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Roger Coquoin
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Roger Coquoin

CNR
CDLL

Alias : François - Lenormand

Roger Coquoin est né le 14 mars 1897 à Gagny (Seine-et-Oise) ; il est le petit-neveu de l'illustre astronome Le Verrier et le fils d'un chimiste éminent.

Il fait ses études au lycée Condorcet. Après l'obtention du baccalauréat, il s'engage en 1914, à 17 ans, dans l'artillerie.

Il se distingue à Verdun et sur la Somme.

Démobilisé comme sous-lieutenant, il se remet au travail dès la fin des hostilités et commence des études de pharmacie et, en même temps que le concours de l'Internat, il prépare successivement à la Sorbonne les certificats de chimie générale, physique générale et chimie-physique.

En 1921, il devient l'interne du docteur Meillière à l'hôpital Laënnec ; en 1922, il est choisi par le professeur Carnot pour être son chef de laboratoire à l'Hôtel-Dieu. Il est lauréat de la Faculté et de l'Internat, et médaille d'argent de l'Internat.

Lors de la déclaration de guerre de 1939, Roger Coquoin refuse d'être affecté à la Recherche scientifique alors qu'il dirige, depuis 1929, le laboratoire de chimie à l'Académie de Médecine de Paris et rejoint comme officier de réserve le 237e Régiment d'artillerie lourde (237e RAL) à Dijon.

Capitaine pendant la campagne de France, il commande la 13e batterie du régiment (canons de 155) qui, sur la Somme lors de l'offensive allemande, met cinq chars ennemis hors de combat. Blessé le 5 juin 1940, il ne consent à être évacué que lorsque ses hommes sont à l'abri. Hospitalisé près de Paris bientôt envahi, il échappe aux Allemands en gagnant le midi de la France par des moyens de fortune.

Démobilisé le 1er août, Roger Coquoin revient à dans la capitale où il reprend ses fonctions à la tête de son laboratoire. Refusant la défaite, il cherche bientôt un moyen d'entrer en contact avec la France libre.

En janvier 1941 il rencontre Honoré d'Estienne d'Orves, premier émissaire envoyé de Londres et responsable du réseau de renseignements Nemrod. C'est à partir de cette époque que Roger Coquoin - alias François - organise des noyaux clandestins chargés de transmettre à Londres des renseignements sur l'armée d'occupation. Il s'emploie en même temps à recruter des hommes, sûrs et résolus, en vue de l'action directe. Mais, l'arrestation, dès le 22 janvier 1941, de d'Estienne d'Orves rendent fort difficiles les liaisons avec Londres.

Au début de 1942 Roger Coquoin rencontre Maurice Ripoche, fondateur un an auparavant du mouvement de résistance "Ceux de la Libération" (CDLL) et, sous son commandement, étend l'action du mouvement, rassemble de nouveaux volontaires à Paris et en Province, notamment en Normandie, Champagne, Bourgogne, Vendée. Il entre en contact avec d'autres groupes clandestins de zone occupée et même de zone sud. Les liaisons par radio et parachutages deviennent de plus en plus régulières et les arrestations de plus en plus nombreuses.

Par ailleurs, ses capacités en chimie lui permettent de mettre au point des détonateurs et des pastilles abrasives destinées aux camions allemands et laboratoire à l'Académie de médecine luis sert régulièrement de lieu de rendez-vous clandestin avec les responsables du mouvement, Ripoche et Médéric.

En mars 1943, l'arrestation de Maurice Ripoche, exécuté à Cologne le 20 juillet, laisse Coquoin, alias Lenormand, seul responsable à la tête de CDLL. Il tente vainement de faire évader Maurice Ripoche et entre dans la clandestinité, quittant son travail ; devant les menaces qui pèsent sur lui, il doit également abandonner son foyer, ne restant jamais très longtemps au même endroit.

Lenormand organise des groupes d'action et de sabotage avec un souci constant d'unifier les divers mouvements, ralliant ainsi d'emblée les vues de "Max" – alias Jean Moulin - créateur du Conseil national de la Résistance (CNR) au sein duquel Coquoin est le représentant pour CDLL dès sa première réunion à Paris rue du Four le 27 mai 1943.

A partir de juin 1943, il fédère aux groupes de corps-francs déjà constitués dans CDLL ceux du groupe "Vengeance" des Dr Vic Dupont et Wetterwald.

Au moment de la création de l'Armée secrète (AS) en zone nord à l'été 1943, Coquoin reçoit le commandement de la Région P qui, outre Paris, comprend neuf départements. Il est assisté dans sa tâche par André Boulloche, délégué militaire de la Région P, arrivé d'Angleterre à la mi-septembre 1943.

Alors que l'étau de la Gestapo se resserre autour de lui (perquisition de son laboratoire et chez ses proches) Roger Coquoin se rend, le 29 décembre 1943, au domicile d'un de ses adjoints dans l'immeuble du 4 rue des Frères Périer à Paris. C'est une souricière. Il tente de fuir. Une rafale de mitraillette l'atteint, le blessant mortellement. Transféré à l'Hôpital de la Pitié, il y décède le jour même ; son corps n'a jamais été retrouvé.

• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 16 août 1944
• Croix de Guerre 14/18
• Croix de Guerre 39/45
• Médaille de la Résistance avec rosette

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