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Yves Jullian
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Yves Jullian

13ème Demi Brigade de Légion Etrangère

Fils de fonctionnaire, Yves Jullian est né le 19 juillet 1918 à Marseille.

En 1936, à 17 ans, après un double baccalauréat lettres et mathématiques, il part en Espagne rejoindre les troupes révolutionnaires, mais en revient rapidement désillusionné.

Licencié ès-sciences en 1938, il est ingénieur diplômé de l'Ecole nationale supérieure de Géologie appliquée et de prospection minière de Nancy en 1939.

Déclaré inapte au service militaire à la suite d'une poliomyélite infantile, Yves Jullian commence sa carrière dans la prospection aurifère en AEF, au Cameroun, où il apprend la chute de Paris en juin 1940.

Il cherche alors à partir pour continuer le combat au Nigeria, colonie britannique. Finalement il rejoint Yaoundé au lendemain du ralliement du Cameroun à la France libre. Engagé comme simple soldat à la 13e Demi-Brigade de Légion Etrangère (13e DBLE) en septembre 1940, il est blessé en Erythrée en mars 1941 lors des combats de Keren.

Sa brillante conduite au feu le fait désigner, après la campagne de Syrie à laquelle il prend part en juin 1941, pour le cours des élèves officiers de Damas.

Il est promu aspirant le 25 octobre 1941 et rejoint, en qualité de chef de section, la 2e Compagnie du 1er Bataillon de Légion Etrangère de la 13e DBLE. Engagé dans la campagne de Libye contre les troupes de l'Afrika Korps, il combat à El Alamein en octobre 1942, dans les difficiles combats de l'Himeimat.

Promu au grade de sous-lieutenant le 25 mars 1943, Yves Jullian prend part à la campagne de Tunisie pendant laquelle il se distingue particulièrement le 9 mai 1943, au Djebel Garci, en faisant avec sa patrouille 14 prisonniers allemands ; malgré un accrochage sérieux, il parvient à ramener tous les prisonniers dans les lignes françaises sans subir aucune perte.

Un an plus tard en Italie, il s'illustre à nouveau au combat le 15 juin 1944 lors de la prise du château de Radicofani où il repousse une contre-attaque sur l'objectif qu'il vient de conquérir ; il est blessé le même jour, en portant secours à un officier mortellement atteint. Après un mois de soins hospitaliers en Italie, il rejoint son unité pour prendre part au débarquement en Provence à la mi-août 1944 et à la libération d'Hyères.

D'août à novembre 1944 pendant la campagne de France, il est officier de liaison du 1er BLE et montre une activité inlassable, se portant volontaire pour toutes les missions dangereuses. Il combat dans les Vosges puis en Alsace, notamment au Ballon d'Alsace, le 23 novembre 1944.

Promu lieutenant le 25 décembre 1944, Yves Jullian est grièvement blessé une troisième fois lors de la campagne d'Alsace après les combats d'Illhausern, le 27 janvier 1945, au cours de l'attaque de Grussenheim en entraînant sa compagnie à l'assaut.

Il termine la guerre à l'hôpital en France puis en Tunisie.

Démobilisé en octobre 1945, il reprend des études et obtient en 1948 son diplôme d'ingénieur de l'Ecole nationale supérieure du pétrole et des moteurs à Paris. Il exerce ensuite comme ingénieur dans la recherche de pétrole à Montpellier puis à Paris. En 1954, il découvre le premier gisement pétrolier à Chailly en Bière.

Ingénieur conseil à Genarep (1958-1960) et directeur d'exploitation chez Omnirex de 1958 à 1961, il est nommé PDG de la société de recherches géophysiques Independex SA de 1961 à 1964. Il exerce ensuite dans une société d'état algérienne de recherche minière et pétrolière. De 1969 à 1973 il est à Tripoli (Libye) pour le compte d'ELF Aquitaine, puis il travaille comme ingénieur conseil indépendant jusqu'en 1978.

Membre de plusieurs sociétés et associations internationales de Géologie, il prend sa retraite en Dordogne.

Yves Jullian est décédé le 21 septembre 1983 à Saint-Jean d'Ataux en Dordogne. Il est inhumé à Nîmes.

• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 29 décembre 1944
• Croix de Guerre 39-45 (5 citations)
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Military Cross (GB)

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