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Edouard Corniglion-Molinier
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Edouard Corniglion-Molinier

EM
Groupe de Bombardement « Lorraine »
RAF
Groupe de Chasse « Alsace »

Edouard Corniglion-Molinier est né le 23 janvier 1898 à Nice.

Il fait de brillantes études au lycée de Nice où son père est notaire.

Lorsque la première guerre mondiale éclate, il est étudiant en droit. Mais le notariat ne semble pas l'enthousiasmer et, dès l'âge de 17 ans, il ne pense plus qu'à s'engager.

L'aviation le tente car il est un fidèle de l'aérodrome où il a souvent volé avec les pionniers de l'époque : Latham, Chavez, Legagneux, Garros. Mais on n'entre pas directement dans l'aéronautique.

Il s'engage donc dans les chasseurs alpins, passe au 5e Dragons à Saumur le 6 octobre 1915 et un mois plus tard il demande sa mutation pour l'Aéronautique.

Admis, il est envoyé à l'école de pilotage d'Ambérieu où il obtient son brevet de pilote le 27 avril 1916. Après des stages de perfectionnement à Avord et à Pau, le brigadier Corniglion-Molinier est envoyé à l'escadrille 392 en Italie où il arrive le 17 octobre 1916.

Une semaine plus tard, il patrouille sur l'Adriatique, attaque trois avions, en met deux en fuite et, prenant le troisième en chasse, force ce dernier à piquer, désemparé, après avoir mis l'observateur hors de combat.

De Venise, où l'escadrille 392 se transforme en escadrille 561 en juin 1917, il continue à accomplir avec son ardeur coutumière des missions de reconnaissance et d'observation sur les lignes ennemies, dans les régions de Trieste et de Fiume, des attaques d'avions, de Drachen, et de bateaux autrichiens dans le Golfe, attaques qui lui valent le grade de maréchal des logis.

Blessé en avion, mais légèrement, il est, en revanche, évacué avec une grave crise de paludisme de décembre 1917 à février 1918. A sa sortie d'hôpital il repart pour l'Italie rejoindre l'escadrille 561 avant d'être affecté à la SPA 162 en France fin juin 1918.

La guerre terminée, Edouard Corniglion-Molinier, démobilisé avec le grade de sous-lieutenant, reprend le cours de ses études et, répondant au désir de son père qui souhaite le voir lui succéder dans son étude de notaire, il passe à Paris le doctorat en droit auquel, par goût intellectuel, il ajoute une licence de lettres.

Mais tout ce qui touche à l'aviation continue toujours à le passionner. Il exerce alors son activité dans de plus grands espaces que les aérodromes de Châteauroux et de Dijon où il s'entraînait régulièrement. Ce sont les grands voyages avec Malraux à la recherche des cités disparues dans les déserts du Moyen-Orient, les voyages en Afrique avec Jim Mollison, le grand pilote britannique. Dans le même temps, il est entré comme reporter dans un grand journal parisien du soir.

En 1936, il participe à la guerre d'Espagne où il vole à nouveau dans les ciels de bataille, toujours en compagnie d'André Malraux.

Edouard Corniglion-Molinier - qui a racheté en 1927 les studios de la Victorine à Nice - est également producteur de cinéma dans des réalisations importantes comme Drôle de Drame de Marcel Carné ou l'Espoir, d'après l'œuvre d'André Malraux, présenté au public en 1939 sous le nom de Sierra de Teruel (Prix Louis Delluc 1945).

Ainsi passe l'entre-deux guerre et arrive en septembre 1939 la deuxième guerre mondiale. Volontaire pour servir dans l'aviation de chasse, , il est affecté successivement aux groupes de chasse III/6, III/3 puis au GC III/2 en janvier 1940.

Le 13 mai 1940, il contribue, à la tête de sa patrouille, à abattre un Henschel 126 à l'intérieur de ses lignes. Le 16 mai 1940, lors d'une patrouille légère, il abat un Heinkel 111.

Il compte 2 victoires officiellement homologuées et il est l'un des trois seuls pilotes de 14-18 qui aient ajouté en 39-40 des victoires à leur palmarès de la guerre précédente.

Démobilisé le 16 août 1940, il se retire dans le Midi et fonde bientôt avec Emmanuel d'Astier de la Vigerie le mouvement de résistance "La Dernière Colonne", qui se destine au sabotage. Arrêté à Marseille en décembre, il est incarcéré au Fort Saint-Nicolas mais est relâché le 7 janvier 1941.

Le 10 janvier 1941, il parvient à passer au Maroc. De là, il rejoint la Martinique d'où il réussit, en trompant la surveillance de la marine de Vichy, à gagner New York. Le 1er mars 1941, il signe son engagement aux Forces Françaises Libres à Londres.

Affecté dans la RAF, Edouard Corniglion-Molinier est ensuite nommé chef d'état-major, puis commandant de l'Aviation Française en Moyen-Orient ; il assiste le général Martial Valin dans la création du Groupe de Bombardement "Lorraine" et du Groupe de Chasse "Alsace" en septembre 1941.

Il participe avec eux aux campagnes de Libye et de Cyrénaïque. Le 23 novembre 1941, au cours d'une mission au sud de Tobrouk le Groupe de Bombardement n°1 Lorraine sous les ordres de Corniglion-Molinier, attaque une colonne de 100 chars allemands et réussit à détruire plus d'un tiers de l'effectif ; il est promu lieutenant-colonel le mois suivant.

Nommé commandant des FAFL au Moyen-Orient en juin 1942 en remplacement du colonel Jean Astier de Villatte, il est rappelé en Grande-Bretagne à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord. Arrivé à Londres le 23 novembre 1942, le général Valin en fait son adjoint en lui donnant le titre de commandant des FAFL en Grande-Bretagne. Promu au grade de colonel le 15 décembre 1942, Edouard Corniglion-Molinier prend part à de nombreuses missions sur l'Allemagne et sur les pays occupés.

De retour en France après le débarquement de Normandie, il reçoit en novembre 1944 ses étoiles de général de brigade aérienne et prend le commandement des Forces aériennes de l'Atlantique ; il participe efficacement à la réduction des poches de Royan et de Rochefort avec des escadrilles constituées de personnel prélevé sur les maquis ou la résistance ou d'anciens pilotes de 1940, équipées de matériel d'avant-guerre.

Vers la fin des hostilités, il aide le général Valin à reconstituer l'Armée de l'Air Française en assurant, d'abord avec le général de Vitrolles, ensuite seul, le commandement des écoles jusqu'au 1er août 1946, date à laquelle il est démobilisé et après avoir été nommé général de division aérienne.

Revenu à la vie civile, Edouard Corniglion-Molinier occupe des postes importants comme président, vice-président et administrateur de nombreuses grandes sociétés aéronautiques, cinématographique et de presse.

Elu conseiller de la République pour le département de la Seine, le 7 novembre 1948, il va désormais se consacrer à ses nouvelles responsabilités.

Membre de la Commission de la défense nationale et de la Commission de la presse, de la radio et du cinéma, il est élu, en 1951, président de la Commission de la presse du Sénat.

Conseiller général de Roquebillière depuis le 20 mars 1949, il devient, dix ans plus tard, maire de ce chef-lieu de canton des Alpes-Maritimes.

Entre-temps, il était passé du Sénat à l'Assemblée nationale où il représenta, presque sans interruption, son département natal, depuis le 1er juin 1951.

Ses qualités, tant humaines que techniques, lui valent d'être désigné à des postes ministériels dans plusieurs cabinets : Ministre d'Etat chargé du Plan, dans le Cabinet Laniel, de juin 1953 à juin 1954.

Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme, dans le deuxième Cabinet Edgar Faure, du 23 février 1955 au 24 janvier 1956.

Garde des Sceaux, Ministre de la Justice dans le Cabinet Bourgès-Maunoury, du 13 juin au 6 novembre 1957, il devient, en mai 1958, Ministre d'Etat chargé du Sahara dans le Cabinet Pflimlin.

Membre de l'Assemblée parlementaire européenne.

Délégué général permanent de la République de Côte-d'Ivoire en France.

Edouard Corniglion-Molinier est décédé le 9 mai 1963 à Paris. Il est inhumé à Nice au cimetière du Château.


• Grand Croix de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 20 novembre 1944
• Médaille Militaire
• Croix de Guerre 14/18
• Croix de Guerre 39/45
• Médaille des Services Militaires Volontaires
• Médaille Coloniale avec agrafe "Libye"
• Médaille du Sauvetage
• Distinguished Service Order (GB)
• Croix de Guerre 14/18 (Belgique)
• Commandeur de l'Ordre de "Polonia Restituta" (Pologne)
• Officier de l'Aigle Blanc de Serbie avec glaives (Yougoslavie)
• Croix de guerre 14/18 (Italie)
• Valeur Militaire (Italie)

Publication :

• Le Journal du Flight Lieutenant Smith-Brown ou les mémoires d'un Fafliste malgré lui, Fasquelle 1946 (sous le pseudonyme de Dan Moligny)

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