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Jacques Guillebon (De)
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Jacques Guillebon (De)

EM
Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad

Jacques de Guillebon est né le 13 octobre 1909 à Lunéville ; son père est officier de cavalerie.

Après des études dans divers établissements religieux à Dôle, Amiens, Lille, Neuilly et Versailles, il entre en 1930 à Polytechnique.

Nommé sous-lieutenant en 1932, il est affecté à l'Ecole d'application d'artillerie de Fontainebleau puis, en août 1934, au 2e Régiment d'artillerie coloniale (2e RAC).

Promu lieutenant en septembre 1934, il est désigné pour partir en Côte française des Somalis où il séjourne d'octobre 1935 à octobre 1937.

Le lieutenant de Guillebon est affecté en Afrique équatoriale française au Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST) à compter de mai 1939.

Il entend l'Appel du 18 juin à Fort-Lamy. Capitaine-adjoint du colonel Marchand, commandant les troupes du Tchad, il participe au ralliement du territoire à la France libre le 26 août 1940. A ce titre, il est condamné à mort et à la dégradation par le Tribunal militaire de Riom pour "atteinte à la sûreté extérieure de l'Etat".

Le RTST, rallié en bloc sur son propre territoire est placé sous les ordres du colonel Leclerc le 3 décembre 1940. Commandant son groupement, Guillebon participe à l'expédition de reconnaissance sur Koufra. Il se distingue lors de la destruction de l'aérodrome près du Fort d'El Tag où, le 7 février 1941, il lance ses voitures et incendie deux avions. Les 18 et 19 février lors du siège de Koufra, il maintient au combat les éléments autos pris sous le feu et règle le tir de mortier, contraignant l'ennemi à la retraite. Il est aux côtés de Leclerc lors de la reddition du Fort le 1er mars 1941.

Jacques de Guillebon est nommé Compagnon de la Libération le 14 juillet 1941.

En février 1942, Leclerc lance une opération de raids sur le Fezzan, les Britanniques ayant renoncé à une attaque massive sur la Tripolitaine. Le détachement Guillebon comportant 66 hommes, 22 véhicules, 1 arme lourde et 1 mortier, 1 élément médical et 11 camions, suit l'itinéraire Bardaï - Yechti - Brach, et se met en route le 22 février. Le 1er mars, il prend le poste de Tmessali, réquisitionne munitions et matériels utilisables et se retire après avoir détruit les installations radio et mis le feu. Il prend ainsi un autre poste ennemi et inflige de sérieuses pertes à un troisième. Le 14 mars tous les éléments qui ont participé à l'opération sont de retour à Zouar.

En avril 1942, il est promu chef d'escadron et nommé au commandement de l'artillerie du Tchad puis, en novembre suivant, nommé chef d'état-major de la Colonne Leclerc. C'est à ce titre qu'il participe à la seconde campagne du Fezzan en décembre 1942-janvier 1943

Chef d'état-major de la Force L (nouvelle appellation de la Colonne Leclerc), il prend part à la campagne de Tunisie au cours de laquelle il est blessé par éclat d'obus, le 24 avril 1943.

Rapatrié en Grande-Bretagne en avril 1944 avec la 2e DB dont il est sous-chef d'Etat-major, il débarque en Normandie le 1er août 1944. Commandant un sous groupement puis un groupement tactique de la 2e DB pendant la campagne de France, il est un des premiers à entrer dans Paris.

Promu lieutenant-colonel le 1er septembre 1944, il se distingue à nouveau particulièrement dans la campagne de Champagne, puis dans les opérations de la Marne à la Meurthe, où pendant deux mois Leclerc va avoir à faire face à un adversaire de taille : Von Manteuffel, commandant la Ve Armée blindée allemande.

Le 19 septembre 1944 Jacques de Guillebon prend Fontenay et Glonville-sur-Meurthe en aval de Baccarat, puis, entre le 31 octobre et le 1er novembre, réussit à libérer neuf villages poussant dans un élan irrésistible ses sous-groupements au-delà même des objectifs désignés, permettant la capture de plus de 300 prisonniers et la prise d'un important matériel.

Baccarat pris, il reste 120 km pour gagner Strasbourg à travers la Lorraine, les Vosges, l'Alsace.

Le gros du groupement de Guillebon force Badonvillers, un difficile débouché vers le Nord, le 16 novembre 1944, et livre le soir même un dur combat à Bréménil. Le lendemain, il prend Petitmont-Val et Châtillon. Le 21 novembre à Cirey, il enfonce la Vor-Vogesen-Stellung et le 23, il va batailler toute la journée aux alentours du pont de Kehl. Avec un bataillon américain, il entre dans Strasbourg par les ponts de l'Ill et obtient à 18 heures la reddition de tous les blockhaus avoisinants.

Il est à nouveau cité pour les derniers combats de libération de l'Alsace où les Allemands, en liaison avec l'offensive des Ardennes, attaquent vers Sarrebourg et Saverne. La Division Leclerc barre la route vers Puttelange et Sarre-Union, reprend Adron et Gros-Rederching, puis va participer avec la 1ère Armée à la libération de Colmar. Le dégel rend les opérations particulièrement difficiles autour d'Obernai et de Molsheim.

Le lieutenant-colonel de Guillebon termine la guerre à Berchtesgaden où, selon les termes de sa citation au grade de commandeur de la Légion d'Honneur, il a "l'honneur et la joie de faire flotter le drapeau français".

Colonel en juin 1945, il part pour l'Indochine le 25 novembre 1945. Il y séjournera jusqu'à fin août 1946.

Attaché militaire à Berne de janvier 1948 à mai 1951, il est l'année suivante auditeur du Centre des hautes études militaires (CHEM).

Nommé commandant de la Subdivision de Gabès et des Territoires sud tunisiens le 6 septembre 1952, Jacques de Guillebon est promu général de brigade le 1er mai 1955 avant de commander l'Ecole polytechnique (1957-1959).

Nommé membre du Conseil de l'Ordre de la Libération en 1958, il est promu général de division le 10 mars 1959 puis, sur sa demande, rayé des contrôles de l'armée le 21 janvier 1960.

Rappelé à l'activité à compter du 15 septembre 1961 le général de Guillebon est nommé commandant de la 5e Région militaire puis promu général de corps d'armée le 1er juillet 1962.

Directeur de l'IHEDN et du CHEM de janvier 1966 à octobre 1969, il prend ensuite sa retraite.

Jacques de Guillebon est décédé à Paris, le 25 février 1985 à l'hôpital du Val-de-Grâce. Il a été inhumé à Essertaux dans la Somme.

  • Grand Officier de la Légion d'Honneur
  • Compagnon de la Libération - décret du 14 juillet 1941
  • Grand Croix de l'Ordre National du Mérite
  • Croix de Guerre 39-45 (10 citations)
  • Croix des TOE (2 citations)
  • Croix de la Valeur Militaire
  • Médaille Coloniale avec agrafes « Côte des Somalis », « Koufra », « Fezzan », « Fezzan-Tripolitaine »
  • Médaille des Blessés
  • Commandeur du Nicham Iftikar (Tunisie)
  • Grand Officier de l'Ordre Royal du Cambodge
  • Grand Officier de l'Etoile d'Anjouan (Comores)

Publications :

Leclerc le Victorieux, 1902-1947, Tours 1954

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