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Henry Farret
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Henry Farret

Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad
Régiment de Marche du Tchad
10e DI

Henry Farret est né le 10 août 1908 à Toulon.

Fils d'un Saint-cyrien tué au combat en 1918, et petit-fils par sa mère d'un officier de marine, il choisit le métier des armes, comme ses deux grands frères issus de l'Ecole navale.

Il réussit le concours d'entrée à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en 1928 et appartient à la promotion "Maréchal Foch".

Sorti sous-lieutenant en 1930, Henry Farret est affecté dans l'Infanterie coloniale en octobre 1930, au 54e Régiment de tirailleurs indochinois, avant de rejoindre en décembre de la même année le 4e Régiment de tirailleurs sénégalais (4e RTS).

Il passe ensuite au 2e Régiment de tirailleurs sénégalais, qu'il accompagne au Soudan français (Mali actuel) de septembre 1931 à septembre 1933, et est promu lieutenant en 1932.

Il retrouve le 4e RTS en septembre 1933, jusqu'en juillet 1938, avec un passage d'avril 1935 à juin 1937 au 1er Bataillon de tirailleurs sénégalais. Ses différentes affectations l'ont conduit à parcourir l'Afrique occidentale française (AOF), au Sénégal et en Mauritanie notamment.

En juillet 1938, il rejoint le Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST). Un an plus tard débute le deuxième conflit mondial, et en mai 1940 la France est envahie.

Henry Farret est nommé capitaine en juin et commande le groupe nomade de Kanem (Tchad). Il se prépare à riposter à une attaque italienne venant de la Libye voisine, mais l'armistice surprend tous ces hommes qui sont déclarés vaincus sans avoir combattu. Le capitaine Farret refuse la défaite et se prépare à passer au Soudan anglais avec ses méharistes lorsque le gouverneur Félix Éboué décide de rallier le Tchad à la France libre du général de Gaulle en août 1940.

En poste à Borkou dans la région du massif de Tibesti, proche de la frontière libyenne, le capitaine Farret assure la défense du territoire et ne prend donc pas part directement aux premières opérations offensives menées par le général Leclerc avec les troupes d'Afrique équatoriale française (AEF).

En décembre 1942, il participe à la deuxième campagne du Fezzan. Il commande, au sein du groupement Dio de la Colonne Leclerc, la 1ère Compagnie de découverte et de combat (1ère DC). L'opération «Gratuity» a pour but, en coordination avec une contre-attaque britannique en Tripolitaine, de repousser les troupes de l'Axe vers la Tunisie, avant de les chasser définitivement du sol africain.

Les combats contre la «Sahariana» italienne sont durs, dans des conditions climatiques très éprouvantes, en plein désert. Le capitaine Farret s'illustre notamment lors de la prise de Mizda en janvier 1943. Sa bravoure et son sang-froid lui valent d'être cité une première fois à l'ordre de la division par le général Leclerc qui le qualifie «d'officier d'une valeur militaire hors de pair».

A partir du 20 février 1943, aux côtés de la 8e Armée britannique, avec la Force L nouvellement constituée et dirigée par le général Leclerc, le capitaine Farret prend part à l'attaque finale en Tunisie. Le 10 mars 1943, la contre-attaque de Rommel se concentre sur la position de Ksar Rhilane tenu par les Forces françaises libres. C'est la première bataille des troupes d'AEF avec les Allemands, et elle est victorieuse. Avec l'appui de la RAF, et grâce à une détermination sans faille, les Français repoussent l'assaut. Henry Farret s'y distingue par des patrouilles qu'il mène avec efficacité, démontrant à maintes reprises ses qualités de chef et d'officier complet. Il est promu chef de bataillon le 25 mars 1943.

Le 20 mai 1943, le défilé à Tunis, auquel il participe, marque la fin de la campagne d'Afrique. Le 25 juin 1943, il est décoré de la Croix de la Libération. Par la suite, la Force L de Leclerc, complétée par des unités de l'armée d'Afrique et des engagés volontaires, devient la 2e Division blindée (2e DB).

En avril 1944, après un long entraînement au Maroc, la Division est envoyée en Angleterre pour débarquer en France en août 1944. Henry Farret commande un groupement infanterie-chars formant un des trois bataillons du Régiment de Marche du Tchad (RMT) durant la campagne de Normandie et s'illustre avec lors de la prise d'Alençon et de Carrouges. Lors des combats pour la libération de Paris, le chef de bataillon Farret repousse une contre-attaque allemande dans le secteur du Bourget.

En septembre 1944, il est désigné pour encadrer, au sein de la 10e Division d'Infanterie (10e DI) placée sous les ordres du général Billotte, des troupes issues majoritairement des Forces françaises de l'Intérieur (FFI). Il réussit pleinement dans sa nouvelle mission.

La guerre terminée, promu lieutenant-colonel en juin 1945, Henry Farret suit les cours de formation des officiers d'Etat-major. En octobre 1946, il est affecté à Madagascar, où il débarque en février 1947. Il prend le commandement du Détachement motorisé autonome (DMA). Il engage son unité dans les combats contre la rébellion et obtient des succès probants.

En août 1949, il quitte Madagascar et, en décembre suivant, prend le poste de sous-chef d'Etat-major de la 5e Région militaire. Nommé colonel en avril 1951, il est affecté en Indochine dans la région de Son Tay à la tête d'un régiment. Rapatrié sanitaire en juin 1953, il est ensuite affecté en Allemagne puis en commandement des troupes d'une subdivision militaire française.

En novembre 1956, le colonel Farret est affecté en Afrique dans l'est saharien, puis en mars 1958, il est commandant militaire de la Guinée française jusqu'en juillet 1960. Il occupe ensuite en France divers postes d'Etat-major, d'instruction ou de commandement de subdivisions militaires.

En août 1965, Henry Farret est promu au grade de général de brigade et se retire dans la région de Toulon.

Henry Farret est décédé le 24 août 1974 à Toulon où il est inhumé.

• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 2 juin 1943
• Grand Officier de l'Ordre National du Mérite
• Croix de Guerre 39/45 (5 citations)
• Croix de Guerre des TOE (2 citations)
• Médaille Coloniale avec agrafe "Madagascar"
• Médaille Commémorative d'Indochine
• Médaille Commémorative des Opérations de Sécurité et du Maintien de l'Ordre en AFN
• Commandeur de l'Etoile d'Anjouan
• Commandeur de l'Etoile Noire (Bénin)
• Commandeur du Nicham Iftikar (Tunisie )
• Officier du Ouissam Alaouite (Maroc)
• Officier de l'Ordre National du Vietnam

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