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Germain Jousse
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Germain Jousse

EMPGDG
Résistance Algérie
DGER

Germain Jousse est né le 20 novembre 1895 à Coulaines dans la Sarthe.

En 1914 il est admis dans une école d'aspirants d'Infanterie ; affecté au 67e RI, il est envoyé au front en avril 1915 avec le grade d'aspirant chef de section.

Promu sous-lieutenant en juin 1915, il occupe les fonctions de commandant de compagnie à partir du mois de juin 1916.

En novembre de la même année il reçoit ses galons de lieutenant. Blessé par grenade à Saint-Dié, le 5 novembre 1917, il rejoint son unité après un mois d'hospitalisation et après avoir refusé toute convalescence.

Promu capitaine en avril 1918, il est décoré de la Légion d'Honneur sur le champ de bataille pour faits d'armes, en septembre 1918, pour avoir enlevé la position de Celles-sur-Aisne, anéanti une compagnie ennemie et capturé de nombreux prisonniers et un important matériel.

En 1919, il est envoyé, avec le 412e RI, en Turquie où il combat contre les Kémalistes. Blessé le 7 mai 1920, il est fait prisonnier après de durs combats et ne rentre en France qu'en 1922.

Muté d'abord au 39e RI, il est admis en 1925 à l'Ecole supérieure de guerre (47e promotion).

De 1927 à 1930, il sert à l'Etat-major d'Alger puis à l'Etat-major de l'Inspection générale des troupes d'Afrique du Nord.

En 1935, il est promu chef de bataillon puis muté, l'année suivante, au 9e Régiment de Zouaves en Kabylie jusqu'en 1938.

Ensuite, il sert au 1er Bureau de l'Etat-major de l'Armée puis, en août 1939, rejoint son poste de chef du 3e Bureau de l'Etat-major du commandant en chef du théâtre d'opérations de l'Afrique du Nord.

En juin 1940, il propose en vain diverses solutions tactiques au Haut commandement dans le but de continuer la lutte contre l'Allemagne. Il est muté à l'Etat-major du 19e corps d'armée d'Alger en qualité de chef du 3e Bureau. Refusant la défaite, il passe à l'action clandestine et, avec ses collègues, le commandant Faye de l'état-major de l'Air du réseau Alliance et le capitaine Beaufre du cabinet du gouverneur, il fournit des informations aux Américains. Il échappe de peu à l'arrestation en mai 1941 lors d'une réunion du réseau Alliance.

Promu au grade de lieutenant-colonel en septembre 1941, il n'en continue pas moins de travailler pour la Résistance en établissant des notes fixant les bases d'un débarquement allié en Afrique du Nord. En disgrâce, il est envoyé en Tunisie en mars 1942 pour de régler les transports de ravitaillement à destination de l'armée Rommel ; il en profite pour fournir des renseignements aux services alliés tout en s'efforçant de ralentir et d'entraver les transports terrestres de transit pour l'armée allemande.

A partir de juin 1942, il est de retour à Alger comme major de la garnison et prépare activement l'insurrection de la ville, mettant au point le plan d'action et devenant le conseiller militaire des responsables de la Résistance algéroise comme José Aboulker et Henri d'Astier de la Vigerie. Il prend part aux conversations de Cherchell le 23 octobre avec l'envoyé d'Eisenhower, le général Clark et fait stocker des armes et distribuer des brassards. Le 8 novembre 1942, il prend en main l'exécution elle-même, alors que débarquent les Américains. Il réunit les chefs de groupes que commande José Aboulker et procède personnellement à l'arrestation du général Koeltz, commandant le corps d'armée d'Alger ; il se porte sur la ligne de combat et fait cesser le feu du bataillon qui couvre les faubourgs d'Alger en direction de Sidi Ferruch où se trouve le gros des troupes américaines.

Il prend part ensuite à la campagne de Tunisie au sein de l'Etat-major britannique de novembre 1942 à mars 1943. En avril, il est nommé chef d'Etat-major du général Catroux à Alger. Ensuite, de juin à juillet 1943, promu colonel, il est sous-chef de l'Etat-major du général de Gaulle à Alger.

Il est ensuite affecté à la Direction générale des études et recherche (DGER) où il prend la direction du service de la Documentation.

En 1944, il est nommé membre du Conseil de l'Ordre de la Libération et reçoit ses étoiles de général de brigade.

En juin 1946, il est promu général de division et adjoint au général Koenig, commandant les troupes d'occupation en Allemagne.

En 1950, il commande la 5e Région militaire à Toulon.

En juillet 1952, il est promu au grade de général de corps d'armée.

En 1955 il est commandant de la 2e Zone de Défense ; la même année il est versé dans le cadre de réserve (2e section).

Germain Jousse est, d'autre part, Président de l'Association de la Libération française du 8 novembre 1942.

Germain Jousse est décédé le 21 mars 1988 à Monblanc dans le Gers. Il a été inhumé au Mans dans la Sarthe.

• Grand Croix de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 30 octobre 1943
• Croix de Guerre 14/18 (9 citations)
• Croix de Guerre 39/45
• Croix de Guerre des TOE
• Médaille Commémorative de la Grande Guerre
• Médaille de la Victoire (dite Interalliée)
• Officier de la Légion of Merit (USA)
• Grand Officier du Nicham Iftikar (Tunisie)
• Commandeur du Ouissam Alaouite (Maroc)

Publications :

Considérations sur l'Armée de demain, Paris 1946
L'Armée Nationale, Paris 1947

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