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René Cailleaud
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René Cailleaud

BCRA
DGER

Alias : Lime - Arrosoir - René Carreau - Dagger - Robert Cordier - Glass - Lt Robert

René Cailleaud est né le 20 août 1910 à Tourcoing. Son père était chef comptable.

Evacué en Bretagne avec sa famille pendant la Grande Guerre à cause de l'occupation allemande, il perd sa mère à l'âge de 8 ans.

Après des études secondaires à Paris, il devient, à l'âge de quinze ans, commis de banque. Il effectue son service militaire en 1930 dans l'artillerie avant d'exercer différents métier dans le milieu du spectacle et de retourner dans le secteur bancaire en 1936, toujours à Paris.

Mobilisé en août 1939 au 32e Régiment d'artillerie divisionnaire à Vincennes, René Cailleaud est fait prisonnier au cours de la campagne de France le 15 juin 1940 près de Troyes et interné au stalag VII A en Bavière.

Le 9 août 1941, il parvient à s'évader et à gagner la Suisse dans des conditions extrêmement difficiles. Avec la complicité de policiers genevois, il rentre clandestinement en France avec un groupe d'évadés. Il se fait démobiliser et, voulant rejoindre la France libre, passe au Maroc en septembre 1941. Là, il fréquente le milieu gaulliste. A la suite du débarquement allié en Afrique du Nord, il rejoint rapidement Gibraltar où il s'engage dans les Forces françaises combattantes, le 27 novembre 1942.

Arrivée à Londres à la mi-décembre 1942, il est volontaire pour une mission spéciale et affecté au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), les services secrets de la France libre.

Après un entraînement spécifique, il est parachuté en Champagne le 20 juin 1943, comme chargé de mission de 3e classe pour remplir une mission d'instructeur de sabotage et d'armement. Entre juillet 1943 et juin 1944, il instruit plus de 2 000 volontaires dans la Région Est, n'hésitant jamais à transporter des explosifs et des armes pour ses démonstrations.

En août 1943, il détruit l'une des plus importantes écluses et un siphon d'alimentation du Canal de Briare, entraînant trois mois d'interruption de trafic et le blocage de 3 400 péniches. Le mois suivant, il détruit complètement deux écluses du canal de la Marne au Rhin à Mauvages, entraînant un mois et demi d'interruption de trafic, la mise à sec de deux biefs et la destruction de 36 péniches chargées en route vers l'Allemagne.

Le 11 septembre 1943, René Cailleaud accomplit l'exploit sensationnel de faire sauter la poudrière de Langres contenant près de 14 000 tonnes d'explosifs en transit pour l'Allemagne (300 wagons de poudre et 5 000 tonnes de munitions). Les Allemands attribueront longtemps cette explosion à un accident et, selon certains rapports, ils se seraient offerts d'indemniser la population civile.

En janvier 1944, il prend part à l'attaque des transports d'énergie électrique haute tension dans la région de Mâcon, détruisant quatre pylônes d'angle et quinze pylônes normaux. En juillet 1944, il fait sauter, avec un de ses camarades, les installations de l'Usine d'air liquide de Reims dans des conditions extrêmement difficiles. Entretemps, il organise et met en place le Plan Vert et le Plan Violet dans la Région C, ces plans consistant respectivement au sabotage des voies ferrées et des lignes souterraines téléphoniques à grandes distances au moment du débarquement des troupes alliées. Dépassé par ces dernières en août 1944, il regagne Londres après avoir accompli une mission exceptionnellement brillante quinze mois durant. René Cailleaud termine la guerre au sein de la Direction générale des études et recherches (DGER) avec le grade de lieutenant.

Délégué de 1ère classe au SDECE, il y effectue toute sa carrière avant de prendre sa retraite en septembre 1970. René Cailleaud est décédé le 22 septembre 2000, à Soisy sur Ecole dans l'Essonne.

• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 19 octobre 1945
• Officier de l'Ordre National du Mérite
• Croix de Guerre 39/45 avec palmes
• Médaille de la Résistance
• Distinguished Conduit Medal (GB)

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