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Roger Lantenois
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Roger Lantenois

EM
4ème Bureau

Roger Lantenois est né le 4 juin 1910 à Brie Comte Robert dans une famille de pharmaciens.

Après de brillantes études secondaires à Rouen, il entre en 1929 à l'Ecole polytechnique et en sort dans le Corps des Ponts et Chaussées après avoir effectué son service militaire au 5e Régiment du Génie.

Sa carrière d'ingénieur débute à Blois en 1934, où il entretient routes et ouvrages d'art, puis au laboratoire des Bâtiments à Paris. En 1936, il part pour l'Afrique Equatoriale française, à la Direction générale des Travaux publics pour s'occuper de l'équipement fluvial, routier et ferroviaire.

C'est à Brazzaville qu'il entend l'Appel du général de Gaulle et, après le ralliement du Congo à la France libre le 28 août, il se porte avec enthousiasme volontaire pour les Forces françaises libres.

Maintenu sur place par le général de Larminat à la direction du 4e Bureau, le lieutenant Lantenois organise la mobilisation sur l'ensemble du territoire et c'est là que Leclerc fera sa connaissance et n'aura de cesse qu'il vienne le rejoindre au Tchad.

Lantenois rejoint Fort-Lamy fin 1941 et devient chef du 4e Bureau de la Colonne Leclerc avec le grade de capitaine.

En février 1942, Leclerc lance une opération de va-et-vient sur le Fezzan. Lantenois, depuis les bases de Faya Largeau prépare et installe des dépôts cachés.

Trois colonnes, par trois itinéraires différents, arpentent le massif du Tibesti avec pour mission de "faire à l'ennemi le plus de dégâts possibles". Cette campagne est une succession d'attaques, de combats de rencontre, de destructions, partout à la fois. Après la prise de Mourzouk, et la cérémonie du 11 janvier 1943, où les combattants français libres rendent les honneurs sur la tombe de Colonna d'Ornano, on peut dire que la conquête du Fezzan est achevée et l'élan est irrésistible pour atteindre la Méditerranée.

Et ce ne sont plus des exploits mais des acrobaties qu'il faut réussir pour coordonner les actions étalées sur 2 000 kilomètres et alimenter en essence 800 camions échelonnés sur cette distance, roulant jour et nuit au rythme de cette fantastique campagne.

Mais la guerre continue et c'est bientôt sur les champs de bataille européens que se poursuit la lutte.

Lantenois continue à exercer ses fonctions comme chef du 4e Bureau avec 4 ou 5 officiers adjoints. Peu à peu, les hommes sont équipés de neuf, les véhicules atteignent le nombre de 4 000, la poignée d'hommes du désert est devenue la légendaire 2e DB (Division blindée).

Grâce à ce Polytechnicien souriant, méthodique, bien organisé, sachant exécuter les consignes du général tout en appliquant ses propres barèmes avec fermeté, grâce à sa constante surveillance des consommations d'essence et de matériel, grâce à sa vigilance et à son savoir-faire, la 2e DB ne manque de rien. Du débarquement de Normandie à la prise d'Alençon, à la Libération de Paris, à la bataille de Strasbourg et jusqu'à la ruée sur l'Allemagne il assure la logistique de la Division.

Le rôle décisif de Roger Lantenois se résume dans la phrase du général Leclerc : "Sans lui, sans son action, nous n'aurions jamais parcouru ce long chemin du Tchad à Berchtesgaden".

Le général de Gaulle, en reconnaissance de ces exceptionnels mérites, le fait Compagnon de la Libération par décret du 24 mars 1945. Roger Lantenois termine la guerre au grade de chef de bataillon.

De 1945 à 1946, il reste à l'Etat-major général de la Défense nationale à Paris où il prépare la logistique du Corps expéditionnaire en Indochine, puis il étudie le plan d'aménagement économique, urbain et stratégique de la presqu'île du Cap Vert.

En 1946, il repart pour l'Afrique, à Dakar, où, comme chef de service, il surveille les travaux nécessaires à l'aménagement du grand Dakar.

De 1948 à 1956, il est directeur général des Travaux publics de l'Afrique occidentale française, puis inspecteur général des Travaux publics de la France d'Outre-Mer et enfin Président du Bureau central d'Equipement pour les territoires d'Outre-mer.

A sa demande, en mars 1956, Roger Lantenois est relevé de ses fonctions au Ministère de la France d'Outre-Mer pour entrer à la Compagnie Pechiney.

En 1957, à la tête d'une branche de la Société, la FRIA, il présidera à la construction puis à l'exploitation d'une usine d'alumine de 480 000 tonnes en Guinée.

De retour en France en 1963, il réalise le Centre de Recherches de Voreppe, de la conception des programmes à la réalisation des travaux.

Promu Directeur de la Compagnie Pechiney en 1966, il coiffe l'organisation et la gestion du groupe jusqu'à son départ en retraite en 1971.

Roger Lantenois est décédé à Paris le 8 janvier 1986. Il a été inhumé à Amillis en Seine-et-Marne.


• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 24 mars 1945
• Commandeur de l'Ordre National du Mérite
• Croix de Guerre 1939-45 (1 citation)
• Médaille Coloniale avec agrafes "Fezzan", "Tripolitaine"
• Presidential Unit Citation (USA)
• Officier de l'Etoile Noire (Bénin)

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