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Dwight Eisenhower
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Dwight Eisenhower

Dwight David Eisenhower est né le 14 octobre 1890 à Denison, au Texas (Etats-Unis).

Son père, David Jacob Eisenhower, employé des téléphones, descend d'émigrés suisses allemands qui sont arrivés aux Etats-Unis vers 1741. Avec son épouse Ida, ils sont membres d'une des nombreuses communautés religieuses austères et pacifiques du pays.

L'enfance de Dwight se passe à Abilene (Kansas) où sa famille s'établit suite à des revers de fortune de son père, désormais employé dans une laiterie. Pour payer ses études, il y travaille d'ailleurs durement, de nuit.

Il entre finalement à l'Université de Kansas City pour préparer une carrière militaire car les études y sont très peu onéreuses. Il y passe si brillamment ses examens qu'on le fait entrer d'office à la prestigieuse école de West Point, le Saint-Cyr américain.

Brillant esprit mais aussi grand sportif, il en sort bien classé en 1915 avec le grade de sous-lieutenant. Il se marie le jour même de sa promotion au grade de lieutenant, le 1er juillet 1916, avec Mamie Geneva Doud qui lui donnera deux fils, Dwight qui décèdera à l'âge de trois ans, et John.

Désireux de se battre en Europe, il n'est pourtant pas autorisé à rejoindre le corps expéditionnaire que met sur pied le général Pershing.

Après la Grande Guerre, il est dans la zone du canal de Panama (1922-24), puis à l'Ecole de Commandement et d'Etat-major de Fort Leavenworth (1925-26). En 1927, il est à la Commission des monuments de guerre américain . Il poursuit sa carrière militaire et sort du War College (Ecole de Guerre américaine) en 1928 puis retourne à la commission où il est détaché à Paris jusqu'en 1929.

Il rejoint ensuite le Secrétariat d'Etat à la Guerre puis travaille dès 1933 comme chef d'état-major du général MacArthur qui l'emmène avec lui aux Philippines en 1935. Promu lieutenant-colonel en 1936, il y reste jusqu'en décembre 1939, ayant demandé à rentrer aux Etats-Unis après les déclarations de guerre du mois de septembre en Europe.

En janvier 1940, il est affecté à Fort Lewis (Etat de Washington) au 15e régiment d'infanterie, 3e division d'infanterie. Il dira plus tard : " Après huit ans de bureaux et de travail d'état-major, dans l'atmosphère raréfié des projets militaires et des demandes, j'étais à nouveau au contact avec les deux éléments fondamentaux de l'effort militaire : les hommes et les armes. "

En novembre, il est à nouveau détaché du commandement direct pour devenir chef d'état-major de la division puis, en mars 1941, chef d'état-major du IXe Corps d'Armée, sous le commandement du major-général Joyce, à Fort Lewis, avec une promotion temporaire au grade de colonel. En juin 1941, il devient chef d'état-major de la 3e Armée, sous le commandement du lieutenant-général Krueger, au Fort Houston de San Antonio.

En septembre, il participe à de gigantesques manœuvres en Louisiane, auxquelles près de 400 000 hommes des 2de et 3e Armées américaines participent. Les leçons tirées de cet exercice sont primordiales pour les théoriciens des futures opérations en Asie et en Europe. La quantité des troupes employées est sans précédent. A l'issue de ces manoeuvres, il est promu temporairement au grade de brigadier-général (1 étoile).

C'est à Fort Houston qu'il apprend l'attaque japonaise à Pearl Harbor, le 7 décembre 1941. En plein préparatifs au sein de la 3e armée, il reçoit l'ordre, cinq jours plus tard, de rejoindre le général Marshall au Département de la Guerre, à Washington. Il en devient l'assistant en février 1942 avant de prendre la tête de la toute nouvelle Division Opération de l'Etat-major général et d'être promu au grade de major-général (2 étoiles) en mars.

Mais une fois de plus, il va changer de fonctions : il devient, au mois de juin, Commandant en chef des forces américaines en Europe. En tant que tel, il supervise la préparation et la mise en œuvre de l'ensemble des opérations en Europe mais en aussi en Afrique du Nord.

La nécessité d'un soutien américain aux troupes britanniques en Afrique est une des principales préoccupations de Dwight Eisenhower durant cette année 1942.

Il supervise donc l'opération Torch qui commence le 8 novembre par un débarquement conjoint à Casablanca, Oran et Alger. La présence surprise de l'amiral Darlan à Alger rend la situation plus complexe et plus intéressante à la fois : le ralliement des autorités et des troupes française de la région pouvant rendre la présence alliée en Afrique du Nord beaucoup plus sûre.

Le 11 février 1943, il est promu général (4 étoiles) alors qu'il prépare la campagne de Tunisie où les Allemands ont débarqué en force. Il ajoutera plus tard : " Je n'étais toujours que Lieutenant-colonel dans l'armée régulière. "

Après la victoire en Tunisie, il prépare déjà l'invasion de la Sicile, l'opération Husky afin, comme cela a été décidé à la conférence de Casablanca, de pouvoir sécuriser une partie des routes maritimes en Méditerranée et de pouvoir poursuivre ensuite en Italie. Débutant le 10 juillet, elle se termine par la prise de Messine le 17 août. Des problèmes politiques internes en Italie rendent possible le débarquement en Calabre puis à Salerne en septembre. La libération de l'Europe, à laquelle Dwight Eisenhower travaille sans relâche, commence.

Il laisse néanmoins le théâtre méditerranéen afin de prendre en charge à Londres la préparation de l'opération Overlord qui doit permettre d'ouvrir un front en Europe de l'Ouest. En décembre 1943, le président Roosevelt le nomme Commandant Suprême des Forces Expéditionnaires Alliés, reconnaissant en lui les capacités à agir au-delà des sensibilités propres à chacun des alliés et d'assurer la cohésion des opérations en Europe.

Du débarquement du 6 juin 1944 à la signature de la reddition le 8 mai 1945, Dwight Eisenhower n'a de cesse de faire le lien entre les choix stratégiques des gouvernements alliés et les préoccupations quotidiennes des commandants et des hommes de troupe. Il ne doute plus un instant de la victoire finale.

A plusieurs reprises, ses choix vont à l'encontre des intérêts du général de Gaulle mais ils n'entament pas l'estime que les deux hommes se portent mutuellement, leurs préoccupations se situent à des plans différents.

Le général de Gaulle le fait Compagnon de la Libération le 28 mai 1945 et lui remet la Croix de la Libération le 14 juin, à Paris, devant l'Arc de Triomphe. Dwight Eisenhower est à ce moment général d'armée (5 étoiles), le grade militaire le plus élevé - qui sera rendu permanent en 1946 - et occupe les fonctions de Chef d'Etat-Major de l'Armée.

Avec la signature de la reddition du Japon en août 1945, la victoire est désormais complète.

A Washington, le président Truman lui déclare peu après : "Général, il n'y a rien que vous puissiez vouloir que je ne suis près à vous aider à obtenir. Ceci inclus spécialement la présidentielle de 1948.". Dwight Eisenhower éclate de rire puis répond en ces termes : "Monsieur le Président, je ne sais pas qui sera votre concurrent pour la présidentielle, mais ce ne sera pas moi."

Il quitte le service actif en 1948 et devient président de l'Université de Columbia. Mais, rappelé à l'activité, il est nommé en décembre 1950 Commandant en chef des forces de l'OTAN.

Il se retire à nouveau en 1952 et, candidat républicain aux élections présidentielles la même année, il devient le 34e Président des Etats-Unis avant d'être réélu en 1956. Il signe la paix en Corée en juillet 1953 et participe à l'œuvre de détente avec le bloc de l'est en recevant Khrouchtchev aux Etats-Unis en 1959. Alors que la crise cubaine marque la fin de son second mandat, Dwight Eisenhower renonce à briguer un troisième mandat et se retire de la vie politique en 1961. Son successeur, le président démocrate John Fitzgerald Kennedy, le remet à titre honoraire sur la liste active en tant que général d'armée.

Dwight Eisenhower est décédé le 28 mars 1969 à l'hôpital Walter Reed de Washington. Son corps est ensuite exposé au Capitole au cours d'une cérémonie nationale à laquelle participe de nombreux monarques et chefs d'état dont le général de Gaulle. Il a été inhumé à Abilene, dans le Kansas.


• Grand Croix de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945
• Médaille Militaire
• Croix de Guerre 1939-45 avec palme
• Distinguished Service Medal - Army avec 4 feuilles de chêne (USA)
• Distinguished Service Medal - Navy (USA)
• Legion of Merit (USA)
• Mexican Border Service Medal (USA)
• World War I Victory Medal (USA)
• American Defense Service Medal (USA)
• European-African-Middle Eastern Campaign Medal avec 9 étoiles (USA)
• World War II Victory Medal (USA)
• Médaille de l'armée d'occupation en Allemagne (USA)
• American Campaign Medal (USA)
• Grand Croix de l'Ordre du Bain (GB)
• Ordre du Mérite (GB)
• Africa Star (GB)
• Grand Croix de l'Ordre de Libertador Saint Martin (Argentine)
• Grand Croix de l'Ordre du Mérite (Autriche)
• Croix de guerre 1940 avec palme (Belgique)
• Grand Croix de l'Ordre de Léopold (Belgique)
• Grand Croix de l'Ordre du Mérite Militaire (Brésil)
• Médaille de Guerre (Brésil)
• Grand Croix de l'Ordre du Mérite Aéronautique (Brésil)
• Grand Maître de l'Ordre National de la Croix du Sud (Brésil)
• Médaille de campagne (Brésil)
• Grand Croix de l'Ordre du Mérite (Chili)
• Grand Cordon de classe spéciale de l'Ordre de Yun-Fei (Taiwan)
• Ordre de l'Eléphant (Danemark)
• Ordre de l'Etoile d'Abdon Calderon (Equateur)
• Grand Croix de l'Ordre d'Ismaël (Egypte)
• Grand Croix de Chevalier avec cordon de l'Ordre de Salomon (Ethiopie)
• Ordre le plus Glorieux de la Reine de Saba (Ethiopie)
• Grand Croix avec épée de l'Ordre de George Ier (Grèce)
• Ordre Royal du Sauveur (Grèce)
• Croix du Mérite Militaire (Guatemala)
• Grand Croix avec insigne d'or de l'Ordre National de l'Honneur et du Mérite (Haïti)
• Grand Cordon de l'Ordre Suprême du Chrysanthème (Japon)
• Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem (Vatican)
• Grand Croix de l'Ordre Grand Ducal de la Couronne de Chêne (Luxembourg)
• Médaille Militaire (Luxembourg)
• Ordre du Mérite Militaire (Mexique)
• Ordre de l'Aigle Aztèque (Mexique)
• Médaille du Mérite Civique (Mexique)
• Grand Croix de l'Ordre chérifien du Ouissam Alaouite (Maroc)
• Ordre de Mohammed V (Maroc)
• Grand Croix de l'Ordre Royal de Saint Olaf (Norvège)
• Nishan de l'Ordre du Pakistan (Pakistan)
• Grand Croix de l'Ordre de Vasco Nunez de Balboa (Panama)
• Grand Maître de l'Ordre de Manuel Amador Guerrero (Panama)
• Chevalier Grand Croix de l'Ordre du Lion des Pays-Bas (Pays-Bas)
• Distinguished Service Star (Philippines)
• Raja de l'Ordre de Sikatuna (Philippines)
• Commandant en Chef de la Médaille du Bouclier d'Honneur (Philippines)
• Chevalier de l'Ordre du Polonia Restituta (Pologne)
• Ordre du Virtuti Militari (Pologne)
• Croix de Grunwald (Pologne)
• Ordre du Lion Blanc (Tchécoslovaquie)
• Ordre du Lion Blanc pour la Victoire, avec étoile (Tchécoslovaquie)
• Croix de Guerre 1939 (Tchécoslovaquie)
• Ordre le Plus Illustre de la Maison Royale de Chakri (Thaïlande)
• Grand Cordon de l'Ordre du Nicham Iftikar (Tunisie)
• Ordre de la Victoire (URSS)
• Ordre de Souvorov (URSS)
• Croix de Guerre commémorative 1941-45 (Yougoslavie)


Publications :

Dwight Eisenhower a écrit de nombreux ouvrages après la guerre. Parmi ceux-ci, traduits en langue française :

Croisade en Europe, Mémoires sur la Seconde Guerre Mondiale. Robert Laffont ; Paris, 1949.
Aux peuples du monde. Editions Lang ; Paris, 1953.
L'information et la paix. Editions Lang ; Paris, 1954.
Les Etats-Unis et le Moyen-Orient. Les Nouvelles Editions Latines ; Paris, 1957.

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