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Jean-Louis Garot
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Jean-Louis Garot

Bataillon de Chasseurs
Groupe de Bombardement « Lorraine »
RAF

Jean-Louis Garot est né le 29 mai 1916 à Alençon dans l'Orne. Son père était employé au ministère de la France d'Outre-mer.

Après des études secondaires au lycée d'Alençon, il entre au Prytanée militaire en 1935 puis à Saint-Cyr en 1936 d'où il sort dans les premiers de sa promotion ("du Soldat inconnu") en 1938 en choisissant l'Infanterie coloniale.

Mis en congé pendant deux ans en raison d'une grave tuberculose, Jean-Louis Garot refuse néanmoins la défaite.

En juin 1940, il s'évade vers l'Angleterre en embarquant seul à Granville sur un bateau de pêche après avoir entendu l'appel du 22 juin du général de Gaulle.

Aux îles Chausey, il organise la traversée vers Jersey puis l'Angleterre d'une vingtaine de jeunes Français, pour la plupart des étudiants, d'une jeune femme et d'un soldat anglais.

Il arrive à Southampton le 26 juin 1940 et s'engage alors dans les Forces françaises libres devenant lieutenant instructeur des élèves officiers au Bataillon de Chasseurs de Camberley.

Après la dissolution, fin 1940, du Bataillon de Chasseurs, il reste instructeur du peloton d'élèves officiers de Camberley.

Ayant toujours voulu être pilote, il obtient de passer dans les Forces aériennes françaises libres. De 1941 à 1943, il est affecté dans des écoles de la Royal Air Force en Angleterre et au Canada et obtient son brevet de pilote de bimoteur en vue de devenir chasseur de nuit.

A son retour en Grande-Bretagne il est désigné d'office pour compléter les équipages du groupe de bombardement "Lorraine" revenu du Moyen Orient. Il montre dès son arrivée une ardeur au combat et un courage exceptionnels. Promu capitaine, il conduit plusieurs fois des formations de 6 avions, réussissant des bombardements précis malgré la DCA ennemie, notamment le 25 novembre 1943, les 22 et 30 décembre 1943, les 9 et 28 février, les 19 et 23 avril 1944.

Le 24 février 1944, conduisant une formation de 12 appareils il mène à bien sa mission malgré un intense barrage d'artillerie de gros calibre par lequel son avion est touché et son navigateur blessé quelques secondes avant de bombarder.

Le capitaine Garot assure le commandement de l'Escadrille "Nancy" du 1er mai au 15 juin 1944, période pendant laquelle l'Escadrille effectue 169 sorties de guerre pour la préparation puis l'exécution du débarquement de Normandie. Ses attaques de nuit menées résolument à basse altitude, en dépit des réactions violentes de l'ennemi, lui créent une réputation d'intrépidité et de cran. Il assure de nouveau le commandement de l'Escadrille "Nancy" de juillet à novembre 1944 en Angleterre et en France. Ses qualités lui valent alors de mener de jour au combat des formations de 24 et 30 avions, notamment les 15 juin, 1er et 11 août 1944.

Il s'illustre encore par la suite en accomplissant avec succès une série de bombardement dont 5 à la tête de formations de 24 appareils. Le 17 septembre 1944 il réussit, malgré un temps très nuageux, à mettre en feu des casernes ennemies à Ede en Hollande, après avoir effectué 5 passages sur l'objectif. Le 6 octobre 1944, il réalise un excellent bombardement sur un dépôt de carburant à Amersfoort (Hollande).

Il totalise 75 missions de reconnaissance en mer, de bombardement et de mitraillage au sol.

En 1945, il est affecté au Staff College de la RAF en Angleterre avant de commander le groupe "Lorraine" de 1945 à 1947 avec le grade de commandant.

En 1947 il est nommé à la direction de la base aérienne d'Agadir avant de devenir chef de la section "Opérations" à l'Etat-major de l'Armée de l'Air.

De 1949 à 1951, Jean-Louis Garot commande la 33e Escadre de reconnaissance et est promu lieutenant-colonel. L'année suivante, il est reçu major de sa promotion à l'Ecole supérieure de Guerre et se voit affecté jusqu'en 1956 comme chef du Bureau Plans de l'Etat-major de la Défense aérienne.

Nommé colonel l'année suivante, il siège au Collège de défense de l'OTAN et, de 1958 à 1960, il est affecté à l'Etat-major du commandement suprême allié en Europe (SHAPE). Il est ensuite directeur de la Sécurité militaire et auditeur au Centre des hautes études militaires et à l'Institut des Hautes études de défense nationale.

De 1961 à 1963, il est commandant de la Zone Sud de la Défense aérienne et promu général de brigade aérienne en 1962.

En 1964 le général Garot est chef d'Etat-major adjoint logistique et administrateur des Forces aériennes alliées Centre-Europe.

Sous-chef d'Etat-major de 1964 à 1966, il est chef de la Division Doctrines et Plans du SHAPE avant de devenir attaché de Défense et de l'Air à Washington (1966-1969) et de recevoir ses étoiles de général de division aérienne en 1967.

De 1969 à 1971, il est inspecteur des Armements nucléaires et promu au grade de général de corps aérien en 1970.

En 1973 Jean-Louis Garot est admis en 2e section des officiers généraux. Il est ensuite pendant deux ans directeur de l'Assistance médicale aérienne à la société Europ Assistance avant de terminer sa carrière, de 1974 à 1982, comme ingénieur juriste à la société des pétroles TOTAL.

Jean-Louis Garot est décédé le 13 avril 1990 à Paris. Il a été inhumé au cimetière du Père Lachaise.

• Grand Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 29 mai 1945
• Croix de Guerre 39/45 (6 citations)
• Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
• Médaille des Evadés
• Médaille de l'Aéronautique
• Distinguished Flying Cross (GB)
• Distinguished Flying Cross (USA)
• Air Medal (USA)

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