant et breveté observateur en avion le 14 août 1940, il sert au service d’écoutes antiallemand au Maroc et est démobilisé en mai 1942.

Rapatrié en France, il reprend ses études tout en essayant de retrouver un poste au SR de l’armée au Maroc. En vain, en raison du débarquement allié en Afrique du Nord. Il prépare son doctorat jusqu’au moment où, au printemps 1943, il est recruté comme adjoint par Alain Grout de Beaufort, chef des opérations aériennes de la région R 6 (Puy-de-Dôme, Allier, Cantal, Haute-Loire et sud du Cher). Yves Léger participe dès lors de nombreux coups de mains, atterrissages et parachutages clandestins.

Appelé à Londres, Yves Léger, alias Patrice, est exfiltré par une opération aérienne depuis le terrain Orion dans le Jura le 18 octobre 1943. En Grande-Bretagne, il suit les stages d’officier des opérations aériennes du Bureau central de renseignements et d’action (BCRA), les services secrets de la France libre.

Le 20 décembre 1943, il est parachuté dans l’Ain et prend ses fonctions de responsable régional de la Section des Atterrissages et des Parachutages (SAP) (qui remplace le COPA) de la région R 6, dont il reçoit le commandement sous le pseudonyme d’Evêque. Il met en place, dans des conditions de sécurité difficiles, un grand nombre de comités de réception.

Son réseau est décimé à partir de mars 1944 et, malgré les risques, il retourne à Clermont-Ferrand, au milieu de ses agents, et parvient à faire évader son beau-frère prisonnier de la Milice à Vichy. Depuis son poste de commandement de Moulergue (Haute-Loire), il poursuit inlassablement ses activités : parachutages, renseignements vers les services de Londres, et surtout ravitaillement en armes et munitions du maquis du Mont Mouchet dont les effectifs augmentent.

Le 27 mai 1944, sur une route à proximité du Mont-Mouchet où il a rendez-vous avec Emile Coulaudon (Gaspard), Yves Léger et deux de ses camarades arrêtent un véhicule suspect. Deux hommes en sortent disant chercher le contact avec la résistance tout en montrant papiers d’identité et messages codés. Il s’agit en réalité de deux agents français de la gestapo : Roger Leneuveu, dit Roger le Légionnaire, et son adjoint Demay. Yves Léger et Fernand Dutour montent dans leur véhicule qui tombe en panne à Chastel en Haute-Loire. Apercevant un insigne allemand sur le véhicule, l’un des résistants dégaine son arme et blesse Roger le Légionnaire qui réplique, tuant Léger et Dufour. Le soir même, les deux gestapistes, rattrapés par les maquisards, sont exécutés après leur interrogatoire. Yves Léger, promu au grade de commandant à titre posthume, a été inhumé à Choisy-le-Roi (94).

 

■ Chevalier de la Légion d’Honneur
■ Compagnon de la Libération  -  décret du 28 mai 1945
■ Croix de Guerre avec palme
■ Mentioned in Dispatches (GB)

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