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Félix Jaquemet
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Félix Jaquemet

Coastal Command
SR Air
Groupe Lafayette
Groupe Berry

Alias : Jacky Forestier.

Félix Jaquemet est né le 6 avril 1915 à Bordeaux. Son père, rédacteur au ministère des Finances, est mort pour la France le 11 juillet 1915.

Licencié en droit, il effectue une préparation militaire supérieure en 1935-1936 avant d'obtenir son brevet de pilote à Angers, le 1er septembre 1937.

Il effectue un stage d'élève officier de réserve et est observateur à l'école d'Arvord d'octobre 1937 à mars 1938.

Aspirant en avril 1938, Félix Jaquemet est affecté à la 8e Escadre de chasse où il est promu sous-lieutenant en octobre 1938.

A partir de 1939, il sert au Groupe de chasse II/8, participe à la campagne de France et est cité à l'ordre de l'armée aérienne en mai 1940.

Démobilisé à la fin du mois d'août 1940, à Marignane, Félix Jaquemet cherche à joindre le général de Gaulle.

Il est alors contacté par un officier de l'ex-service de renseignements Air (SR Air) qui le présente au capitaine Georges Henri, chef de poste de contre-espionnage à Marseille. Jaquemet se retire à Bordeaux avec une mission de contre-espionnage et est rattaché au poste "Travaux Ruraux" de Toulouse.

A partir d'octobre 1940, il est chargé de créer, dans cette région, un réseau de contre-espionnage rattaché au capitaine Paul Paillole : personnes à contacter, à acheter ou à convaincre, fabrication de faux papiers, recherches de moyens de passage en zone libre, tout cela en se cachant des Allemands et de la police Française. Il dirige ce réseau jusqu'en 1943 sous le pseudonyme de Jacky Forestier.

Fin mars 1942, il est arrêté sur la ligne de démarcation ; réussissant à avaler un papier compromettant, il s'en sort avec une simple amende pour franchissement de la zone de démarcation sans autorisation.

En juin 1942, à la suite de l'arrestation d'un réseau voisin, Félix Jaquemet gagne la zone sud, mais, ayant eu communication du dossier d'accusation il estime que sa comparution est la seule chance d'un non-lieu pour les inculpés. Après avoir pu communiquer avec eux, il retourne en zone nord, échappe à trois arrestations, se fait "convoquer" et est relâché après six heures d'interrogatoire. Les inculpés sont libérés le lendemain. Il prend également de gros risques pour faire libérer un de ses amis arrêté par la Gestapo.

Fin février 1943, plusieurs arrestations compromettent dangereusement sa sécurité ; il traverse donc les Pyrénées et parvient, après un internement de plusieurs semaines dans les prisons espagnoles, à Casablanca à la mi-mai 1943 ; il demande alors à reprendre sa place dans l'aviation de chasse, est nommé lieutenant puis capitaine pilote.

En juillet 1943 son travail pour la Résistance intérieure lui vaut d'être cité à l'ordre de l'armée.

Affecté au Groupe de Chasse II/5 "Lafayette", au mois d'août 1943, il fait des missions de Coastal Command en Afrique du Nord puis, volontaire pour aller se battre en Angleterre il est affecté au Groupe de Chasse II/2 "Berry" où il vole en missions offensives.

Du mois d'août 1943 au mois d'août 1944 il effectue plus de 170 heures de missions de guerre et est, pour cela, cité à l'ordre de l'aviation de chasse en juillet 1944.

Toujours au sein du même groupe il participe au débarquement de Normandie.

Le 20 décembre 1944, il est grièvement blessé par l'explosion d'une bombe V2 qui détruit la salle des pilotes du groupe sur le terrain d'Anvers.

En avril 1945, remis de ses blessures, il retrouve son unité désormais basée en Allemagne, à Drope.

Le 14 octobre 1945, alors qu'il convoie un Spitfire depuis l'Angleterre vers l'Allemagne, son appareil, en raison du mauvais temps, percute une colline près de Halle ; Félix Jaquemet est tué sur le coup. Il est inhumé au cimetière de la Chartreuse à Bordeaux.


• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945 -
• Croix de Guerre 39-45 (3 citations)

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