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Jean-Claude Carrier
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Jean-Claude Carrier

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Libération Sud

Jean-Claude Carrier est né le 20 janvier 1897 dans le village d'Anthon à Mieussy en Haute-Savoie dans une famille de cultivateurs.

Il fait des études brillantes au collège de Bonneville jusqu'à 14 ans, âge où il doit travailler avec son père comme apprenti-ébéniste.

Appelé sous les drapeaux en 1915, il est versé au 1er Régiment d'Artillerie de Montagne (1er RAM) à Grenoble. Blessé en 1917, il est démobilisé en septembre 1919 avec une citation et le grade de brigadier.

Après son mariage avec Léonie Presset en 1920, il s'installe à Paris, devient militant SFIO et, après un séjour de dix ans dans la capitale, rentre au pays, à Ville-en-Sallaz, où il achète une propriété qu'il transforme en atelier d'ébénisterie moderne.

Jean-Claude Carrier poursuit également en Haute-Savoie ses activités syndicales et politiques et adhère à la Ligue des Droits de l'Homme en 1933.

Mobilisé en 1939 à Grenoble, il est affecté au contrôle des usines de métallurgie de Haute-Savoie.

Dès juin 1940, il refuse la défaite et cherche les moyens de s'opposer à l'armistice.

Il rassemble des amis et, par l'intermédiaire de l'un d'entre eux, Jean Rey-Millet, entre, dès sa création en septembre 1940, en contact avec le mouvement "La Dernière Colonne", fondé par Edouard Corniglion-Molinier et Emmanuel d'Astier de la Vigerie.

Naturellement, il adhère au mouvement "Libération" qu'Emmanuel d'Astier fonde au début de 1941 en remplacement de "La Dernière Colonne" décimée par les arrestations. Jean-Claude Carrier est le pionnier de "Libération" et de l'organisation de la Résistance en Haute-Savoie.

Rejoint par des amis parmi lesquels Henri Plantaz, il distribue des journaux clandestins et met en place des réseaux régionaux de renseignements. Dès le mois de mars 1942, recherché par la police de Vichy, il entre dans la clandestinité, sacrifiant toute vie de famille, alors que son épouse vient de mettre au monde leur troisième fils.

A l'été 1942 il crée le camp du Mole, premier camp de maquisards de la région.

Début janvier 1943, à la suite de la dissolution de l'armée d'Armistice après l'invasion de la zone sud et l'occupation de la Haute-Savoie par les troupes italiennes, Jean-Claude Carrier rejoint avec ses hommes l'Armée Secrète (AS) ; il se voit confier le commandement de l'action armée en raison de sa parfaite connaissance du terrain et de son ascendant sur ses troupes. Dès lors, il dirige l'action armée en Faucigny et en Haut-Chablais ; il crée et dirige localement la "Police du Maquis" qui garantie l'intégrité de la résistance.

En 1943, sa tête est mise à prix, il est dès lors constamment obligé de changer de domicile, de physionomie et d'identité et prend le nom de Jean Cheminal.

En juin 1943 il dirige une embuscade à Ville-en-Sallaz qui met en fuite un détachement italien venu sur place arrêter un résistant du maquis de Verteau. Dès lors, il multiplie les coups de mains alors que les forces paramilitaires de l'Armée Secrète (AS) des trois cantons de la vallée du Giffre sont placées sous son commandement.

Identifié au BCRA de Londres sous les noms de "Burin" et "Rabot", il rencontre à plusieurs reprises à l'automne 1943 Jean Rosenthal, alias Cantinier, envoyé en mission depuis Londres et chargé avec le colonel britannique Richard Heslop (alias "Xavier") du Special Opération Executive (SOE) d'évaluer la situation des maquis de Haute-Savoie.

Le 28 janvier 1944, à la suite d'une dénonciation, les Allemands cernent le hameau de Pouilly-sur-Saint-Jeoire où réside Carrier et sa famille. Une voiture de l'AS avec trois maquisards quitte le village et est prise dans l'embuscade. Blessés, les occupants du véhicule tentent de s'en échapper. L'un d'entre eux, Robert Desbiolles, parvient à gagner la maison de Jean-Claude Carrier qui est rapidement cernée ; alors que les Allemands abattent les hommes du village, ce dernier se saisit de son mousqueton et gagne les étages supérieurs d'où il tire sur les assaillants ; ses enfants sont poussés hors de la maison alors que le jeune Desbiolles est abattu sur son lit par un agent du S.D.

Les Allemands, ne parvenant pas à arrêter les tirs qui les déciment, incendient la maison ; la femme de Jean-Claude Carrier qui a rejoint son mari, se jette dans le vide avec son dernier-né, tous deux sont indemnes et parviennent à s'enfuir grâce à l'intervention d'un officier allemand. Mais, après avoir abattu onze ennemis dont un officier, Jean-Claude Carrier meurt brûlé vif.


• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 20 janvier 1946
• Croix de Guerre 39/45 avec palme
• Médaille de la Résistance

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